LIVRE IX
Nous et lui là-desgus nous sommes tous égaux : Ce que je sais, Iris, c*est qu^en ces animaux
Dont je viens de citer l'exemple, Cet esprit n'agit pas : Thomme seul est son temple '^« Aussi faut-il donner à Tanimal un point", 175
Que la plante, après tout, n'a point :
Cependant la plante respire.
Mais que répondra-t-on à ce que je vais dire?
LES DBUX BATS, LB BBBABD, BT l'OBCP^^.
Deux Rats cherchoient leur vie ; ils trouvèrent un œui. Le dîné suffisoit à gens de cette espèce : iSo
runiren, le fabuliste se demande, d'une manière générale, sans trouver de réponse, a par quel moyen Timpression peut se faire, » de Tesprit sur la matière, Chamfort admire fort justement ce c mouvement très-vif, très-noble, 1 qui c ne déparerait pas, dit-il, un ouvrage d*un plus grand genre » :
£h I qui guide les deux, etc. ?
74* Il ne concède point par là que Tanimal est un pur automate ; mais se résigne seulement ici à convenir que ce qui « agit en lui » n*est pas a ce principe intelligent, arbitre de tous nos mouvements, ni cette volonté qui nous détermine » (voyez les vers 1 53- 160). — Le mot temple rappelle le passage, souvent cité, de Sénèque (épître XXXI, § 9) : c Quid aliud pocas hune (animum) quam deum in humano earpore habitantem ? »
75. Un je ne sais quoi, qui manque à la plante, bien que la vie lui soit commune avec la béte, chez qui "Deseartes explique tout par la vie, le jeu des organes. Pour ne pas entrer ici en lutte avec le philosophe, le fabuliste ne définit pas le point c qu*il fout donner à ranimai » et se borne, pour le moment, à le déclarer logiquement nécessaire.
76. Nous ignorons et nous ne trouvons pas qu'on ait dit nulle part où la Fontaine a pris cette histoire des Deux Rats^qat le docteur Netter, dans l'ouvrage cité à la notice, traite (le mot est dur!) d' « extravagante bouffonnerie » (p. 875). Nous donnons à VAppendiee un autre récit, non moins frappant ou, si l'on veut, non moins Fnvraisemblable, du voyageur Cballes, déjà cité par M. Alarty- Laveaux (tome V, p. 383-a86). On peut rapprocher aussi une
474 FABLKS.
n nëcoît pas betoin qa*ik trouvaMent un bœuf".
Pleins d*appétit et d^allcgfesse.
Ils alloient de leur œuf manger diacon sa paît, Qoand nn quidam^ parut : c*étoît maitie Renard.
Rencontre incommode et fâdieose : i s 5
Gur comment sauver Toenf ? Le bien empaqueter, Puis des pieds de devant ensemble le porter.
On le rouler, on le tramer :
Cétoit chose impossible autant que hasardeuse.
Nécessité Tingéniense * 190
Leur fournit une invention.
G>mme ils pouvoient gagner leur habitation, L^écomifleur "* étant à demi-quart de lieue,
preoTe analogue d^ëtonnant ioitmet <{oe Pline (Uttc Vm, ehapitre LT, S 37) attribue, maif (énonne différence poor la eonclucion philofopbique qui t'en peat tirer) comme ordinaire et non occaiionnelle, ans mannottet, qu'il nmnme c rats dea Alpes • {mures alpintj, H raconte que, avant leur sommeil annuel, elles font ensemble, le mâle et la femelle, proTÎaîon de fourrage, que l'une des deux, cbacune à son tour, se concbe sur le dos, que Tautre lui met un faix d'berbe sur le rentre, la traîne par la queue, avec les dents, jusqu'à leur gîte. — Nous aTons rapporté plus haut un antre exemple tout semblable à la fin de la citation du Fureteriana^ sur les houbah^ note 61.
77. Cette plaisanterie peut bien aroir été, comme on Ta dit, amenée par la rime (la même qu*au lirre I, fable m, Ten i^) ; mais ridée que la rime a suggérée an poète rient là fort à propos, et elle est bien, c'est le meilleur éloge, dans la manière du fidraliste.
78. Même mot aux rers 69 de la fable i du lirre III, et 81 du conte ir de la III' partie.
79. c Un être abstrait perK>nnifié, mais arec quel naturd! » dit Nodier très-justement. Nous trourerons une personnification plus marquée, arec le synonyme hesoU^ au lirre X, fable m, rers 11.
8o» Éeorni/Ur^ c'est renir prendre indiscrètement sa part de quelque chose ou même la roler. Scarron, dans le f^gUe travesti (lirre III, p. a4o de Pédition de 1695), applique le mot d'écomifleusee aux Harpies, et Voltaire, dans une lettre de 1766 (tome LXIII, p. 355), nomme les plagiaires a éoomifleurs du Pamaise. s