LIVRE IX
Que diroît ce dernier sur ces exemples-ci ?
Ce que j*ai déjà dit°^ : qu^aux bêtes la nature 1 40
Peut par les seuls ressorts opérer tout ceci ;
Que la mémoire est corporelle^; Et que, pour en venir aux exemples divers
Que j*ai mis en jour dans ces vers.
L'animal n'a besoin que d'elle. 145
L'objet, lorsqu'il revient, va dans son magasin
Chercher, par le même chemin,
L'image auparavant tracée, Qui sur les mêmes pas revient pareillement,
Sans le secours de la pensée, i5o
Causer un même événement^.
Nous agissons tout autrement :
La volonté nous détermine, Non l'objet, ni l'instinct. Je parle, je chemine :
Je sens en moi certain agent ; x55
Tout obéit dans ma machine ^^
points, les théories d^Epicure, et qui combattit, dans plusieurs de ses ouTrages, les systèmes physiques et métaphysiques de Descartes. On peut Toir ce qu^il dit, au sujet de la théorie de Tâme des bétes, dans ses.... Dubitationes,,,, adi^ersus.,,, Cartesu metaphy" éica (1644, p. 44 et 73), et dans Tédition des Œuvres de Descartes^ de Cousin, tome II, p. ixi-ii3.
67. Voyez ci-dessus, vers 19-66. Ce premier exposé de la doctrine que notre fabuliste roudrait qu'on lui mît d'accord arec les faits, et le nonrel exposé qui suit, se complètent réciproquement, et peuTcnt, rapprochés, senrlr çà et là à s^expliquer Tun l'antre.
68. C'est-à-dire qu'il n'est pas besoin, pour expliquer la mémoire des bétes, de supposer une ame, un a principe distinct du corps » (rers i57-x58). Cest ce qu'expliquent ces mots de la suite : c Pimage tracée dans le magasin^ le cerreau, et que les nerfs Tont chercher. »
69. É9énemeni^ < effet, » mot à ajouter aux traductions que donne Littré, à 3*.
70. Nous ayons la même rime maehine-^hêndne aux rers 3o-33, dans Tordre inTeise. Elle rerient fréquemment (lirres I, fable Txn, Ters 19 et 17 ; YII, fables ix, vers 9 et 11 ; xtiii, rers 39 et 33).
A ce principe intelligent.
Il est distinct da corps, se conçoit nettement.
Se conçoit mieux que le corps même'* : De tons nos mouvements c^est TariMbre suprême. i6o
Mais comment le corps Tentend-il ?
Cest là le point. Je vois Toutil Obéir a la main ; mais la main, qui la guide ? Eh! qui guide les cieux et leur course rapide? Quelque ange est attaché peut-être a ces grands corps ^. Un esprit vit en nous, et meut tous nos ressorts ; L'impression se fait : le moyen, je Tignore : On ne Tapprend qu*au sein de la Divinité; Et, s*il faut en paurler avec sincérité,
Descartes Tignoroit encore ^'. 170
71. a L'âme par laquelle je tob ce qoe je aoîs est entièremeDt dUtincte du corps et même.... est plus aisée a connoître que lui. » {Dûeaun de la Méthode^ p. 34.) — Le vers snlTant, où la Fontaioe attribue à Descaites Topinioa que c le principe intelligent » est a Pariiitre suprême de tous nos mouTements, » sans exception, ne permet-il pas de supposer, comme déjà le Ters 3 a , qu'il ne connaimait pas, quoiqu'elle eût été publiée, nous TaTons dit, en 1666, la correspondance avec More? Voyez le passage cité, plus loin, dans la note 9a, sur les deux principes 4® i^os mouvements, Tun que le pbilosopbe considère comme nous étant commun avec les bétes, et l'autre qu'il refuse à celles-ci. On peut dire qu'aux mots : « arbitre suprême, » s'attache, avec intention, un sens plus fort qu'à c principe a ; mais c tous a reste toujours peu d'accord avec l'opinion de Descartes.
7a. Quelque ange comme celui que l'apôtre {Apocalypse^ chapitre XIX, verset 17) voit dans le soleil, comme l'archange Uriel dont Mîlton, au livre III, vers 690, du Paradis perdu^ &it le c régent B, non de tous les cieux, il est vrai, mais de cet astre. — Grand corps est l'expression de Virgile {Enéide^ livre VI, vers 737), dans l'antique supposition faite pour expliquer, par une âme du monde, le même mystère :
Mens agitât molem et magmo se eorpore miseet.
73. Dans cette belle et si naturelle digression, oà, passant, de sa comparaison de la béte avec l'homme, à tout l'ensemble de