Les bêtes ne sont pas si bêtes que l'on pense
a dit Molière dans le prologue A^Anqthitryon^ Ters 108. — Le docteur Netter, p. 378, qui traite, nous l'arons tu (note 76), ce a r^ cit 9 d'extraragant, se donne la spirituelle licence de prétendre que c'est de lui-même que la Fontaine entend parler dans ces deux derniers Ters.
84. Aristote fait la même comparaison dans VHUtoirt des ùmI^ maux, liTre YIII, chapitre i, § 3 : « Ces rapprochements (entre rhomme et la bête) sont surtout frappants quand on regarde ce que sont les enfants, et cette période de la Tie humaine.... Ace moment, l'âme de Tenfant ne diffère en rien, on peut presque dire, de celle des animaux, a Quant à Descartes, toujours dans ses lettres à More (tome X, p. ^41), il n*acoorde une âme aux enfants que pour une raison qui ne se peut pas alléguer pour les bêtes : a Je ne croirois pas, dit~il, que les enfants eussent une âme si je ne Yoyoîs qu'ils sont de la même nature que les adultes. » — Au sujet de cette pensée, quasi-pensée des bêtes, il y a lieu, croyonsnous, de reuToyer à dÎTerses pièces, d'une poétique originalité, inspirées à M. Leconte de Lisle, dans ses Poëmês tragiques et ses Poèmes harbarts par c les rêves ténébreux, les aspirations confuses, l'âme inachevée de ces créatures rudimentaîres dans lesquelles la pensée palpite et se débat, dormeuse qui soupire après son éveil » : nous répétons les termes, ingénieusement approximatifs, employés par M. Paul Bourget, dans un remarquable portrait de ce poète inséré, tout récemment, au Journal des Débats du i3 avril
Ceux-^i pensent-ils pas dès leurs plus jeunes ans"? Quelqn*an peut donc penser ne se ponvant oonnc^re.
Par un exemple tout égal,
J^attribuerois à ranimai.
Non point une raison selon notre manière, ao 5
Mais beaucoup plus aussi «pi^un aveugle ressort : Je subtiliserois un morceau de matière**. Que l'on ne pourroit plus concevoir sans effort'', Quintessence d'atome, extrait de la lumière, Je ne sais quoi plus vif et plus molnle encor s i o
Que le feu"* ; car enfin, si le bois fait la flamme,
85. La même ctUipie du me qui seul, dans jw.... poM^ a originairement Talenr négatire, rerient au Ten a i3.
86. Cette hypothèie opposée par le fabuliste à l'opinion de Descartes, et dont il parait très satisfidt, est, comme toute la suite da Discours^ preure ingénieuse de bonne Tolonté, mais rien de plus. Nous n'avons pas à exposer ici les trop solides objections fidies à ces conjectures.
87. De plus en plus exigeant et sérère, Cbamfort demande : ff SVntendait-il.... quand il dimit : Je subtilité^ etc. » Pourquoi donc pas ? Sa supposition, qu*on la croie ou non possible, est parfaitement intelligible et il nous l'explique clairement. Plus sôisée et plus juste est la réponse de Tabbé Guillon : a Quelque ^ague, dit-il, quelque chimérique que soit une pareille transaction, ton-jours est«eUe moins dure que le système des bètes-maefaines, et moins déraisonnable que la transformation des diables en bêtes imaginée par le célèlMV P. Bougeant » (dans son jâmusement philatophi^ue sur U langage des Sétes^ t739)« £t même, la question que se permet Cbamfort au sujet de Tidée du poète, ne peut«on la &ire arec autant, ou, si l'on reut, aussi peu de droit, sur l'opinion de saint Thomas et de toute l'École, sérieusement exposée par Bossuet, à la page 370 du traité cité de la Comnoissanee de Dieu et de soi^-mime^ à mYoir sur cette doctrine qui enseigne que Fàme des bétes n'est ni un esprit ni un corps, mais c une nature mitojrenne» ? A cela peut assurément aussi s'appliquer ce que le poète dit franchement de son rêve à lui, de matière subtilisée, qu'on ne le peut « conceroir sans effort s.
88. Les Stoïciens, sans chercher ce c je ne sais quoi de plus vif.... », se contentaient du feu même pour Tame humaine : Ze^