LIVRE VII. 8i
dire où j*ai puise ces derniers sujets '. Seulement je dirai, par reconnoissance, que j*en dois la plus grande partie à Pilpay, sage Indien*. Son livre a été traduit en toutes les langues^. Les gens du pays le croient fort
je crois que notre ami n^a pas trop pes^ ses paroles en cette occasion. 9 (BffAUcmoix, OEuvres diverses^ publiées par M. Louis Paris, i854, tome II, p. sSs et 933.)
5. Il est (aehenx que la Fontaine se soit impose cette réserve : il eut été corieux et intéressant de savoir par lui-même à quelles sources il a puisé ses sujets ; il eût épargné aux commentateurs bien des recherches et des incertitudes.
6. La Fontaine fait certainement allusion dans ce passage au petit Tolume (de i86 pages) intitulé : Livre des lumières^ ou la Conduite des roys*^ composé par le sage Pilpay Indien^ traduit en français par David Sahid «tlspahan^ pille capitale de Perse. A Paris, chez Siméon Piget, me Saint- Jacques, à la Fontaine, 1644, petit in-8<>. Cétait, comme le dit Loiseleur Deslongchamps ^, la première xersion, &ite directement d'après une langue orientale, qui eut paru en France, des Apologues de Bîdpaî, c Le livre des lumières de Darid Sahid est la traduction abrégée des quatre premiers livres de Vjântpari^ohaîli ( a Lumières canopiques 9), c^est-4,-dire de la version persane (datant de la fin du quinzième siècle) du Livre de Cania et Dimna* .... M. de Sacy.... pense que Torientaliste Gaulmin a eu beaucoup de part à cette publication. »
7. Loiseleur Deslongchamps résume ainsi (p. 78 et 79) son « exa* mcn des diverses métamorphoses que le livre attribué à Bidpal a subies >• : « Nous avons vu comment ce recueil d'apologues avait été traduit du sanscrit en pehlevi ou persan ancien, dans le sixième siècle de notre ère ; pais, dans le huitième, du pehlevi en arabe, de Farabe en persan moderne quatre siècles plus tard, de Tarabe en
* Ba 1698, il pimt ehes Barbin, tans nom de tradoctear, avec an titre qai reprodoit la seconde moitié de eelai-ci, une antre version dne i An* toine Galland : Us Fables de Pilpajr, philosophe iWmh, om la Comdaite desRoU.
^ Essai sur les fables indiennes^ p. ^3-94 et note 1 de la page 34*
* Le lÀwre de Calila et Dimna, dont l'original est attriboé per les Arabes à Bîdpai, date dn huitSème siiete de notre ère. C'était, pour la plus grande partie, la reprodnction en arabe de la version pdilevie, faite en Perse an sixième siède, d'an recoeil de fables et contes indiens (voyei la note 7). Le Pan^ iseàasmatra est sorti, dans Tlnde, de ce même recoeil dont a été formé le Hvre arabe de Calila et Dimna,
J. Dm LA FoirrATVE. ri 6
8» AVERTISSEMENT
ancien, et original à Tégard d^Ësope, si ce n'est Ésope lui-même sous le nom du sage Locman*. Quelques autres m'ont fourni des sujets assez heureux*. Enfin
grec à la fin da onzième siècle, et en hébreu peut-4ltre ven le même temps; de Thébrea en latin dans la seconde moitié du treizième siècle, et du latin dans plusieurs des principales langues de TEurope. »
8. L*autenr de la traduction française du Livre des lumières semble n^aroir rien dit, dans son avis au Lecteur^ qui ait pu induire la Fontaine k confondre en un seul, comme il parait tenté de le faire ici, les deux personnages (devenus de notre temps si problématiques) de Bidpal et de Locman. En revanche, il affirme bien nettement que ce sont les fabulistes orientaux qui sont originaux à regard des Grecs, et insinue que c^est Locman qu^il faut chercher sous le nom d*Ésope. « Locman, dit-il dans des phrases quelque peu embarrassées, a vécu le plus ancien de tous (parmi les Égyptiens et les Nubiens)^ puisque Mirkond, en son premier volume, le met du temps [de David. Les Arabes ont un gros livre de ses apologues, qui est en grande réputation parmi eux, Tauteur ayant été loué par leur faux prophète *. Les Grecs ont suivi les Orientaux; je dis suivi, puisaue eux-mêmes confessent avoir appris cette sorte d'érudition d'Ésope, qui était Levantin, et duquel la vie est écrite par le moine Planude : est la même {c*est la mime pie^ la même histoire) que celle de Locman, jusque-là que les curieux admireront que le présent que Mercure fait de la fable à Ésope* dans Philostrate ", les anges le font à Locman de la sagesse dans Miriond. 9
9. Par exemple, comme on le verra dans les notices des fables, Guillaume Handent, Guillaume Gueroult, les Apologi Plmdrii de Jacques Régnier, les Nouvelles de Bonaventure des Pé* riers, etc.
* Dans la xxxi* tourate dn Conn. Mais, qnd que toit le Locman dont a voulu parler le livre sacré, il est génénlcmant reoomia qae le racneil de fables arabes mises soos le mèoM nom de Locman est pottérienr en premier siècle de Thégire, et ne contient goère qae des tndaotîons ou imitacioas des fiddes ésopiques.
h Le texte dn pasmge cité porte, évidemment par crrenr, « le piésent... de la fiible d*Ésope •, au lieu de : « le présent.... de la fable à Ésope ».
• Dans le chapitre xv dn livre ▼ de la Fie é^ApolUmius de Tjratté : voyes notre tooM I, p. i5, note, et compares nn paamge de la Vis tPÉsepe par PImmde, nséme tome, p. 3a.