LIVRE VIL
Le Sage par qui fut ce bel art inventé *.
Cest proprement un charme : il rend 1 ame attentive,
Ou plutôt il la tient captive.
Nous attachant à des récits Qui mènent à son gré les cœurs et les esprits. i •
O vous qui rimitez ', Olympe, si ma Muse A quelquefois pris place à la table des Dieux *, Sur ses dons aujourd'hui daignez porter les yeux; Favorisez les jeux où mon esprit s'amuse. Le temps, qui détruit tout, respectant votre appui, 1 5 Me laissera firancbir les ans dans cet ouvrage : Tout auteur qui voudra vivre encore après lui
Doit s'acquérir votre suffinge''.
4. Gofmparex an paMage de la Préface de la Fontaine, tome I, p. i5 et x6. — Parlant d'an tont aatre sage, il dira plat loin (fin da lÎTre IX, Discours à Mme ds la Sablière^ Tert $4) :
Deseartes, ce mortel dont on eût fait un dieu
Chez les païens, et qui tient le milieu Entre Thomme et Vesprit....
5. Vous qui exercez même pouvoir sur les cceors et les esprits, ▼oos dont les paroles ont ce cbarme qui captive. Dans la traduction latine de cette épitre qu*a faite ou corrigée Fënelon *, ce passage est ainsi rendu : O Ofympa^ fabulm stmilu, — Le nom d^Oiymps donné a Mme de Montespan est simplement une fantaisie poétique de notre auteur. Nous ne voyons pas que c'ait été une de ces désignations ayant cours, comme il y en avait au temps des Pré^ cUuses^ parmi les écrivains et dans le monde poli.
6. Si la Muse qui m'inspire est vraiment une de celles qoi font entendre leur voix aux banquets des Dieux, comme Homère nous les représente au chant I de V Iliade^ vers 604. N'7 aurait-il point là, en même temps, quelque intention de flatterie, quelque allusion â raccneil fidt par d'autres dieux aux dons de sa Muse, a la dédicace de son premier recueil agréée par le Roi pour le Dauphin?
7. Voyez ce qui est dit ci-dessus, dans la note i, de l'esprit de la marquise.
• ÉditioB LdMl, i8a3. tome XIX, p. 479, Famtamu ad Demmam Ments»' : TojtM ci-après, p. 86, fia de U note 10.
86 ÉPtTRE.
C'est de vous que mes vers attendent tout leur prix :
Il n'est beauté dans nos écrits ao
Dont vous ne connoîssiez jusques aux moindres traces. Eh ! qui connoit que vous* les beautés et les grâces? Paroles et regards, tout est charme' dans vous.
Ma Muse, en un sujet si doux,
Youdroit s'étendre davantage; a s
Mais il faut réserver à d'autres cet emploi;
Et d'un plus grand maître que moi
Votre louange est le partage *^.
Olympe, c'est assez qu'à mon dernier ouvrage Votre nom serve un jour de rempart et d'abri; So
Protégez désormais le livre favori Par qui j'ose espérer une seconde vie ;
Sous vos seuls auspices, ces vers