‹ ŒuvresChapitre 6 sur 224 · I . J'esquive doucement et m'en vais à grands pas · texte numérisé non relu

I . J'esquive doucement et m'en vais à grands pas

(RaoïriSB, satire vin, vers ai9>) La Fontaine lui-même avait déjà employé neutralement (fable vi du livre IV, vers 55) ce verbe habituellement réfléchi :

Les petits, en toute affaire, Esquivent fort aisément ;

F. I sr II] LIVRE YI. 7

La vraie épreave de courage ' N*est que dans le danger que Ton touche du doigt : Tel le cherchoit, dit-il, qui, changeant de langage,

S*enfuit aussitôt qu*il le voit'.

ce Boilean, dans la satire ti, ren 67 :

Je saute vingt ruisseaux, j*esquiTe, je me pousse.

a. Dans les deux éditions de 1668, in-4^ et in-is, co|Mées par celles de 1679 (Amsterdam), de z68a et de 1729, on lit : du courage. Les deux textes de 1678, reproduits par ceux de la Haye, 1688, et de Londres, 1708, portent : de courage,

3. C*est ce que dit ënergiquement Lucrèce (lirre III, yert 55-58) :

,»m. In duèiis komtnem epeeiare pendu Compemij adçorsisque m re6us notcere quid sii .* Nom 9erm voces tum demum peetore ab imo Elicùmtur; et eripitur persona^ manet ret.

8 FABLES. [r. m

FABLE III

PHÉBUS^ BT BORiB.

Ésope, fab. 3o6, *^toc toi Bo^^ac, "EXtoc, Bo^^$ xa\ ''AvOpcaicoC (Cony,p. 100-909, sous quatre formes). — Babrios, fab. i8, Bopiacç xa\ ""HXtoc. — Arianus, fab. 4t Boreas et Soi; royez aussi le Nopus Avianut et le Noput Avîantu pindohonenth (édition d'Éd. du Mëril, p. 965 et a66, et p. 169 et 270). Dans ces fables latines, et dans la fable m à^Ysopet-Avionnei citée par Robert (tome II, p. 6 et 7), le cadre est différent : c'est devant Jupiter ou devant les Dieux que la lutte s*engage entre Borée ou le Vent de bise et le Soleil. — Haudent, i** partie, fab. iSS, du Soleil et d'Aquilon, — Verdizotti, fab. 18, del Sole e Borea.

Mftkologia msopica Neveleti^ p. 456.

Atbénée a recueilli (§ i.xxxii du livre XIII) ime épigramme de Sophocle contre Euripide où il 7 a une allusion évidente à la fable du SoUil et Borée. — Plutarque a traité ce sujet dans les Préceptes conjugaux , 3 x"- ^ ^^^ une ingénieuse application de Tallégorie à la conduite des maris envers leurs femmes : ils les guériront plus aisément du luxe et des vaines dépenses, réussiront mieux a leur faire ôter leurs belles robes par la douce persuasion que par la violence. Hégémon a cousu cette moralité conjugale à sa fable 6, intitulée du Soleil et de la Bue, — UembUme 27 de Corrozet commence par ce quatrain, qui résume la fable :

Contre la froidure du vent L'homme se tient clos et se serre ; Mais le soleil le plus souuent Luy fait mettre sa robbe à terre.

— a Voici une des meilleures fables. L'auteur 7 est poète et grand poète, c'est-à-dire grand peintre, comme sans dessein et en suivant le mouvement de son sujet. Les descriptions agréables et brillantes 7 sont nécessaires au récit du fait. Observons.... ce vers imitatif :

Siffle, souffle, tempête....

N'oublions pas surtout ce trait qui donne tant à penser :

.... Fait périr maint bateau, Le tout au sujet d'un manteau;

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