‹ ŒuvresChapitre 62 sur 224 · FABLES IV ET V · texte numérisé non relu

FABLES IV ET V

LB hArOK. — LÀ FILLE*.

Fablk IV. — La Fontaine a pu prendre Pidëe de ta fable dans Tune ou Tantre de celle* cpie nous allona mentionner; maia c*eft à lui que paraît appartenir le choix qu*il a fait du Héron pour pei^ tonnage, et par conséquent TinTention de toutes les ciroonstanees du récit. Robert indique, comme objet de comparaîton, Fapologue is4 d'Étope, A&iv xa\ Kœçtùàç (Coray,p. 147 et p. 876; Mphm^ iogia mtopiea Neptleti^ p. 370), où le Lion dédaigne un Lièvre endormi à portée de ta patte, pour courir aprèt un Cerf, qu'il ne peut atteindre; peut-être en effet cet apologue te rapproche-t-il plut du Héron que de la fable intitulée : fe Chien qui iàehê sa proU pour r ombre (livre VI, fable xtii). — Robert cite encore chez Abstemius / f ^ (n« 39, Je Jueupe et Fringilla^ p. 55o de Nevelet), et chez Uaudent

(n« 98 de la a* partie, d'un Oyteleur et et une Berée)^ la ttlv c^ l'Oiseleur qui, négligeant toutes les petites occasions dans Pespoir 'SSine plus belle, attendant d'heure en heure qu'une bande un pen nombreuse Tienne te laisser prendre d'un teul coup, et, te décidant enfin, le toir venu, à faire tomber tet rètt, n'y trouve prît qu^un teul oiteau, une berée {fringilla^ a pinton »). — Enfin l'abbé Guillon, au tujet de cette fable et de la tui vante, analyte ainti, dant ta première édition (an XI, i8o3), une det fables ésopiques de Camerarius, Gulm deditus (Leiptick, 1544) p- >^3)) ^^ ^^^ bien, mais toujourt dant une action différente, le développement de la moralité même de la Fontaine : a Un gourmand, en voya-

I . Dant let éditiont originalet, cet deux titret tout réunit tout le numéro iv ; ce qui fait que le livre entier n'a que dix-iept fablet, au lieu de dix-huit. Nout joignont de même, telon notre coutume, let deux titret (voyez ci-dettut, p. i, note i) pour bien marquer rintention du poCte, intention qui te voit ici jutque dant let détailt de la compotition, comme le montrent la note 10 de la fable iv et let notet a, 6 et 1 5 de la tuivante. Seulement, ainti que nout avont fait dant let cat temblablet, nout donnont à chacune det deux fablet un numéro dittinct.

p. iy-t] livre VII. fil

géant, rencontre une poire ; il arait soif : est-ce là un ral'raichi»sèment bon pour un gosier altéré? et il passe outre; puis un ruisseau formé par les eaux d'un torrent : cette eau est trop limoneuse, il la dédaigne. La faim, la soif le pressent à la fois ; il rerient sur ses pas : le ruisseau avait tari ; la poire avait disparu, et avec elle le dîner du gourmand. » Cet apologue a été versifié par Handent sous le titre : JPum Saoulart et des Poyr§s; c*est le io5* de sa 1* partie. — Le même sujet a été traité par Boursault (dans Tacte I, aoène it, de son Èiope à la Cour^ joué pour la première fois à la fin de 1701), sous ce titre : le Héron et les Pousont. — - Parmi les Chansons clu>isUs de Coulanges (Paris, 1764, i^-ia), il s'en trouve une intitulée : le Héron, fable de la Fontaine (p. 64 et 65), et une autre (p. 66) où le sujet de cette fable et celui de la suivante sont réunis : le Héron et la Fille, Toutes deux sont d'une rare faiblesse.

Un joar, sur ses longs pieds, alloit, je ne sais où, Le Héron au long bec emmanché d'un long cou*.

Il.côtoyoit une rivière.

L'onde étoit transparente ainsi qu'aux plus beaux jours ; Ma commère la Carpe y faisoit mille tours S

Avec le Brochet son compère*.

3. Voltaire (vojez le Catalogue,.,, des ècrhains^ en tête du Siècle de Lattis XîV^ édition Beucbot, tome XIX des Oeuvres, p. lag) a rangé ces deux vers parmi ceux où il voit des négligences, des pué^ rilités, a .... II me semble, dit Cbamfort, qu'ils ne sont que familiers; qu'ils mettent la chose sous les yeux, et que ce mot long répété trois fois exprime merveilleusement la conformation extraordinaire du Héron. »

3. Ces mots, ma commère la Carpe, le Brochet son compère, pouvaient faire souvenir quelques lecteurs de la fameuse lettre de la Carpe au Brochet, écrite en i643 par Voiture au duc d'Enghien (édition Ubicini, tome I, p. 4of ), bien qu'ici évidemment il n'y soit fait aucune allusion. Comparez les deux premiers vers de la fable XVIII du livre I (où aurait dû trouver place la note que nous mettons ici) et le vers 35 de la fable xi du livre IV. Ils nous offrent, avec de légères nuances d'acception, ces mêmes mots, transportés plaisamment, par notre auteur, des hommes aux bêtes, comme tant d'autres termes du langage populaire et bourgeois.

lia FABLES. [p. iv-t

Le Héron en eût fiût aisément son profit^ :

Tons approchoient du bord ; Toiseau n'avoit qu'à prendre.

Mais il crut mieux faire d'attendre

Qu'il eut un peu plus d'appétit : i o

Il vivoit de régime, et mangeoit à ses heures'. Après quelques moments, Tappétit vint : TOiseau',

S*approchant du bord, vit sur Teau Des tanches qui sortoient du fond de ces demeures^. Le mets ne lui plut pas ; il s'attendoit à mieux, 1 5

Et montroit un goût dédaigneux,

Comme le Rat du bon Horace'.

« Moi, des tanches ! dit-il, moi, Héron, que je fasse

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