L*aTarice perd tout en roulant tout gagner
(Lirre V, &ble xm, vers i.)
la. Ce mot, qui, même en ce sens, a souTentla forme cini/« dans les anciens textes, est bien écrit compte dans les deux de 1678 et dans ceux de 1708 et de 1799, quoiqu^il rime avec eonte*^ et peut-être pour cela même, pour mieux marquer la différence d^acception. Vojrez ci-dessus, p. 4 et note la; là et ici (au yers 3i) il j a conte dans Tédition de i68s, et compte dans celle de 1688.
• Mot de même origine, mais d'antre lens : voyea Littré, CoKFna et Coirrxa.
J. DB LA FoaTAlirS. II 8
ii4 FABLES. [f. iy-t
Fabui V. — Gomme rindiqne Robert, le sujet de cette faUe a pu être suggéré à la Fontaine par la xvii« épigramme du livre V de Martial :
Dttm prouvas aîaposquB rtftrt^ et mrmina magna^ Dum tihi natter eques sanKda eanJitîa est^
Dum te passe negas nisi lata^ GeUUt^ elmw Nuhere^ nupsisU^ GeiUa^ eistifero^»
— D*01iyet, dans VHUtaire Je V Académie ^ cite (tome II, p. i4i, note I , édition de M. Livet), sur le même sujet, ces jolis ▼ersdeConrart, qui n'araient pas été publiés, mais que notre poCte a pu connaître :
Au-dessous de vingt ans, la fille, en priant Dieu, Dit : a Donne-moi, Seigneur, un mari de bon lieu. Qui soit doux, opulent, libéral, agréable. » A Tingt-cinq ans : « Seigneur, un qui soit supportable. On qui parmi le monde au moins puisse passer, s Enfin, quand par les ans elle se voit presser. Qu'elle se voit vieillir, quelle approdie de trente : « Un tel qu*il te plaira, Seigneur, je m'en contente, b
— Cette fable a été mise en chanson, comme la précédente, par Coulanges, sous ce titre : la Fille (p. 65 et 66); voyez la fin de la notice de la fable xv. — Le Noble fait précéder son conte Lxvni, intitulé du Pécheur et du petit Paiuan (tome II, p. 80 et 8 1), de quelques conseils aux filles qui rappellent le sujet ici traité.
Nodier, dans ses notes, fait remarquer la parfaite sjmétrie qui existe entre les fables iv et v, dans la conclusion comme dans les détails de la composition : voyez plus kaat, p. iio et ii3, les notes I et 10 de la Cible iv, et ci-après, les notes 1, 6 et 1 5 de celle-ci. — Saint-Marc Girardin (xvi« leçon, tome II, p. 87) £ût cette réflexion, qui s'adresse aux deux sexes : « Eh 1 dira-t-on, si les filles sont sages de ne pas trop attendre pour se marier, pourquoi les hommes souvent attendent-ils tant? Ou pourquoi, quand ila se sont pressés de se marier, comme avait fieiit la Fontaine, ontils Tair de s*cn repentir pendant toute leur vie, comme la Fontaine encore? Est-ce par hasard qu'il y a moins de chances pour les hommes que pour les femmes d'être bien mariés? Je ne sais; mais
I. Mot de sens douteux, paraissant désigner un prêtre de bas étage.
r. it-y] livre VII. ii&
la Fontaine ne néglige ancone occasion d'attaquer le mariage. La femme, fille ou reure, a bien des traTen; après tout cependant, la Fontaine leur est volontiers indulgent. Mau pour la femme mariée, il est impitoyable. Le mariage a Pair d*aggraTer à Tinstant pour lui tous les défauts de la femme. »
Certaine Fille, un peu trop fière,
Prétendoit trouver un mari Jeune, bien fait et beau, d'agréable manière, Point firoid et point jaloux : notez ces deux pointa-ci.
Cette Fille vouloit aussi 5
Qu'il eût du bien, de la naissance, De Tesprit, enfin tout. Mais qui peut tout avoir ? Le Destin se montra soigneux de la pourvoir :
n vint des partis d'importance.
La belle les trouva trop chétifs de moitié : i o
« Quoi ? moi ' ! quoi ? ces gens-là ! Ton radote, je pense. A moi les proposer ! hélas ! ils font pitié :
Voyez un peu la belle espèce' ! »
L'un n'avoit en l'esprit nulle délicatesse; L'autre avoit le nez fait de cette façon-là : 1 5
C'étoit ceci, c'étoit cela;
C*étoit tout, car les précieuses
Font dessus tout^ les dédaigneuses*.
Après les bons partis, les médiocres gens
Vinrent se mettre sur les rangs*. lo
Elle de se moquer. « Ah ! vraiment je suis bonne
a. Cest le même mourement que dans la fable it ; la Fille ajoute : Vom radote f Je ptnte^ comme le Héron : Et pour qui me prend-on ?