‹ ŒuvresChapitre 67 sur 224 · Rapprochez ces vers des vers xi-i4 de la fable iv · texte numérisé non relu

Rapprochez ces vers des vers xi-i4 de la fable iv

ii6 FABLES. [r. iv-t

De leur ouvrir la porte ! Us pensent que je suis

Fort en peine de ma personne :

Grâce à Dieu, je passe les nuits

Sans chagrin, quoique en solitude^. » a 5

La belle se sut gré de tous ces sentiments'; L âge la fit déchoir : adieu tous les amants. Un an se passe, et deux, avec inquiétude ; Le chagrin vient ensuite ; elle sent chaque jour Déloger quelques Ris*, quelques Jeux, puis TAmour**;

Puis ses traits choquer et déplaire ; Puis cent sortes de fards. Ses soins ne purent faire

7. « Pourquoi donc le dit-elle ? Pourquoi y pense-t-elle ? La Fontaine nous le dit plus bas (yers 40) :

Le désir peut loger chez une précieuse.

Quelle finesse dans cette peinture du ccrar I » (Chamvobt.) — Dans un passage de Corneille, corrigé, il est Trai, plus tard, la suivante Amarante, se désolant de rester fille, dit tout crûment :

Qu^au misérable état où je me vois réduite, J^aurai bien à passer enoor de tristes nuits! {La Suivante f acte V, scène ix, yariante des premières éditions, des Ters 1689 et 1690, tome II des OEutref, p. ai3 et note 5.)

â. Ses sentiments. (1688, 1708.) — 9. Quelque Ris. (1688, 17^9.) 10. Solvet cite ici, à propos, ces vers de la comédie de Cljmème où notre pofite a exprimé la même pensée avec tant de grâce :

Vous n*aurez pas toujours

Ce qui TOUS rend si fière et si fort redoutée : Charon tous passera sans passer les Amours ; DcTant ce temps-là même ils tous auront quittée.

(Édition de M. Marty-LaTcaux*, tome IV, p. iSq.)

Nodier, nous TaTons dit plus baut, p. 75, rapprocbe de cette image de la fuite, du déclin, Pélégantc peinture du retour de la jeunesse et de Tespoir, dans la Jeune Veuve (livre VI, fable xxi, Ters 40-4 >) '-

Toute la bande des Amours Revient au colombier; les Jeux. les Ris, la danse Ont aussi leur tour à la nn.

* Où nont eorrigeons, an troisième Tent, nous en «oin, leçon de Toriginal de 1671.

r. it-tJ livre Vil. 117

Qa*eile échappât au temps, cet insigne larron".

Les ruines d*une maison Se peuvent réparer : que n*est cet avantage 35

Pour les ruines du visage'*?

Sa préciosité *^ changea lors de langage'^.

II. Horace (lÎTre II, ëpître 11, ren 55 et 56) déreloppe ainû

ridée contenue daiu ce nom :

Singula Je nohi* amni prmdantur euntet .* Eripuere jocoSy venerem^ compivia, ludum,

la. Racine dira dans ^/Aa/»tf(i 691, acte II, scène TiTers 494-'49^):

Même elle aroit encor cet éclat emprunté

Dont elle eut soin de peindre et d*omer son visage.

Pour réparer des ans Tirréparable outrage.

— Chez la Bruyère, nous tronrons, comme ici, le mot de ruine : € n a le risage décharné, le teint verdatre, et qui menace ruine. » (De tHomme^ tome II, p. 59, % 194.) — Ce passage de Ptjché (li- TTC II, tome III, p. ii5, de Tédition de M. Marty-Laveaux) rappelle ^plement Tirnage d^un monument délabré : a Cette puînée étant de deux ans plus jeune,... le rétablissement de ses charmes n^étoit pas une affaire de si longue haleine.... L'autre (tainée des senœ») avoit des réparations à £sire de tous les côtés. 9 — Figure analogae aussi chez Saint-Simon, qui dit de Mme de Montauban : c ÂTec du noir, du blanc, du rouge et je ne sais combien d*autres soutiens de décrépitude. » (Addition à Dangeau^ tome X, p. 14^.')

i3. Cbamfort croit que préciosité pourrait bien être de Pinventien de la Fontaine. C^est une erreur : c Ce mot, dit Boissonade dans une lettre insérée au Mercure du 3o messidor an V, et citée par Solret, n*était alors ni tout à fait nouveau, ni de Tinvention de la Fontaine.... H se trouvait dans la seconde partie des Observations de Ménage sur la langue francise ^ volume publié dès 1676...; même il y est employé trois à quatre fois, à Tégard du P. Bouhours, poiu: hd reprocher son purisme affecté : voyez les pages s 10, 44^ ^t 458.... 1» Mme de Sévigné en avait fait un joli emploi dans une lettre du ai octobre 1671 (tome II, p. SgS). Il ne semble pas, du reste, c{u*il faille voir ici, avec Aimé-Martin et Geruzez, un a titre comique que la Fontaine donne à une précieuse, comme on donne aux princes ceux de Son Altesse, Sa Grandeur ; > Texpression peut bien naturellement n'entendre ainsi : son humeur jusque-là si dédaigneuse changea lors de langage.

14. Tout le rôle d*Armande, dans les Femmes savantes^ est comme

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Son miroir lui disoit : « Prenez vite un mari. » le ne sais quel désir le lui disoit aussi : Le désir peut loger chez une précieuse. 40

Celle-ci fit un choix qu'on n'auroit jamais cru, Se trouvant à la fin tout aise et tout heureuse *' De rencontrer un malotru **.

un dëreloppement de ce rers : rojez particulièrement la scène n du IV« acte.

i5. Ici encore, il y a bien, comme nous écririons nous-mêmes, deux fois tout, et non toute, dans les éditions originales.

16. Ce mot se trouve au vers 3y3 de la satire x de Régnier, et antérieurement, au moins deux fois, dans Rabelais : au chapitre xxr de Gargantua^ tome I, p. 98, et au livre V de Pantagrtttl^ chapitre XII, tome m, p. 5o. — Littré traduit ici malotru par a personne maussade et mal bâtie, d et cite plusieurs exemples du sens ancien d* a incommodé en sa personne, chétîf, infirme, » sens que lui donne encore, en 1676, Mme deSévigné (tome IV, p. 536); il dit, en outre, quUl j avait deux vieilles formes, Tune française, maies trut (du latin maie instruetus)^ Tautre provençale, mai astmg (de maie et astrum)^ et qu* elles se sont confondues dans Tacception actuelle de malotru, — Cette fin a déjà été comparée plus haut (p. II 3, note 10) à celle de la fable précédente, Solvet en rapproche cette phrase de Psyché (livre I, tome III, p. 3 1) : a Je ne veux pas dire que cette belle.... fut de Thumeur de beaucoup de filles, qui aiment mieux avoir un méchant mari que de n^en avoir point du tout, s

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FABLE Vr.

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