‹ Œuvres (volume 2)Chapitre 39 sur 49 · Prudhomme, au même moment, accusait CamMie de lâcheté · texte numérisé non relu

Prudhomme, au même moment, accusait CamMie de lâcheté

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3 0 avril à mai 1 7 9 2.)

(c // 7nen coûte pourtant de quitter la plume! » avait dit Camille en annonçant qu'il allait cesser de publier les Révolutions de Finance et de Brabant. « C'est une «c grande sottise que j'ai faite, écrivait-il à son père, car « mon journal était une puissance qui faisait trembler ({ mes ennemis, qui aujourd'hui se jettent lâchement sur « moi, me regardant comme le lion à qui Amaryllis a « coupé les ongles. » Ceux-là surtout comprendront le désespoir de Camille qui ont été mordus de cette passion du journal, qui ont cette sorte d'ivresse irrésistible, l'ivresse de l'encre. Le journaliste a toujours quelque chose à dire. S'il est désarçonné, il aura la fièvre jusqu'à ce qu'il soit remonté en selle. Il lui faut le cheval quotidien, le journal. Camille s'associa donc bientôt à son ami Fréron, Stanislas Fréron, V Orateur du peuple^ le futur proconsul de Toulon, le fils du critique

de VAnnée littéraire qui est passé à la postérité les épaules toutes chaudes encore des coups d'étrivièresde Voltaire.

Il est difficile de publier les quatre numéros de la Tribune des Patriotes (30 avril à mai 1792), puisqu'on ne sait trop ce qui, dans ce journal, appartient à Fréron ou à Camille. Le Prospectus et V Avertissement cependant sont tout entiers de la main de Desmoulins, et à ce titre nous les réimprimons.

M. Hatin fait très-justement remarquer, à propos de cette Tribune des Patriotes^ que, malgré sa courte existence, elle ne fut pas sans influence sur cette journée du 10 août 1792 qui jeta bas la royauté.

Ce nouveau journal (in-8°, couverture grise) porte le titre de La Tribune des patriotes ou Journal de la majorité^ pour servir de suite au n" 86 du Journal des Révolutions de France et de Brabant^ par Camille Desmoulins, et à la rédaction duquel concourront MM. Camille Desmoulins et Fréron, l'orateur du peuple, — et autres, tant législateurs qu'officiers municipaux, connus par leur talent et leur patriotisme.

Le prix de la souscinption est de trente-six livres par an, port franc par tout le royaume^ dix-huit livres pour six 7noiSj et neuf livres pour trois mois.

On souscrit chez tous les libraires de France et des pays étrangers, et chez tous les directeurs des postes ;

Et à Paris, chez Pierre-Jacques Duplain, Imprimeurlibraire, cour du Commerce.

C'est à ce dernier qu'on aura soin d'envoyer Ion les les leUres, avis, livres nouveaux, en alTranchissant le port des lettres et de l'argent.

Ce journal, composé de trois feuilles, paraîtra tous les samedis ^

1. Sur l'exemplaire de la Tribune des patriotes que j'ai consulté, on a écrit, une main d'enfant ou d'ouvrier, l'écriture inhabile le dit asspz :

A la gloire des sans-culottes parisiens, destructeurs : de la Bastille le li juillet 17 89; de la Royauté, le 10 août 1Î92; du fédéralisme, le 31 mai 1793 el trois fois libérateurs. Vive la république une et indivisible !

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ou

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