‹ Œuvres (volume 2)Chapitre 38 sur 49 · SALUT · texte numérisé non relu

SALUT

Cher et féal souscripteur, j'ai exposé dans mon n° 86 la raison suffisante qui m'obligeait à vous dire un adieu qui. j'espère, ne sera pas éternel. Aux raisons générales j'aurais 'pu en joindre de personnelles qui

n'étaient pas moins pertinentes. Il faut que le journaliste vive du journal, du moins n'est-il pas obligé de s'y ruiner. Les infidélités de la poste', mon inexpérience et mon peu de loisir pour diriger un journal avaient rendu Texpédition du septième trimestre si onéreuse pour moi que je voyais mon ci-devant pécule^ lequel je puis bien appeler castrense^ s'engloutir es mains de l'imprimeur, graveur, brocheuses; et, malgré les florins de la Prusse et les guinées de l'Angleterre et les ducats de Hollande que j'avais touchés pour médire du cheval blanc, je courais, aussi rapidement que Louis XVI, à l'insolvabilité et à l'inéligibilité. A ces causes, peut-être est-ce trop présumer de la bienveillance de mes souscripteurs, mais j'ai cru pouvoir déléguer k Prudhomme mon obligation envers eux, de leur fournir les cinq numéros qu'il me restait à faire jusqu'au 91, pour compléter le septième trimestre ^ En conséquence, j'ai pris des arrangements avec lui, en lui remettant la note des abonnés, et il remplira mes engagements. Prudhomme eslThomme qui leur convient. Il vient de faire le serment emphytéotique de ne cesser son journal que lorsque la France sera libre.

Camille, enfin, appelle le journal de Prudhomme y Encyclopédie de la révolution, et termine par ces mots comme par un cri :

Honneur aux Jacobins, mqwis aux Feuillans!

1. A la fin du n" 85, on lit : Nota. L'administralion des postes est contre-révolutionnaire. Je rerois Icsréclaniaiions de toutes parts que les nume'ros que j'expédie n'arrivent point.... La poste me vole d'aljord mon papier et ensuite l'argent que je lui paye pour le prix. Vous voyez, citoyens, comme tout vous trahit.

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