‹ Œuvres (volume 2)Chapitre 48 sur 49 · POST SCRIPTUM · texte numérisé non relu

POST SCRIPTUM

Ce fragment ne contient peut-être pas la dixième partie des faits de Tliistoire des membres du côté droit, la plupart de ces faits, ou ayant été enveloppés d'épaisses ténèbres et couverts d'un secret impénétrable, ou s'étant passés trop loin de ma lorgnette, et tout à fait hors de sa portée ; c'est au temps et au hasard qu'il est réservé de nous révéler certaines anecdotes, comme celle, aussi certaine qu'étrange, que j'ai racontée dans le numéro 4 de la Tribune des patriotes^ sur la mort de Favras. C'est ainsi que le temps nous apprendra comment le ci-devant prince de Poix s'échappa de la mairie, le lendemain du 10 août, et quel ange endormit ses gardes et le sortit de chez le maire Pétion aussi miraculeusement que saint Pierre-ès-liens. Son valet de chambre apprendra sans doute à l'histoire s'il dut ce prodige aux cent mille écus donnés à des gardiens en écharpe, comme on l'a dit dans le temps, et quelle est la véritable explication de ce phénomène, de celle-ci ou de telle autre que je me suis laissé donner et qui n'est pas sans vraisemolance. Non-seulement, comme tout le monde sait, el comme cela est si bien développé dans la septième lettre de Robespierre à ses commettants (lettre, quoi qu'on puisse dire, comparable à la meilleure des Provinciales^ pour l'atticisme et la fijiesse des plaisanteries), Jérôme Pétion ne voulait point de la journée du 10 août et récalcitrait de toutes sa force; non-seulement il avait visité les postes du château, ainsi que Rœderer, et donné la bénédiction mu-

nicipale aux Suisses et aux chevaliers du poignard ; mais au moment de l'arrestation de Mandat, il fat même accusé, à la maison commune, lorsque ce commandant général trouvait sur le perron le châtiment de son crime, de lui avoir signé Tordre de faire feu sur le peuple, le cas de l'insurrection échéant, et je tiens de bon lieu, que c'est à cet ordre, signé Pétion, que Noailles a dû son salut. On prétend que, soit que cet ordre leur eût été remis par Mandat ou qu'elles se fussent fait livrer, n'importe comment, cet écrit précieux, des personnes qui touchaient de fort près le ci-devant prince de Poix, avaient cet ordre dans leurs mains, lorsqu'elles vinrent solliciter Pétion de le mettre en liberté ; et comme le maire faisait difficulté de prendre sur lui l'élargissement périlleux du capitaine des gardes, elles le déterminèrent, par un péril plus grand, à sauter le fossé et, lui montrant ce papier, le menacèrent, s'il ne sauvait son prisonnier de la guillotine, de le conduire lui-même sous le fatal rasoir, par le moyen de cet écrit; et on a prétendu qu'alors Jérôme Pétion ne se le fit pas dire deux fois, et trouva une porte de derrière par laquelle il fit sortir le capitaine des gardes, qui court encore.

J'ai même omis des faits de notoriété, tels que celui que Meaulle a articulé à la tribune, qu'il savait de science certaine, que les meneurs du côté droit avaient voulu faire égorger la Montagne, dans le temps que l'un d'eux, Barbaroux, osa donner l'ordre au second bataillon de Marseille de sortir de ses casernes et le requérir d'investir la Convention nationale, la veille du jugement du roi. Mais il suffit de ce que j'ai raconté, pour que le procès du côté droit soit regardé comme fait et parfait; et il est évident, par exemple, ciue sur les pièces authentiques que j'ai ci-

lécs, concernant Roland, il aurait dû être traduit au tribunal révolutionnaire, àrinstantmême ou le scellé a eu livré au comité de sûreté générale ces pièces, d'après lesquelles sa condamnation ne peut pas être douteuse. N'est-ce pas une chose indigne, que ses complices de contre-révolution, responsables avec lui de tout le sang qui coule dans la Vendée, Clavière et Lebrun soient encore dans le ministère; et ai-jetort, d'après une négligence si impardonnable, d'accuser la mollesse du comité de salut public?

La Société, dans sa séance du 19 mai 1793, l'an II de la République une et indivisible, a arrêté l'impression, la distribution, et l'envoi de cet ouvrage aux Sociétés affiliées.

Signé : Bentacole, président; Cuamper- TOis, vice-président ; Coupé de l'Oise; DuQUESNOY, Sambat, Goindre, dépu' tés; Priel'r, secrétaire.

FIN du premier volume.

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