SUR LE3IAPPORT DE SAINT-JUST
Si je pouTois imprimera mon Umr; si on ne m'aroii pas mb au secret ; si on aroit leré mes fcelléi et que j'eusse le papier nécessaire pour établir ma défense^ iii on me laissoil seulement deux jours pour faire un numéro sept ^y comme je confondrois M. le chevalier Saint- Just! comme je le convaincroisde la plus atroce calomnie; ! Mai»
* Camille corrigeoit l'épreuve de son tepUème naméro du Fieux Cordeliery lorsqu'il a été conduit à la prison du Luxeo)bourf|;.
'Sj
Saiut-Jusl écrit à loisir dans son bain , dans son boudoir; il médite pendant quinze jours mon assassinat : etmrâje nai point où poser mon écritoire, je n'ai que quelques heures pour défendre ma vie. Qu'est-ce autre chose que le duel de l'empereur G)mmode, qui, armé d'une excellente lame , forçoit son ennemi à se battre avec un simple fleuret garni de liège?
Mais il y a une Proyidence , une Providence pour les patriotes^ et déjà je mourrois content; la république est sauvée. Une affiiire étrangère, mais qu'on avoit liée à h nôtre pour nous perdre , par un événement imprévu, incroyable , a jeté des flots de lumière sur notre prétendue conspiration \ et il demeure prouvé , par plusieurs faits décisifs, que ceux qui nous accusent sont eux-mêmes les conspirateurs.
^ Premier fait prouvé. Cette conspiraticm d'Hébert , qui a éclaté il y a huit jours , eh bien ! Chabot Pavoit dénoncée au comité il y a cinq mois. 11 avoit déposé 100,000 livres à l'appui de sa dénonciation. Pour la justifier com* plètement^ il offroit aux membres du comité qu'ils le fissent arrêter, lui , Chabot et Bazire , à huit heures du soir, avec le baron de Batz et Benoit d'Angers , deux principaux agens de la conspiration , qui se trouveroient alors chez lui. Le comité, au lieu de faire arrêter les dénoncés et le dénonciateur à huit heures du soir, Ëiit arrêter le dénonciateur à huit heures du matin ; et Batz , Benoit et Julien
de Toulouse s'évadent. Première présomption de complicité extrêmement yiolente.
Deuxième fait. Ce sont précisément ks mêmes mem* bres du comité qui ont reçu la déclaration de Chabot et la somme probante de 1 00,000 livres, qui, le lendemain, signent Tordre à Qzane d'arrêter Chabot et Bazire à huit heures du matin. Seconde présomption non moins violente.
Troisième fait. Le comité qui avoit dans les mains la déclaration de Chabot , déclaratiçn si bien justifiée de point en point par le procès-verbal d'Hébert, garde pendant cinq mois le plus profond silence sur cette conspiration. Trois fois , il vient dire à la convention qu il n'y a aucun fait contre Vincent et Ronsin. Que le peuple ait été si long-temps à ouvrir les yeux sur Hébert , Vincent et Ronsin, rien d'étonnant ; mais le comité de sûreté générale , qui avoit les preuves en main ! la prévarication de Vadier, Vooland , peut-elle être plus manifeste ?
Je viens à ce qui me concerne dans ce rapport. De mémoire d'homme, il n'y a pas d'exemple d'une aussi atroce calomnie que celte pièce. Et d'abord il n'y a personne dans la convention qui ne sache que monsieur le ci* devant chevalier Saint-Jlust m'a juré une haine implacable pour une légère plaisanterie que je me suis permise il y a cinq mois dans un de mes numéros. Bourdaloue disoit : Molière me met dans sa comédie, je le mettrai dans mon
sermon. J'ai mis Saint-Just dans un numéro rieur et il me met dans un rapport guiUotineur où il n'y a pas un mot de vrai à mon égard»
Lorsque Saint Just m'accuse d'être complice de d'Orléans et de Dumouriez, il montre bien qu'il est un patriote d'hier. Qui a dénoncé Dumouriez le premier, et avant Marat et plus vigoureusement que personne ? certes on ne peut pas nier que ce soit moi. Ma Tribune des Patriotes existe, que Saint-Juste lise le portrait de Dumouriez que je faisob six mois avant ses trahisons de la Belgique; il verra qu'on n'a rien ajouté depuis à ce portrait*
Et d'Orléans dont il me fait encore le complice , qui ignore que c'est moi qui l'ai dénoncé le premier ? que les seuls écrits sur (;ette &ction que les Jacobins ont fait im-* primer, distribuer, c'est moi qui les ai faits? Saint-Just ne se souvient-il plus de mon histoire des Brissotins ? la vengeance peut-elle être plus aveugle ? Je suis complioe de Dumouriez^ de d'Orléans; et personne n'a dénoncé plus que moi ces deux hommes! quelle scélératesse! quelle impudeur! C'est Barrère, tuteur de Paméla , qui m'accuse d'être de la faction d'Orléans !
Il y eut une faction , M. Saint-Just, pour mettre d'Orléans sur le trône ; il y en eut une autre pour les Bourbons ; il y en eut une autre pour la maison d'Hanovre. A vrai dire, la seule faction quHI y a maintenant, c'est celle des Feuillans , des Hébertistes , tous rangés sous la même
bannière de Pitt , pour recommencer en bonnets rouges l'ancienne guerre de Pitt, des Feuillans, des BrissotinSi contre les républicains , les vieux Cordetîers et la Montagne. Ils se croyent déjà surs de leurs TÎctimes. Hier n'avons-nous pas vu sous le tribunal cinq membres du coté droit rire ici à notre enterrement ! Mais avant que de périr il faut que je serve encore une fois la république et tout ce que je vais dire seront des faits incontestables; j'ai de bons témoins.
Qui sont ceux qui nous persécutent aujourd'hui?
Ce Vadier , président du comité de sûreté générale , est le même Vadier que Marat dénonce dans son numéro du 17 juillet 1791, comme le traUre et le renégcU, le plus infâme: ce sont ses expressions.
C'est le même Vadier qui, le 10 juillet, la veille, appuyoit la motion de d'André, de mander les six tribunaux de Paris pour nous poursuivre , Danton et moi , nommé* ment pour la pétition du cbamp de Mars. {Voyez Maral^ numéro du ij juillet, voyez le Moniteur du temps.)
Cest ce Vadier qui vous prend aujourd'hui , citoyens jurés , pour suppléans du tribunal du sixième arrondissement, et n'ayant pu nous faire guillotiner alors, votis prie de ne pas lui (aire manquer son coup aujourdlini.
Cest le même Vadier qui disoil aussi en pariant de Danton : mous vi'derom bientôt ce Turbot farci» Que ee propos est fraternel !
Ce Vouland, secrétaire du comité, est le même Vouland qui étoit secrétaire des Feuillans, sous la présidence de Barrère. (Fbyez son nom et sa demeure sur la liste du club des Feuillans conquise à leur secrétariat le lo août et publiée par Marau)
Cet Amar, rapporteur du comité, est le même Amar, trésorier de France, Brissotin enragé , dont tout le monde se rappelle le calembourg fameux à une certaine nominar tion du bureau dans les premiers mois de la convention : Laloi , Chasset, Danton.
Ce David, membre du comité > est le mâme Dirid brissotin enragé, ami de Robespierre il y a deux jeurB, et qui, aujourd'hui, s*en va disant : je vois bien que nous ne resterons pas 20 montagnards k là coïkvenûatÏM
J'affirme que deux patriotes vénérables par lenrÉ services et leurs cicatrices pour la révolution, Pénis et Bour cher Saint-Sauveur, m'ont dit qu'ib avoieeC donné leur démission de ce comité de sûreté générale et en étoient sortis en secouant la poussière de leurs pieds, ne pouvant tenir aux iniquités qui s'y commettoient Ce sont des témoins nécessaires , je demande qu'on les fasse entendre.
J'affirme que Guffroy m'a dit : que s'il restoît an comilé;, c'étoit pour corriger beaucoup de mal par un peu de bien : qu'il avoit preuve qu'Héron , Tégout universel du comité , avoit été suborner de faux témoins dans les pri-
sons pour le mener à la guilloline. Je demande qu'on le fasse entendre.
Taffinne que Reverchon m'a dit : que G>Uot d^Herbois, en mission avec son cher Ronsin à Lyon, avoit fait tout au monde pour rendre la république hideuse et faire la con trerévolution à Lyon. Qu'on fasse entendre Reverchon. Ne se souvient-on plus des propos de Collot d'Herbois : Il faut mettre des barils de poudre sous les prisons et à côté une mèche allumée.
Il y a des témoins que Collot d'Herbois a dit au sujet de d'Eglantine qui avoit relevé ce propoi : il veut me perdre, je le conduirai à la guillotine par tous les moyens possibles.
Il est des témoins que le grand républicain SainUJust a dit au commencement de la convention » arec humeur : oh! ils veulent la république ^ elle leur coàiera vhffr.
Il y a des témoins que Tambilieux 5tiol^JtH4 • dil ; /^ sais oh je vais.
Faudrart-il des téflooin» povr prouver i|tie k; ItrlofTi^^ que le scélérat Barrère étoil préiidenl de# FetiillaiM ^ Xi^ teur de Pamela^ qu'il a fiopoêé la eornmmmt ém i^i que Sempronius Gracchoa VihUe^ ici jofié^ «•! hktê ^4mnn pour Fespion de Barrère 9 que BêrHm k^ àam k \^ Villon de Flore; qu'il venoil chez mtn wm mrmm§f m$ Alk gomer^ et disoit en sortant à litmmlm '. lljaui qm fUHéê
ayons sous 9 jours les tctes de Danton, Camille DesmaulinSy Philippeaux
Gtoyen Robespierre ,
Ce n'est donc pas assez d'avoir assassiné ton meilleur ami^ tu veux encore le sang de sa femme ! Ton monstre de Fouquier Tinville vient de donner Tordre de Femme* ner à Féchafaud ; deux heures encore et elle n'existera plus. Robespierre , si tu n*es pas un tigre à fiux humaine; si le sang de Camille ne t'a pas enivré au point de perdre tout-à-fait la raison, si tu te rappelles encore nos soirées d mtimité \ si tu te rappelles les caresses que tu prodigoois au petit Horace , que tu'te pkdsois à tenir sur tes genoux, si tu te rappelles que tu devois être mon gendre , épargne une victime innocente ; mais si ta foreur est eeUe du lion, viens nous prendre aussi, moi, Adèle etHortee; viens nous déchirer tous trois de tes mains encore fomu» tes du sang de Camille; viens, viens, et qu'un seultombetn nous réunisse.
F" DuTLESSlS.