‹ Œuvres (volume 3)Chapitre 2 sur 16 · PRÉFACE · texte numérisé non relu

PRÉFACE

Madame Duplessis^ belle-mère de Camille Desmoulins , m'a donné en mourant tous les papiers de son gendre et a exigé de moi, pour toute condition, la promesse de publier ceux qui pourroient présenter quelqu'intérét historique. Parmi une nombreuse correspondance, j*ai fait un choix des pièces qui à mes yeux méritoient la publicité. Je les ai réunies suivant leur ordre de date, et livrées à l'impression sous le titre de Correspondance de Camille Desmoulins. Ce recueil forme un volume peu considérable par la matière ; cependant nos Tacite françois y trouveront des détails précieux sur la vie de Camille Desmoulins, et nos faiseurs de Usures ne pourront plus donner

au public des mémoires qui n ont de mérite souvent que celui de Tinvention. Dans une infinité d'ouvrages sérieux et de brochures on a dit et répété, diaprés Saint^Just, que Camille Desmoulins avoit vendu sa plume et ses talens à Philippe Egalité; cependant rien n'est plus faux. En e£Pet, qu'on lise les

lettres de Camille à son père pendant les années 1789 et .1790, et on se convaincra que loin de puiser à pleines mains dans la bourse de Philippe Égalité et de jouir même d'une certaine aisance, il étoit dépourvu de tout et pouvoit à peine soutenir son eiustence avec le produit de ses ouvrages. On le verra jusqu'au mois de décembre 1 790 , demander vainement à son père quelques huis , des sen^iet-tes , des draps et un lit , pour pouvoir se mettre dans ses meubles et ne plus payer ^ ditril^ le loyer exorhitanl des hôtelleries.

Cette i^alomnie n'est pas la seule dont on a voulu noircir le citoyen françois qui le premier arbora la

cocarde révolutionnsiire. Les pièces eonleiiues dans cet ouvrage fes déeruiront toutes; elles feront plus, elles prouveront que Camille Desmoulins jouissoit pendant sa vie de Testime des révolutionnaires les plus recommandables et que ses bourreaux furent ceux-là même qui dans Fintimité avoient toujours

loué et admiré son patriotisme.

Il est une pièce surtout qui devra particulièrement fixer l'attention des historiens pour lesquels surtout cette publication a été faite: c'est l'arrêté du Conseil des Cinq-Cents qui déclare que Camille Desmoulins a été conduit à la mort pour s'être élei^é contre les proscriptions et pour açoir rappelé des principes d humanité trop long^temps oubliés.

Jusqu'ici il n'existoit aucun portrait ressemblant de Camille Desmoulins; j'en ai fait placer un à la tête de ce recueil^ qui aura toute la ressemblance possible. Il est la copie d'une miniature que fit Boze à la Conciergerie.

IVmr aounov loulc \ aulUeniicité possible aux j«^. contenues dans cet ouvmge, j'« cru devoir y ioindr.^ «ntaWoauconteiiani,^>^-'>'«'-. des , xlr»it«» des principakss Ie«r».

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