‹ Œuvres (volume 3)Chapitre 4 sur 16 · partie de ee q;iie · texte numérisé non relu

partie de ee q;iie

Point de renumtraneetj etiem k

plaudireDt^ une bonne partie êm éofjk en fil

plus morne silence dans le tiftn-éUL Les

sprtirent , à Teiception de 3o on ^Q cnrés

rent arec le tiers. D éioil ii

assemblé jusqn'a 3 heorcs. B protam, confimalesilâli'

béiptiops da 17, et annnb toni ce ^ni wnnil #ébe

M. de Brezé Tint l^ir dire de se sépner. * Le snL

» Mirabeau, peut doqs finre fgp t yf 9

» attendons tous la mort; naii ^11 n

» séparer que nous n'ayons fait k constiintian. 9 iLét

Brezé revint une seconde fois; ifir ripantr , et 3i

tinuèrent leurs délibérations, fis

second arrêté leurs personnes saeréta et inriaUbfci

un troisitoe arrêté, ils déchrèient qmlh ne ponv<

obéii* à la volonté diyyrinoe^ et déciéiérml d'omnrir

jours à la nation k porte de leor MntmVUt . En m

tous ont montré une fermelé romaine et sont décidés à

sceller de leur sang nos libertés. TonI Paris est en

bustion , le Palais-Royal est plein oônme un «nf 9 on plaudit partout le duc d'Orléans avec transport. Le mi passe, personne ne dit root; M. Bailly, président de Tm^ $emblée, paroit, tout le monde bat des mains; on crie ; Fwela nation! M. Necker a donné sa démisfion; ton» \es députés allèrent hier soir lui faire Icursadieni ; on (an-

doit en larmes chez lui. L'afBuence dans la cour des mi* nistresétoit immense. La cour futefTrayée, on cria aux armes, les soldats ne firent aucun mouvement; le roisç crut perdu.

On appela M. Necker, et le roi se montra avec lui sur le balcon , pour tranquilliser les esprits. Mais M. Necker ne reste que pour ne pas soulever toute la nation par sa retraite. La police fait courir le bruit que le roi est retenu

sur ses pas . . Je croyois la police auteur de ces

bruits; mais, dans l'instant, quelqu'un qui arrive de Versailles m annonce qu'ilsrsont fondés ; que la foule a suivi les députés chez M. Necker , et qu'elle étoit telle que la cour s'est efifrayée; qu'on a réellement crié aux armes sans que le soldat ait bougé 5 que le roi, alors, a eu avec M. Necker une conférence de trois quarts d'heure; qu'il est sorti de la galerie tenant M. Necker par la main, en lui disant : « Vous me promettez de ne pas me quitter, » et M. Necker lui répondant tout haut également : a Et vous aussi, » sire , vous me donnez votre parole; » qu'alors tout le monde a crié jusque dans la galerie et les appartemens , chose inouie: vwe M. Necker! que le peuple , profitant de la veille de la Saint-Jean et de la coutume du jour, courut avec des flambeaux , en criant dans les jardins et jusque sous les fenêtres de la reine : ^fwe M. Necker l II ajoute que demain la minorité de la noblesse se réunira à rassemblée nationale ; que la majorité du clergé a été gros-

sie ce soir de deux membres, et entre autres de Fardie* véqae de Paris, oelui-ci parce qull Tient d*élre lapidé a quatre henres. On Fa ponrsnra avec des hoées et des pierres jusqu'à la Mission , ou il demeure. Les gardes qui entouroient sa Toiture aToient Fur eux-mêmes d'approuver la lapidation. On a fini par casser toutes les Titres de la Mission. Ses laquais blesses l'ont forcé de siéger aTec la majorité. Au matin , on a trouTé murée la perle de Fassemblée nationale, et les députés ont été obligés dentrer par la petite. Comme les gardes n*aToi»t pas de faaioonettes , et que leurs fusik n'éloient pas cbargés , on les a enfoncés et on est entré par la petite porte. H y a eu des motions vigoureuses ^ la reine a été nommée dans une, et presque accusée. On a dénoncé le garde-des-teeanx et

y. delaTour^et demain on doit nommerim comilé

pour informer, et Fassemblfe naticmale est décidée a les juger comme ayant trompé le m. Les esprits sont teBement écbauffés, qu*ib feront bien de sortir de Frmee. Je suis allé au Palais-Boval , on le duc d'Orléans

avoit confirmé presque toutes ces noorelles pour calmer l^neuple. La foule éUnt immense. On a Cnt demander

pardon à genoux à un abbé qui parknt aTec iodéeeneede nos députés ; idem au secrétaire de FambamadedeTiemie, qu'on a chassé ensuite du Bakis^Boyal» Je Tm enladbi moi-même demander pardon a la nation. On a admins' tré une Tigoureuse bastonnade à qndqa'mi du tiers-^M ,

pour la même cause; les autres ont été quittes pour Tamende. honorable ; mais celui-ci conservera long-temps les marques de sa bastonnade.

Desmoulihs.

Lettre de Camille Desmoulins à son père sur la dâivrance des gardes françaises emprisonnés à l'AMiiaye ; détaiksar lesrasseinblemens nombreux da Palais- Royal et sur quelques membres des états-généraux.

Mon cher pète,

Mon cousin DeYieiVilIe, le maire, excellent citoyen et patriote, auroit.bien dû faire lecture à la ville de la fameuse délibération du 17; et à Texemple delà ville de Paris, de Moncontour, de Làon, etc., envoyer aux étatsgénéraux les remercimens de la municipalité ; il en est temps encore.

L'incendie croit. Jam proximus ardet Ucàlegon. Les gardes françaises, comme vous savez , avaient refu^ le service; on voulut punir leur insubordination : quatorze furent mis en piison à TAbbaye, et devaient être pendus pour Tezemple; ik ont envoyé une lettre auPalais-Royal; c est le camp des patriotes \ à l'instant onVest formé en colonne, on a marché aux prisons de TÂbbaye, et à coups

de hache et de massue on a brisé les portes et ramené triomphans les quatorze gardes; on 1^ amis souala sauvegarde la nation; on les a logés dans le Palais-Royal , et on a envoyé sur le champ une députation à rassemblée nationale, pour obtenir leur grâce. Ce coup de parti a gagné les troupes , et les gardes firançaises se feroient toi^s pen« dre plutôt que de fdii;é feu sur un citoyen.

Il a été qufôtion dans Tinstant de marcher à la Bastille ou à Yiocennes; mais les gens sages ont représenté qu'on avoit assez fait pour un jour. Tous les patriotes s'accrochent aux militaires; on leur paie des glaces, du vin ^ et on les débauche à la barbe de leurs officiers.

Depuis la réunion des trois ordres , la dissidence dans la noblesse et le clergé ne cesse de mettre des bâtons dans la roue , comme je Tavois bien prévu et comme je Tai dit à ceux qui faisoient des réjouissances : c'est la viHe de Troie qui illumine pour recevoir le cheval de bois.

L'hote de Tabbé Maury à Versailles n'a plus voulu loger cette calotte anti- constitutionnelle et lui a signifié qu'il eût à déguerpir. De plus il a été rqssé par les patriotes.

Vous savez que Tarchevéque a faiHi être tué. La peur l'a fait venir à résipiscence.

Votre prince de Condé * n'ose paroltre. Il est honni , berné, hué, chansonné.

* M. Desmoulins père porloit an grand attadiement au prince de Coudé, qui venoit souvent dîner chez lui, à Guise.

Il y a bien trente mille hommes autour de Paris ; on parle d^un camp dans là plaine des Sablons.

On a fouetté il y a quelques jours une comtesse dans le Palais-Royal, où elle teuoit des propos contre M. Necker.

Au Palais-Royal , ceux qui ont la voix de Stentor se relaient tous les soirs. Ik montent sur une table ; oa fait troupe et on écoute la lecture. Ils lisent Técrit du jour le plus fort sur les affaires du temps. Le silence n'est interrompus que parles brai^o aux endroits les plus yigoui^ux. Alors les patriotes crient : bis.

U y a trois jours, un enfant de 4 ans^ plein d'inteUigence et bien appris, fit le tour du jardin , en plein jour, au moins vingt fois, porté sur les épaules d'un crocheteur. U crioit : « Arrêt du peuple français. La Polignac, exilée » à cent lieues de Paris. Condé , idem. Gonti ^ idem. )» D'Artois, idem. La Reine je n'ose tous le répéter.»

J'ai rhonneur d'être, mon cher père, votre très humble et très obéissant fik,

Desmouuns.

LettredeCaulleà

Vous saTei œ qw s*cst pHK k LfUL :, la. Âpriu natment qui SToit anntté la iVraift? cboK £l ye^VÀ^ . ^ a été repoofisée arec giade pevte par les Whs^ssm -£ les dragons ^ Us ont pris me i > ■! lif A» fencaoes. Ua bourgeois, qoi est ainTé Uer de Ljon, aia âc fKÏ y «a avoit bien 70 a 80 aniqnés et Ce qui est très lemaïqQabk, c cst^qae k des dragons à Tienne aToil été aTeifi d'être prêt ce la à aller rétablir Tordre, ayant qu'il eut ren le de la ville, qui appeloit les troupesà son secoon.

Je Tçus fais ici une ccrflection de bftKliures et d'estampes qui TOUS amusera.

L^assemblée nationale a lait au roi une sommation res* pectueuse pour qu'il retirât ses troupes étrangères et son armée anti-constitutionnelle. Il y a tn»s ou quatre petits camps autour de Paris, garnis d'artillerie comme le pont de Sèvres. Hier le régiment d'artillerie a suivi l'exemple des gardes-françoises ; il a forcé les sentinelles et est venu se mêler avec les patriotes au Palais-Royal. U paroit que la plupart des régimens François en feront

autant. On ne voit que des gens du peuple qui s'attacbeut à tous les militaire qu'ils rencontrent : alhns, vive le tiers-^at. et îb ks entraînent au cabaret, oùroa boit à la santé des communes ; on débaucbe les soldats publiquement. Avant-bier, au Palais-Royal un espion de police a reçu un châtiment exemplaire ; on Fa désbabîUé , on a TU qu'il était fouetté, marqué; on a trouvé sur lui un martinet \ ce sont les menottes de corde dont se servent ce^ vils coquins. On l'a baigné dans le bassin , ensuite on Fa forcé comme on force un cerf, cm Fa barrasse, on lui jetoit des pierres , on lui donnoit des coups de canue, on lui a mis on œil bors de Forbite ; «nfin, malgrS ses prières et. qu'il criât : mercij on Fa jeté une seconde fois dans le bassin. Son supplice a duré depuis midi , jusqu'à cinq beures et demie , et il a voit bien iO|Ooo bourreaux. Hier au soir MM. d^Sômbreuil et de Polignac^ officiers de bussards , sont venus M Palais- Royal, et comme cet uniforme est en horreur, on leur a jeté des chaises et ils aurotent été assommés s'ils n'eussent pris la fuite. Dès qu'il paroit un hussard, on crie : voilà Polichinelle, et les tailleurs de pierres le lapident. Chaque jour apporte cinq à six adresses de villes et de provinces qui s'épuisent en remercimens de l'arrêté du 17. Ce ftit une grande fête hier au Palais-Royal, quand on tit ariver les 75 soldats du corps royal qui avolent violé leur consigne. On prit les tables du café, on les fit

asseoir ^ la quéle fui abondante et Us n'en forent pM quittes pour s'enivrer; sûremenl IikpIapMt ewent une indigestion } cbtctin Youlut fiayer un plat de plus. M. de Bellegarde vint les joindre, et but avec eux i la santé du tiers-ëlat. Us promirent en revanche au ookmel de rentrer àÉi retraite. La nouvelle du moment est que le roi fera retirer son armée. Le cutë Qiarl.... a converti quelques soldats du corps royal et les a amenés en triomphe au Palais-Royal. On Fa pris pour raumènier du régîment, avec lequel il étoit arrivé*

Tai eu les plus grands désagrémcns possibles avec mon imprimeur et mon librairej * si féUÀs bien en fonds , j'achetenHB une presse, tant je suis révolté du monopole de ces fripons. U pleut des pamphlets tous plus gais les uns que les autres; il y a une émulation entre les graveurs et les auteurs, a qui divertira le mieiu le public aux dépens de l'opposition.

Voici une anecdote fort singulière. Vous savet que le Pàlais-Royal est devenu le forum \ la foule se partage en groupes.

U y a quelques jours , un des orateun du plus nombreux termina sa harangue par cette motion : • Qu'on » brûle la maison de M. d'Espcemenil, m kmwm ^ as» n enfims, son mobilier et sa penonae : • Ce qui ajj

.' CamiUc vooloit alo» bue mtftumu tt ff^M€^ lé^c.

passé à l'unanimité, quelqu'un dît: « Messieurs, le tapis-" M sîer de M, d'Espremenil demande la parole. » On cria : La parole au tapissier! «Messieurs, dit rhonûrable mem- » bre , je demande grâce pour lès meubles de M» d*Es- » premenil, qui sont à moi et dont il ne m*a pas payé » un sou. Mîai 'demande n'est-elle pas juste ? — Trèâfltste, I) cria rassemblée. Le tapissier remercia. — Messieurs , )) puisque votre équité m*a accordé ma demande , oserai-^ » je représenter pour M..... architecte, absent, qui a )) bâti Thôtel , qu'il est à lui ; t^ue M. d^Espremenil ne Ta » point payé plus que moi , qu'ainsi il est injuste de le » priver de Pimmeuble , gage de sa créance ; et, jeWs sûr tt que slt y avoit ici des voisins de M. Duval , ils appuie- » roient là motion. )> On cria, en faveur de Tarcliitecte et des voisins : grâce pour rhôtel. « Quant a sa femme , » reprit le tapissier , messieurs , pourquoi brûfer ce qui » vous appartient. Vous savez que sa femme est au {)ublic; « elle appartient à tout le monde , et il nVst pas possible » que plusieurs parmi vous ne Paient reconnue ; ainsi » grâce pour madame, et ne craindriez-vous pas,ines- » sieurs, d^miter le crime d^OEdipe et d*étrè parricides » sans le savoir, si vous brûliez les enfans de M. Duval » d^Espremenil. — Ouï, oui , crie-t-on; grâce pour la » mère et les en&ns. Quant à lui, messieurs, je ii*ém- » pèche pas qu'on le brûle, tant en effigie qu'en personne.)» Le plus plaisant de l'anecdote, c'est qu'on assure que

celoit M. d'Espr^menil laî^méiiie qui a iîûi celle molion. . . . -

Votre fils y DfiSKOux.nfs.

Lettre de Camille Desmoalios à son père sar les joamées des 12,

13, 14 et IS jaîUet 1789.

ts, 16 juillet 1789.

Mpn très cher père ^

Maintenant, on peut vous écrire, la lettre arrivera. Moi-même , j'ai posé Lier une sentinelle dans un bureau de la poste, et il n'y a plus de cabinet secret où Ton décachette les lettres. Que la face des choses est changée Q depuis trois jours ! Dimanche , tout Paris était consterné du renvoi de M. Necker ^ pavois beau échaufiferles esprits, personne ne prenoit les arn^es. Je vais sur les trois heures au Palais-Royal^ je gémissois, au milieu d'un ^oupe, &ur notre lâcheté à tous , lorsque trois jeunes gens passent se tenant par la main et criant aux armes. Je me joins à eux j on voit mon zèle , on m'entpûre , on me presse de monter sur une table : dans la minute j'ai autour de moi six mille personnes. « Citoyens, dis -je alors, vous sa ver

•^> 22 .KHi 9 que la nation ayoit demandé que Necker lui fât co»- » serve j qu'on lui élevât un monument : et on Ta ehassë ! n peut-on vous braver plus insolemment ? Après ce coup, » ils vont tout oser y et pour cette nuit, ils méditent, ils )i disposent peut-être une Saint«Barthélemy pour tes » patriotes. » iTétouffôis d'une multitude d'idées qui m'assiégeoient ; je parlois sans ordre. « Aux armes ! ai- » je dit, aux armes! Prenons tous des cocardes vertes, » couleur de Fespérance, » Je me rappelle que je finissois^ par ces mots : a L'inftme police est ici. Eh bien ! qu'elle )> me regarde, qu'elle m'observe bien; oui! c'est moi, )> qui appelle mes frères à la liberté. » Et levant un pistolet : « Du moins ils ne me prendront pas en vie, et je » saurai mourir glorieusement ; il ne peut plus m'arriver » qu'un malheur , c'est celui de voir la France devenir » esclave. » Alors je descendis ; on m*embrassoit, on m'étouffoit de caresses. Mon anli, me disoil chacun , nous allons vous faire une garde , nous ne vous abandonnerons pas, nous irons où vous voudrez. Je dis que je ne voulms point avoir de commandement, que je ne voulois qu'étire soldat de la patrie. Je pris un ruban vert et je l'attachai à mon chapeau le premier. Avec quelle rapidité gagna l'incendie! Le bruit de cette émeute va jusqu'au camp^ les Cravates, les Suisses, les Dragons, Royal- Allemand arrivent. Le prince Lambesc^ à la tête de ce dernier régiment^ entre dans les Tuileries^ à cheval. II sabre lui-même un

^flti

prde firmçrâe &m.lAfiureiirt'i Paris : A diDsk vilk. Oi Lundi natin «b nape k aasemUés à h Yak. Lr pvMl Us ccéoit mi coqs de I hoiimîUe

ëtoieilt déji m»mmm 9

ViUe demander des ams. Le fi<f<t amuse 9 il envue aax Cbartfou et â de ooDSomer k temps

y tioayen des armes. La molÛBde et ks

se portent anx Invalides • on es dcmnade

neur ; effiayé, il ouTre son magpmn* /f

soos le dôme, ao risque SèkanÊkr. Tj m m, à ee^iA

m'a semblé , an moins cent mile fink. /en pnoads ma

tout neuf» armé d*nne baionnette, et deux piilokis. O

le mardi, tout k malin se pasm à s'aimer. A

desanoeSyqu'onTaakBaitilk. Le

de Toir tout d'un conp dans Fuis cent

de baionn^les, et ne sadunit point si

. tombées du ciel , deroil être feit imlMiruiif Qa

une heure ou deux, on aiqnebnse cens <

sur les tours ; k gon?emenr, k comie de I annay,

paYiUon'i il baisse k ponl-kvis » on se préctpile^

le ièvc aussitôt et tire à mitraille» Alors , le dânon dé^ gardes^irançoiseS'tflLil me fcfèehe;^Boiii^eois> 9(4âat8, chacun seprédipite^'Un graivelirmèDfe le ffremîer , on le jette en bas et on hii casse les jaMtes; Uitgarde^fratiçoise plus rlieàreux 'le émit> ^ saisU'^la màd^e^'d'im oanonniet» v * se défend, el> la pkce est emportée 4^âssiattt dans une^ demLheare.rëlDis accouru au |lremier coup ée'^eanon , mài9::ià. Bastille étoit -déjàl ppiae^ en deux ^heures et demie^ t^ose qui tient do prodige* La Bastille àuroit pu tenir six mms , si quelque cbose pouvoit tenir conti^ rimpëtuosité frafnçoise; la BastiUe prise pardes^bourgebis^ et des soldats- sans àuc^ii'cEèf, sans un seul 'officier ! Le méiâe gardMrancoise qtd avait monté à Tassatit le premier, poursuit M*, de Launay , leptend par les cheveux et le fait prisonnier. On Féfmmèneâ fHdtel-de-Tille, ou TassOmme sur lé chemin. H etoît expirant des coups reçus, on l'achève à la Grève et un bdûchet* lùî coupé fa tête. On la porte au bout d'une pique et où donne la croix de Saint-Louis augarde-françoise; dans* lé même temps, on arrête un courrier, on lui trouve dans ses bas'ime lettre pour le prévôt des marchands j ou fe' conduit à là Yille. Dès le lundi mlitin, on arrêtoit tote ley courriers; on portoit toutes les lettres à la Ville; celles adressées au roi, àla i^me et aux ministres^ on lès^décachetûit et on éh^âdsotl lecture publique. On lut une lettre adressée à M. Ae tlesselles ; on lui disoit d'amuser ainsi quelques jôursles Part-

siens. Il ne put se défendre ^ le peufife ïwmighm 4e mt siëge et Fentraifia hors de la aaUe on il prMdokCaaMBK» blée ; et à peine a»t-41cfa»ceiida l'escalier de THâleMer. Ville , qu'an» jeune homow kit appuie tùn piatolel et luîbrûle la cenrelle ; on erie: Brao On lui eoupe la léle qu'on mel sur-iuie picpiev et j'ai vu de même sur une pique son eœur , qu'<Hi a promené dans toutPïuris ; Taprèa midi, en pendit le reste de la garnison pris les armée à la main ; onle8:accropliQltaureterbèredela Grère. On cria grâce pourqueiques-uaset pour tous les In Yalides^ Il y eut aussi quatre ou cinq voleurs pris sur fe fini et pe»* dus sur la nunule; ce qui consterna ks filons an point qu'on les dit tous déeaaipës. Monsieur le ttenleaanl de polioe, épouvanté de la fin tragique du prévôt, envoya sa démission à l'HâteI-(k*Yille« Xea oppressean.vonbaeBC s'enfuir tons de Paris; maisilya eu loojowsiarpied^deT puis lundi soir, une patrouille de cinquaaleaMlle iMasaMsu On n'a laissé sortir penoime de la captelor To«lSi les barrières ont été brûlées, et loua les commis sont €• dé» route , comme Inen vous le penses. Les Snissca, ymies du trésor royal, ont nus baslesarmm. Oa y a vingt-quatre miHionsdoatla vitedeFarisifcsl Après le coup dé main ^m on crut que les troupes roient bien yenlier, toute» les rue» éuioÊi édàmit^ mm jsts dam» hm

présent, ainsi que des chevaux superflus dé- gouVef-^ neur décapité. Il avoitune couronne civique sur la tête. 11 donnent la main à tous les députés. Je marchois l'épée nue à côté de Target, avec qui je causoié^ Il était d'une joie inexpriâûiable. Elle brilloit dans tous les yeui^et jea'at rien vu de pareiK^Il eslimpossible que le triomphe de Paul- Emile ait été plus beati^Tàvcûs pourtant en plus de joie encore la Teille , quand je montai sur la brèche de la Bas-tille re&du<e, et qu'on y arbora le pavillon des Garder et des miliceà bourgeoises. Là étoient la plupart des zélés patriotes. Nous nous embrassions , nous baisions les mains des gardes-françoises en pleurant de joie et d'ivresse.

Votre fils, Dbsmoulins^

iP. s. Hier à rHôtel-de-Ville , les 1 5o députés et les électeurs ont proclamé la paix. Le marquis de Lafayette est nommé général des 1 6 légions des milices de Parb , les gardes-françoises et les gardes-suisses sont déclarées troupes nationales et désormais à la solde de la nation ^ aussi bien que les deux premières de nos 16 légions^

M. Bailly est nommé Maire de Paris. En ce moment on rase la Bastille 5 M. Necker est rappelé \ les nouveaux ministres ont remercié ou sont remerciés; Foulon est mort de peur * ; Tabbé Roy est pendu \ le gouver-

* C'est un bruU qui courut lor?

an iviciiHfv:

Btftilk de pKt et Amr. Qb «

npfdie qaeccii lai ^ fa la taUe mapqoe aa PiliÉ lla|il

M. de Beaubourg a FlMMaevr de le apyeier an.

souTenir obligeant de M. Deaseadois; il M|ar, ^il aura bien touIu lire son Opéra avee k fim graade mtention , et se pénétrer â ccslaûtt ég^nb de k soie ^ raccompagne.

M. de Beaubourg brok de con a o tt ie k jvçement qne M. Desmonlins aura porté sur k font* D anr» rhonneur de pas6er cher lot demain satin sur ka oue basres. Il Fassureau reste que, pénétré de oonfiance pour s» talens qu'il admire, ainsi que pour s» principes qa'il révère, il recevra son arrét^ quel qu'il soit, avec une temitif reconnoissance. Assurément il attend bien f^n de gloire de ce petit ouvrage, à part k sentiment qui y r^pie.

Comme amant de» U liberté, comme un des plus 6ers

organes de la vérité ;( M, Desmoulins pensera sans doute que d'après FëgaUtë des droite , les différentes manières de publier sa pensée doifent étr^ également libres ] qu'il doit être permis de représenter ce qu'il est permis d'imprimer $ et qu'il ne peut être nuisible de réciter ou de chanter sur la scène ce qu'il est utile d'écrire ou d'afficher.

Si l'on autorise à reproduire sur le théâtre la rertu avec tous ses apoeasoires, poiaquot seroit41 défendu de livrer le vice à l'indignation puUique et ^lartieulièremMt le despotisme , source de tous nos maux et le plus grand fléau de la terre ? M. de Beaubourg borne à ces courtes réflexions sa logique de conscience. Celle de M. Desmoulins lui en fera naître assurément de Inen plus vic^ torieuseSy et cW celle qu'il implore.

Il reste maintenant à M. de Beaubourg à justifier aux yeux de M. Desmoulins la singularité d'une dânar^he qui a dû lut parottre nouvelle, surtout d'après son^ extrême réserve.

Elle se trouvera pleinement justifiée, cette i^nfianœ, cette démarche de M. de Beaubourg, lorsque M. Dedmoulins saura que dans la soirée du i a juillet, il a d'abord été son heureux disciple et qu'électrisé tcnït-à-coup parle feu de* son patriotisme , il est devenu son émule et apôtre, sinon aussi éloquent, du moins aussi décidé.

M. de Beaubourg fol le |M«aMr ^ lidi M. Dnmoulins à iBonter sur h tibfe ariagifse eu VAm^ Royal qu'entooroient des millien de eiloyens. Quelques insfans après il fendit la foule et se retrancha luiHnéme sur une autre table à quelque distance de M. Desmouiins, et y développa les principes grands et féconds dont il yenoit de se pénétrer.

M. Desmoulins se sonnent peut-être d*cni partif liwr qui, dans son entbousiasnie, lui prit les mains, le féUciU de tout son oceur et Tembrassa ; ce particulier est précisément M. de Beaubourg. Il tire à bonneur d'avoir servi dans la révduti<m et comme apdtre et oômfne soldat i il tire à honneur enfin d'avoir essayé de peindre le courage et le généreux dévouement de M. Desmoulins dans cette belle tirade de son Opéra :

£b ! bien» voici rimtaiU qae oous atteodJoot Umm,

Allons ! braves François, la victoire est à nous :

Noiif «nûgnodi moins la mort qu'ira bonttoi èMisvige.

ClC* dC> 6%Ca>«*«a «•

aisément, M. Desmoulins s'y reconnoltra

lîOrsqù*il sera question d'imprimer la piioe, H Ven suivm des notes qui ne laisseront rien à désirer* Ssas dotate que M. Desmoufins ne refusera pas i M* de Btnk bouif^ de loi remettre quelques noCesi s«r ses rigmêh services des 13, i3 et 14 jufllet. Saas doute mmi qa^i permettra à M. de Beaubourg de coflipter i «ir ion mki^

etàùfettnsàeer comme — hien Je coagMéic. II oie Tassmer qall a es lai Imt ee qa il fiwt poar k jiBtifier en «^■t de h calomnie ei de Uns les tfain de TcmYie.

Db RaAiaooas.

LettpedeGuBileDeaMoaiiasà soapèfesaris omngei litiérû-

rcset flci puncipei lépohncauiifc.

La meilleiire réponse à voire lettre pleme de reprockes esl de TOUS envoyer les titns ouTriges. Tai doae préparé un très gros paquet où tous trourerez quatre exemplaires de la France libre , de 2a Lanterne^ et nonir* bre d'exemplaires d'une petite feuille , qui vient de me faire infiniment d'honneur, et dont je reçois des compUmens partout. (Réclamation en fiiTeur du inarquis de Saint-Hurugue). En attendant, je joins à cette lettre un numéro de la Chronique de Paris , le journal de la ca{âtaie qui passe pour le mieux bit. Je ne connois point Tauleur^ et même je lui en veux de son article, comme citoyen. Cependant, comme écriTain, mon amour-propre en est content; ainsi je tous TeuToie pour que tous le joigniez à la correspondance du Palais-Royal que je tous ai déjà fidt passer. Opposez ces suffrages imprimés et pu-

bllés d'écrivains que je ne connois point el dont je ne sais pas assez riche pour payer Tencens , aux injures de n(» Guisards et à ce que tous appelez l'indignation publique, rai peine à croire que j'aie encouru llndignation de mes chers compatriotes , et il ne peut y avoir que des ignorans , que des imbëcilles ou des envieux qui décrient une brochure qui me fait tant dlionneur et qui m'a attiré les complimens les plus flatteurs de la part d'un homme qui ne m'avoit jamais loué^ de M. Target. Au reste , quand je vous envoie le témoignage des journaux et que je vous raconte, comme j'ai fait dans ma dernière lettre, les choses infiniment flatteuses que j'ai entendues au sujet de la France libre , je vous iais part de tout cela pour vous seul, afin que vous ne rougissiez point de moi, et non pour exciter l'envie en le redisant à mes compatriotes; je sais que dans son pays personne n'est prophète et il ne faut pas affecter d'ouvrir les yeux de ceux que la lumière blesse. Si vous entendez dire du mal de moi , consolezvous par le souvenir du témoignage que m'ont rendu MM. de Mirabeau, Target, M. de Robespierre, deizal et plus de deux cents députés. Pensez qu'une grande partie de la capitale me nomme parmi les principaux auteurs de la révolution. Beaucoup même vont jusqu'à dire que j'en suis l'auteur. Je rencontrai, il y a trois jotuv, chez mon libraire , un Picard , vice-président du district des

FeuiDans. « Ah ! mon cher compatriote^ me dit-il, com*

¥ bien j'ai souffert que notre paroisse fût si mal repré- » sentéei du moins, vous en avez soutenu Thonneur, puis- » que Fauteur de la France libre est du Vermandcns» » Il n'a plus voulu me quitter qu'il ne m'eut emmedé sou* per avec lui^ et nous avons lié connoissance. Mais le témoignage qui m'a flatté le plus , c'est celui de ma con-^ science , c'est le sentiment intérieur que ce que j'ai &it est bien. J'ai contribué à affranchir ma patrie, je me sui» fait un nom et je commencuà entendre dire : il y a urne brochure de Desmoulins ; on ne dit plus ; tTun auteur appelé Desmoulins; mais : Desmoulins vient da defen-» dre le marquis Saint-Hunigue» Plusieurs femmes m'ont invité à venir dans leur société, et M. Mercier ^ doit me présenter encore dans deux ou trois maisons où on l'en a prié. Mais rien ne ix>uvdit me procurer un moment aussi heureux que l'a été pour moi celui où le 12 juillet j'ai été , je ne dis pas applaudi par dix mille personnes , au Palais-Royal, mais étouffé d'embrassemens mêlés de larmes. Peut-être alors ai-je sauvé Paris d'une ruine entière et la nation de la plus horrible servitude. Et les cris de quelques dévotes, de quelques imbécilles, me feroient repentir de ma gloire et de ma vertu ? Non, ceux qui disent du mal de moi, vous trompent ; ils se mentent à eusc-mè-

* L'académicien de ce nom, auteur da Tableuudc Paris. {H^ote de' réditeurO

im^ct

Geqw Pur», povr feqwl je IncËnatk». En nœiibles afint h fin lia

Je crois q«e je Tak âtreenëfatde

reE eependanl de m'eBmfer des paires de draps^ k plus être dans mes meubles à la Sawt-Bcmur.

Je suis uSé Uer à Ver»aies; ea abofdml M. Oeniville , il a changé sensiblement de ruÊgti il ma A, ^ftmÊê je lui en ai demandé la raison, qu*il éloil nmlade;q«*ii m^ m'avoit pas d abord reconnu. Après deux henrcs de tarmversation , il s'est plaint que M. Fréleau ail lo à fa

blée nationale, il y a un mois, un mémoire de vous,' pour qu'il y ait un siège à Gube* Je ne conçois pas comment vous avez envoyé ce mémoire. Il y a un mois ; rassemblée nationale avoit à, s'occuper d'autre chose que du ;bailliage> de Guise et on .a du rire^Q votre empressement. En. second lieu^ M. Deviefville n'a pas tort de trouver que c'éh> toil à lui que vous deviez adresser ce mémoire. Je ne suis pas moins surpris que je n'en aie rien su qu'hier. J'ai, peine à croire pourtant que la froideur que. m'a montrée

mon cousin vienne de là.

L'activité vous manque. Vous restez dans votre cabinet et il faut se montrer- dans les démocraties. Puisque vow. êtes désœuvré^ mandez-moi des nouvelles de Guise , ditesmoi s'il y a garnison , quek sont maintpnant les^nOtablf^ de la ville , ce que c'est que votre comité provisoire: et: votre commune; si votre milice boui^coise a un; unirn forme; donnez-moi des nouvelles. de Du^Micqupi ^ et son adresse; des nouvelles d'Hénin et de Fontaine' : j'ai toujours un peu sur le cœur le tour qu'Us m'ont joué, à Laon.

Plaide-t-on à Guise ?

Voilà vos dîmes et vos matières bénéficiâtes et votre juridiction à vau l'eau.

^ Frère de CamiUe mort à farmée.

' Ancien» camarades de CamiUe , propriétaires-coltivatears à Gaîse.

Vous avez manqué de politique , quand , Vannée dernière, vous n'avez pas voulu veniràXAon et me reconmander aux personnes de la campagne qui auroient pu me faire nommer. Je m*en moque aujourd'hui. Tai écrit mon nom en plus grosses lettres dans Fhistoire de la révolution que celui de tous nos députés de la Picardie; mais la considération dont je jouis ici ne peut vous être bonne à rien et j'aurois voulu vous être bon à quelque chose et vous faire rendre justice.

Vous vous êtes aliéné M. Deviefville , qui , a son retour de «rassemblée nationale , auroil pu vous soutenir par son crédit et entre nous par son parti, au lieu que je crois entrevoir qu^il y a deux partis à Guise et que vous n'êtes d'aucun. Vous croyez peift-êfre que ma devise est amkuc et edax. Point du tout. Ce n'est point h fiiim qui m'a donné cette hardîtisse. Vous pouvez vous souvenir que j'ai toujours eu les principes que je viens de professer; à ces principes , s*cst joint le plaisir de me mettre à ma place, de montrer ma force à ceux qui m'avaient méprit, de me venger de la fortune qui m*a toujours poursuivi, en replaçant à mon niveau ceux qu'elle avoit élevés au dessus de moi. Ma devise est celle des honnêtes gens: Cœsar vi prioreniy la devise des aristocrates est celle de Pompée :Pompeiusvi parem, V égalité et point de supérieur comme César.

Lettre de Camille Desmoulins à son père dans laquelle il lui parle

de ses rapports avee Mirabeau^

.22 septen&re 1789.

Mon très cher fére ,

M. de Mirabeau, chez lequel je dinai hier à Versailles, m apprit que «le parlement de Toulouse venait de brûler ma Francelibre. J^attendsle réquisitoire, que je suis curieux de lire. Cela me vaudra uue édition de plus, s'il n'y a pas eu de contrefaçon dan» ce pays-là»

Mon discours de la Lanterne s'est vendu, et Tédition est à peu près épuisée. Cest la seule brochure qui se soit vendue ces jours-ci^ mais on est si las de toutes ces feuilles , que je crain» d'en (aire tirer une seconde éditnMi. La demi-feuille, que je vous ai envoyée par la poste, en faveur du marquis de Saint-Hurugue , a fait beaucoup d'honneur à mes principes, et j'en ai reçu des complimens de tous côtés. Ce succès de mes brochures de l'année, si différent de celui qu'elles ont à Guise, me détermine à fixer mon domicile à Paris. J ai pris un logement en face de l'hôtel de Nivernois, où je vais entrera la St.- Remy. Comme la dépense a absorbé bien au-deli du produit de mon dernier ouvrage, j'ai pensé que vous ne rcfu-

serez pas de m'atder de ciiHi à sis loais, et prendrez en considéntkm les firipoBoencsqse/ai vées de mes libraires. Je tous prie de ne pss i ser, si cela est possible.

Je vous envoie le nomëro 9 des Réi^lutûms de Paris, à cause de la menlion qu*il (ail, pa((e la, des serncesque j'ai rendus à la patrie. Tai pris le parti de ne plus faire que des ouvrages soignés , et de retrancher sor nu dépense au profit de ma répalation. M. de Mirabeaa m'a oflfert de travailler à son journal. Théûte, et j^attends vos conseils.

 Tinstant m^urrive une lettre de Mirabeau qui me mande sur-le-champ à Versailles. La Chronique de Paris a fait hier le plus grand éloge de moi , à cause de ma réclamation pour M. de Saiot-Hurugue. Adieu.

Votre fils,

Desmoulius.

Lettre de GaintUe à son père sur ses oavcages littéraires, ses rap-' ports avec Mirabeau chez lequel il travaille à lui préparer des mottonsv

29 septembre 1788.

Mon très dber père,

M. Gellia dû vous faire passer, il y a quelques jours , deux France libre, une Lanterne^ une trentaine de Réclamât ions en faiseur du marquis de Saint^ffurugue, et le numéro 9 des Réi^olutions de Paris* Est-ce que vous ne les auriez pas reçus ? Je n'ai pas reçu, de lettre de vous depuis huit jours» Vous pouvez toujours m'écrire à Thôtel de Pologne, J'attends aussi votre réponse pour Farticle des six louis que je vous demande pour ne pas manquer de parole à mon tapissier. Je vous écris ceci à Paris> où je viens d'arriver à Thôtel de Pologne, pied-à-terre que j'ai f\ gardé. Depuis huit jours , je suis à Versailles chez Mirabeau. Nous sommes devenus de grands amis ; au moins , m'appelle-t-il son cher ami. Â chaque instant il me prend les mains, il me donne des coups de poing; il va ensuite à l'assemblée , reprend sa dignité en entrant dans le vestibule, et Ëtitdes merveilles; après quoi, il revient diner avec une excellente compagnie, et parfois sa maîtresse, et nous buvons d'excellens vins. Je sens que sa table trop

délicate et trop chargée me corrompt. Ses vins de Bor-

à|»âeBth

cjuelqn'ini viVj

bre de dépidés des

curiosité qui flatte

pèche pas de ii*élie

momest, je traawt la vie

ment d'après je b Uomwt

dix fobdansimjovr. Ta

lippique dans la léir, u

seconde édition de aa jPj

ce soir. Adien. Pàrtes-nnis bies, et

mal de votre fik ,

Lettre de Gatnille à son père sar le retour du roi à Paris après les jpuriiées.des ^ et octobre et sa demande réitérée de quelques louis pour Faider à acheter des meubles. ^

8 octobre I78d.

Mon cher père,

J^ai passé deux semaines charmantes chez Mirabeau \ mais voyant que je ne lui étois hou à rien , je lui ai dit adieu, et sub revenu à Paris. Nous nous sommes quittés pour nous reprendre et bons amis \ il m'a invité à venir passer huit jours avec lui toutes les fois que cela me feroit plaisir. Pendant mon séjour à Versailles , il m'a chai'gé de faire un mémoire pour la ville de Belesme contre son subdélégué et Tintendant d'Âlençon ; je Tai fait.

Je vous f^is passer deux journaux entr autres où Ton m'a beaucoup lou& Ces éloges ne me sont, parvenus que bien tard. Tous ou presque tous m'ont donné un coup d'encensoir, mais je n'en suis pas plus riche pour cela. L'autre jour M. de Montmorency , M. de Castellane , M. labbé Syeyes^ Target, me disoient les choses les plus agréables sur ma Lanterne. Celle célébrité ajoute encore à ma honte naturelle d exposer mes besoins. Je n'ose même les découvrir à M. de Mirabeau. En vérité, vous êtes à

mon ég^d d'imeinjuslice exUrcMe^

gré mes ennemis et mes calomBmtevs, jaî

à ma place parmi les écritains, lespatriotei et les

à caractère. Grâce au ciel, je suis content 4e nn

rëputati<Mi , jen en ambitionne pasda^inlage. Ucrt

de moi bien peu de personnes à qui je poîse porter e

mais cela n'empêche pas que je n'aie letiié que m%

de ma Lanterne qui en a rapporté 4o à 5o an lîbniic ;

que je n'aie retiré que 3o louis de ma Framee liifeqnîn

rapporté mille écus au librairei Le bruit qu'ont bit

ouvrages m'a attiré sur le corps tous mes créancien

ne m'ont rien laissé parce que je n'ai pas voulu tronbler

de leurs clameurs la jouissance nouvdle de ma renommée éphémère. Me voilà donc presque sans créanciers , mais aussi sans argent. Je vous en supplie » puisque voila k moment de toucher vos rentes, puisque le prix du bled se soutient^ envoyez-moi six louis. Voilà le roi et Tassem* blée nationale à demeure ici , je veux demeurer à Paris , j'abandonne mon ingrat et injuste pays.^ Je veux profile? de ce moment de réputation pour me mettre dans met meubles, pour m'immatriculer dans un district; aure»vous la cruauté de me reftiser un Ul, une paire de drapa? suis-je sans avoir , sans lamille? est-il vrai qoe je n'as ai père ni mère? mais, direr-irous, il Uloit employer à «pair des meubles ces 3o ou 4o kmm. le voua répondrai : il Talloit vivre ; il falloil payer des dettes qiir vous m'vvf?

forcé de contracter depuis 6 ans \ car depuis 6 ans jte n*ai pas eu le nécessaire. IKtes vrai, m'avez-vous jamais ackété des meubles ? m^avez-vous jamais mis en état de n'avoir point à payer le loyer exhorbitant des chambres garnies ? O la mauvaise politique que la vôtre de m'a voir envoyé deux louis à deux louis ^ avec lesquels je n*ai jamais pu trouver le secret d'avoir des meubles et un domicile. Et quand je pense que ma fortune a tenu à mon domicile ; qu'avec un domicile j'aurois été président , commandant de district, représentant de la commune de Paris; au lieu que je ne suis qu'un écrivain distingué : témoignage vivant qu'avec des vertus , des talens , Tamour dû travail , un caractère etde grands services rendus^ on peûtn'arriveF à rien. Mais, chose étonnante! voilà dix ans que je me plains en ces termes, et il m'a* été plus facile de faire une révolution, 'de bouleverser la France, qued'obtefoirdemon père, une fob pour toutes, une cinquantaine de louis, et^ qu'il donnât les mains à me commencer un établissement. Quel homme vous êtes l avec tout votre esprit et lotîtes vos vertus , vous n'avez pas même su me connoltre. Vous m'avez éternellement calomnié ; vous m'avez lippelé éternelkment un prodigue, un dissipateur^ et je n'étoîs rien moins que tout cela. Toute ma vie, je n'ai soupiré qu'ar près» un domicile , après un établissement, et après avoir avoir quitté Guise et la maison paternelle , vous n'avez pas voulu qu'à Paris j'eusse un autre gite qu'une hôtellerie,

et voilà que j'ai trente ans. Vous m^avez toujours dit que j'avois d'autres frères I oni> mais il y a cette différence que la nature m'avoit donné des ailes et que mes firères ne pouvoieut sentir comme moi la chaine des besoins qui me retenoit à la terre.

Vous avez appris sans doute la grande révolution qui s'est faite. Consummalwn est. Le roi, la reine, le dauphin sont à Paris. 5o,ooo hommes, 10,000 femmes, ont été ks chercher avec aa jMèces de canon. y aeu 7 gardesdu-corps tués , 6 gardes nationaui, une femme et 6 bour^ geois. A l'arrivée de la famille royale, j'ai cru voir sh^ fiimilles dp Perses derrière le char de Paul Emile. Le roi et la reine dévoient fondre en larmes. Us ne sont entrés que la nuit. On crioit : « Nous amenons le boulanger j la » boulangère et h petit mitron. » Hier, aux Tuileries^ la reine s'est montrée à la fenêtre; elle a causé avec les poissardes, elle en a invité à diner f il s'est tenu à la croisée des espèces de conférences entre les dames de la cour et les dames de la halle. La reine a demandé grâce pour le comte d'Artois et le prince de Condé. Les dames de la halle ont accordé la grâce, scène infiniment ridicule. Au* jourd'hui elles sont allées chercher rassemblée iiiationale qui vient aussi à Paris. Adieu , car il faut que je fasse mille courses.

Aidez-moi donc dans ces circonstances et envoyez-moi un Ut , si vous ne pouvez m'en acheter un ici. Est-ce que

vous pouvez me refuser un Ut ? Je vous ai dit que je ne voulois plus entendre parler de Guise. Votre nullité dans ce pays et à plus forte raison la mienne m'en ont détaché. Faites donc quelque chose pour moi , pour votre fils aine.

Desmovums«

L'heure de la poste étoit passée , j'ai rouvert ma lettre pour insister encore surmesbesoins.Tout ce que j'apprends de Guise par les lettres du cousin Deviefville me confirme dans la pensée de renoncer à ce pays, les- antipodes de k philosophie , du patriotnme et de T^lité. J'ai à Paris une réputation , oh me consulte sur les grandes affaires ; on m'invite à diner ^ il n'y a aucun faiseur de brochures dont le» feuilles se vendent mieux : il ne me manque qu'un domicile ; je vous en supplie , aidei^moi ^ envoyez^BKM 6 buis ou bien un lit«

Lettre de Camille à son père rebl

tioBfdeFnoœctJe

Mon dier père.

Je vousai iaitpa«er le n* t^'de non j o iml, me Xwma^ TOUS point reçu ? Je voitt firie de m'en accMer h vfieeplion. Je vous envoie deux prospeetuf. Si fiure le peat^ car nul n'est prophète en son ptfiy eBfOf(»-flMi des souscriptions. Bfe Toila joamaUila et détcnnié a amplement de la liberté de la presse. On a trosté premier a"* parlait; maïs soutiendrat-je oelon? J*ailaal d'occupations que je vous écris ceei a deux Imhrs après minuit. Je vous embiasie. Boa sair.

Votre fiky

Je vous souhaite la bonne fête et un joyeux Sûnt'Ni» oôtas. Deviniez-vous que je seniis un Romain qiuind roua me baptisiez Lucius, Sulpicius^ CamiUus ? et propbétisiez-vous ?

Lettre de Mangourit * à Camille. Il lai oiYre ses services comme col bborateur dans son journal des Révolutions de France et de Brahant,

Paris, passage des Petits-Pères, hôtel des Etats-Généraux,

au quatrième^ N. 4.

13 décembi^ i789« Monsieur,

Ayant appris par M* de Pussy , rédacteur ^du Courrier National^ que tous cherchiez un collaborateur , je passai chez vous vendredi dernier^ et vous me fîtes Fhonneur de me dire tpie sous quinze jours vous vous décideriez. Vous trouverez ci-joint quelques notices qui vous permettront de juger mes offres. Vous avez concouru à h révolution ; j^ai écrit moi-même en juillet 1788 le Tribun du Peuple j le premier ouvrage qui Tait excitée ; c'est le premier coup de tambour«

Votre Lanterne^ pour avoir été brûlée par le parlement» n^en éclaire que davantage • Mes Gracques ont été bhUës, rissolés par le parlement de Bretagne. Je suis le père des journalistes libres, et si je n^avois pas été indignement ran-

* £& 1796 agent diplomatique du directoire exécutif près de la petite république du Valais. ,

TovélB

T<ilre

éthm

et très

mettre de Camille 2 «m père rriathc a

JePrmÊceeide

Mon cher père,

Recevez mes souhaits de hoone année, Tous^machm nère , mes frères et sœurs. La fortune s'est lassée de

poursuivre. Jugez du succès de mon journal* Tai dans la seule ville de Marseille loo abonnés et dans celle dé Dunkerque i4o. Si j'avois prévu cette ai&uence d'abon*nés, je n'aurois pas conclu avec mon libraire le marché de deux mille écus par an-, il est vrai qu'il m'en promet , quatre mille quand je serai arrivé à 3ooo souscripteurs (tant ceslibraireà sont juifs)! Au reste ce n'est pas Targént I que j'ai en vue dans celte entreprise, mais la défense des .principes. Quelles lettres, quelles vérités flatteuses je reçois! On m'avoit dit que la reine a voit chargé M. de Gouvion , major-général, de demander ma détention. Ce bruit est venu aux oreilles de M. de Gouvion qui m*écrît pour me témoigner bien d'autres sentimens. Sur un mot de mon n° 5 , M. de Lafayette vient de me prier de lui écrire, si je n'ai pas le temps de passer chez lui pour m'expliquer avec lui sur les griefs que je lui reproche. L'un m'appelle le meilleur écrivain ^ l'autre le plus tSlé défenseur de la liberté ; mais il est facile d'être modeste , lorsqu'on ne vous déprécie pas. Je suis devenu assez indifférent à ces éloges, et autant je paroissois vain lorsqu^on se plaisoit à m'humilier, autant je rabats aujourd'hui des choses flatteuses qu'on m'adresse. Ce qui me touche bien plus, ou plutôt la seule chose qui me touche, c'est l'amitié des patriotes et les embrassemens des républicains qui viennent me voir et quelques-uns de fort loin. Adieu.

Je vous embrasse miHe fbb. Peul-«lrc dans pf« pownô» je TOUS demander mon fipère.

Votre fils 9

Lettre do dép«lé RnMi * à

SJwncrflW.

MoDsîear,

Votre prospectus des révolutions de France et de Bnbant nous ayant été distribué , je me suis ressouvenu de vous avoir vu , entendu et lu avec le plus grand intérêt dans le temps que j'élcns membre du comité des recherehes, et aussitôt je me suis Eût inscrire au nombre de v^>s abonnés. En parcourant le n* 5 , j^ai remarqué qu'une exclamation de ma part sur les. juifs vous avait paru extraordinaire. Je n^en ai pas moins suca>mbé à la tentation de vous expliquer le sens de mon opposition à l'admission des juifs aux droits de citoyens françois. Je

' Conveotionnel.

(lôule fort que dans toute rassemblée il y ait quelqu'un de plus tolérant que moi. Le culte sans doute tie peut être un motif d'être exclu ^ mais sHl est lié à des principes civils et politiques , incompatibles avec les principes de la société à laquelle tous voulez être admis, cela commence k devenir problématique. Voudriez-vous vous donner la peine , monsieur, de lire Padrésse des juifs de Metz, des trois évêchés d'Alsace et de Lorraine du 3i août dernier, ci-jointe, et méditer sur la quatrième partie de leurs conclusions portant : « Nous serons maintenus dans le libre » exercice de nos lois , rits et usages , et nous coïiser- » verons nos synagogues, nos rabbins et nos syndics de la » même manière que le tout existe aujourd'hui. » Que pensez - vous d'individus qui veulent devenir François et cependant exister en corps de nation ; qui veulent participer à tous les emplois civils , militaires et administratifs françois , et cependant conserver des administrateurs juifs j des juges juifs ^ des notaires juifs , le tout exclusivement 5 qui veulent avoir d'autres lois sur les successions , sur les mariages , sur les tutelles , sur la majori^ té, etc., que les citoyens françois leurs voisins; qui veulent conserver des boucheries, boulangeries, cabarets séparés, et continuer à maintenir pour principes qu'ils ne pourront ni boire, ni manger, ni se marier avec des François! Vous voyez que ce n'est pas moi qui exclus les juifs; ils s'excluent eux-mêmes. Votre bon esprit vous fera aperce-

voir abéfnenl qiTîl y

dire , lorsque k f | TBfM i es lear MâmasJimà^ Quand ie juii^ en sarUot et sk ^fUMpÊçat . fouat dn*. Je rentre dans la fenk et je «>û is» XÉent^ iuk fÀ« iMiitr* civiles et politiqQes que im:s vakîn§ . nàoB onHHK^ aiar^ . mais jusqnes là il sera aa bmbs pssK dc^ «s^paub» son jugement sur k ptmMSfkt et hmr ni^mliiiiriir . €f s TOUS aviez eu k satiArtkm JlnJéHr six mois parmi ces

une idée un peu moins vague. Que mt pœ-jc, vous en imposer k pénitence ! votre de quelques heures de séjour vous porteroit â rovp «■ à employer tous vos talens en lavenr de netie cksse nooi breuse, laborieuse et brave de mes infortunés compatriotes opprimés et pressurés de k manière k plos atroce par la horde cruelle de ces Africains entassés dans mon pays. Si vous désiriez d ailleurs avoir une idée de mes principes , je vous joins de quoi vous satUfairc. Que vous Usiez ou non les manuscrits, je vous prie de me les renvoyer avec l'adresse imprimée des juifs , qui me sera peut-être encore nécessaire.

J'ai Thonneur d'être avec la plus parfaite considération, monsieur, votre très humble et très obéissant serviteur ,

RfiCBELL^ député.

Lettre de Manuel ' à Camille.

i2 janvier 1790.

Monsieur ,

Je n*aî point Thonneur de vous connoitre, mais

j*en ai bien le désir ^ car je vous lis. Votre journal

est un de ceux dont rassemblée nationale a besoin. Ce

sont les hommes de lettres , quand ils ont votre courage

et vos principes, qui font les révolutions. Il ne faut rien

moins que mon dévouement à la chose publique qui

prend mes jours et mes nuits pour ne vous avoir pas

encore remercié d'un abonnement que je ne vous paie

que par mes vœux et ma reconnoissance. Si vous pouviez

me procurer Toccasion de vous servir , il me seroît doux

de m'acquitter.

Il ne me manque que votre plume et du temps pour me rendre aux lettres.

J'ai Thonneur d'être avec une estime franche et un vrai attachement , monsieur , votre très humble et très obéissant serviteur ,

Màhubl , administrateur.

* Dans la saite procareur de la commune de Paris et député à la convention. (Note de Féditear.)

Lettre de M. McHiiile Dmu à CMiUe.

TT i^viec mu

Permettez, ffloosieiir, à u 4c!s plii» «in picmtM dft édamer dans TOire très p a lrim kpg et tr» ffB?gilgnt ouraal deux petits ffac», Taw pnr ik£ «marie mt iras jugerei à popes àt tin ée i»

ointe qui m'est winmà ;onnois patTëcrtfare^ nés sentiiBeas ifm W9m§ €f mmz^ t lonce qui m'est esvovée ^ Ufe par XL Ihl. Wfwsm^ <r ]pileiiralmti<WMiitri;fef«lrigmMii»4<mi^qiH» «iM^a^ irirons de cette Tile.

Je profite a^ec gnml phinr Jn- oribt:<waMi} «wc -m inspices de M. CmÊbm mÉR* ami <t k mm fMfir Mm affirir le tribot que je éw amldltmè^i «■ dëpbyés dans tos osfnçefu

Monsieiir, Votre très humble et trt»

Député de Douai à liu$€mUée maii/mmU^

P. S. Je crois deroir vous &ire oUentr q« i3 laudf W. promptement déjouer Tarifloemlie faIgtfiM .

Lettre de Cochet * à Camille.

12 février 1790.

Monsieur,

Monsieur Mortier du Cateau , fiU de notre député à l'assemblée nationale , ma fait espérer que vous accueilleriez ma missive , si j^osois prendre sur moi de vous écrire directement* Persuadé qu'il ne m'a pas trompé y je hasarde donc de vous écrire tant en son nom qu'en celui de tous les bons cilayens de ce pays.

De crainte de vous ennuyer dès Fabord, je passe droit au fait. Daignez lire la requête ci-jointe , puis en doaner quelqu'extraii au public.

Notre bon patriote que Ton persécute a le premier levé la tête parmi nous , il a le premier excité le peuple à former une garde nationale à Finstar de celle de Paris, il a parlé hardiment et sans détour; il n a pas déguisé ses sentimens pour la liberté, et tout d'un coup il s'est trouvé criminel sans avoir rien à se reprocher, et malgré l'estime de tous les bons citoyens. Ne voilà-t-il pas un petit miracle digne de la calotte! Réflexions de votre part, s'il vous plaît.

* Plus tard membre de la convention. (J\ote de l'édibeur. )

Autre objet à vos réfiexioiiâ : ce YiUsge ( quatre mille âmes et plos) toajoiirs lêta k naire, se hâte de nomma* des o K cin des notables. Dès le lendemain le conseil géaml s'i ble; on délibère qn^il faut raller à b propriétés publiques; on se tnasporte sur un bois de cinq cents trpnis MaAé k fs f d g i é J bé de Cambrai, onk tnmte dans le phs pitofiUp cun arbre de force, sauf ao chênes, h |ihqnrt fort peu de futaie ; point d'espérance d'y fiûi« le d'ici à long-temps ; une infinité de délits. Ordre aux gMdes de Monseigneur de se retirer, d'antres ▼ lootcCa* bKs , envoi du tout à rassemblée nationale et entr'autres de copie de la lettre ci-jointe ; et les aristocrates de gémir, de crier au feu, au voleur, à Tassassin, d'en appeler au jugement dernier, etc. . .

Maintenant, citoyen excellent, Je plus formidable anta« goniste de Taristocratie , daignez dire un mot de vos voisins , Spartiates par le courage. C'est tout ce c|ue nous demanderons^ et en revanche nous vous décernerons nne couronne mêlée de lauriers et de gazon*

J^ai f honneur df élre avce b pins sincère admitaiion,

Monsieur,

Votre très humble et très obéissant servileiir, Catillen en GambreHi, Hlènm tTtUf.

Lettre de Guffroy (plus tard conventionnel), à Camille.

J ai fait insérer , à la prière de MM. Desartel et Chellier, patriotes zélés, la partie de l'adresse de cette ville dans laquelle les officiers municipaux et la garde nationale proposent le projet de la confédération générale de toi|.tes les gardes nationales du royaume. J'y ai joint le déc»«t

de rassemblée nationale. -

£h bien ! qu'ayez-vous prétendu par là , me direz^ vous ? Faire rendre justice aux municipaux et gardes nationaux d'Arras qui les premiers, !oui^ mon cher Camille, les premiers ont présenté à l'assemblée nationale le projet de cette confédération qui eût été bien intéressante pour le patriotisme , s'il n'y avoit eu que des gardes nationales réunies vplontairement avec les régimens patriotes aussi venus et réunis ultro.

La ville de Paris s'est emparée de l'honneur de la proposition de réunir toutes les gardes nationales ; mais , sachez-le bien , nos habitans d'Arras avoient fait les premiers, je le répète, la proposition de cette superbe confédération qui auroit été vraiment républicaine , si le cornet à bouquin ministériel n'étoit venu corner pour ralUer avec les patriotes tous les vieux masques aristocratiques *, est-ce donc à coup de lettres minbtéricUes et d'administra-

tkm royile for nM C; franoois et digae de chose pofaliqiie?

Lettre de Siiol-Just à CamiUe Desmoulins.

(Nom re^)ectons l'orthographe de SMot-Jatt.)

Monsieur ,

Si vous étiez moîiis oqcuppè j'entrevois dans quel* ques détails sur lassemblée de Chauni oà se sont Uoaré des hommes de touiies trempes et de tout calibre. Malgré ma minorité j'ai été reçu» Le sieur Gellî, rotie cath frère au baillage de Vennandois, a^afoil dénouées Om la chassé par les épaules. Nous aTona tu là toa campai triottes MM. Saulce , Violette et aottet àtM j'ai vafu beaucoup de politesses. Il esl inutile de tmm émt (tm vous n aimez pas la sotte loaaa($e) qae tienne fÊjt étu^ norgueillit de toim.

Vous avez su avant inoi qoe k àiftnum^ifâ Mm définitivement à Laon. Eat'Ce on l«e»« ^sMi^ im ma pour l'une ou Taatre viHe? 11 im nmJklk if»( #a 0ém

qu'un point d'honneur entre les deux villes et les points d'honneur sont très peu de chose presqu'en tout genre.

Je suis monté à la tribune, j'ai travaillé dans le dessein de porter le jour dans la question du chef-lieu, mais je ne suivi rien, je suis parti chargé de complimcns comme râne de reliques ayant cepandant cette confiance qu'à la prochaine législature je pourrai être des vôtres à l'o^semblé nationale.

Vous m'aviez promis de m'écrire, mais je prévois bieft que vous n'en aurez pas eu le loisir. Je suis libre à l'heure qu'il est. Retournerai-je auprès de vous ou resterai-je parmi les sots aristocraties de ce pays ci. '

Les paysans de mou canton étaient venu alors de mon retour de Chauny me chercher à Manicamp. Le comte de Lauraguais fut fort étonné de cette cérémonie rusti-patriotique. Je les conduisis tous chez lui pour le visiter. On nous dit qu'il est au chainps et moi cependant je fis comme Tarquin javais une baguette avec laquelle je coupai la tête a une fougère qui se trouva près de moi sous les fenêtres du château et sans mot dire nous fîmes volte fiice.

Adieu^ mon cher Desmoulins. Si vous avez besoin de ; moi écrivez moi. Vos derniers numéros sont pleins d'excellentes choses. AppoUon et Minerve ne vous ont point encore abandonné ne vous en déplaise. Si vous avez quelque chose à faire dire à vos gens de Guise, je les re-

verrai dans 8 jours à Laon où j'irai faire on tour pour afFaircs particulières.

Adieu encore, gloire, paix et rage patriotique,

SAurr-Jiisr.

Je vous lirai ce soir car je ne vous parle de vos derniers numéros que par oui dire.

Lettre Je Camille à son père.

lé mm I7W.

Mon très cher père ,

Je vois bien qu'il vous est plus Ikciie de vous passer de mes nouvelles que moi des vôtres. Mes occupations devaient élre auprès de vous Vexcusc de mon silence et je ne m'attendais pas que vous me pimiriez en ne m'écrivant plus, parce que je vous ai écrit par la voie de mon journal '. Je succombe à la fatigue et aux chagrins ; je n'enrichis que mon libraire. Rapprends qu'on me contrefait

* Voyez cette kttre dans le N. 7 des Révolutions de France et de Brabant; eue est du plus haut mtérét.

dans le Languedoc et la Provence et je sens que de plus en plus mon entreprise est au-dessus de mes forces. Lorsque j*ai sacrifié depuis six mois tout mon argent à payer des dettes, à me donner un domicile, des meubles et des effets pour plus de cent louis , de grâce apprenez-moi du moins que vous n^étes pas de mes ennemis, et joignezvous à ceux qui m'encouragent. J'ai reçu quelques lettres infiniment honorables des Linguet , des Lameth , des d'Aiguilbn et de ce qu'il y a de plus illustre dans rassemblée nationale. Je ne vous demande point des nouvelles de Guise; mais donnez-m'en de vous. Il y a bien des momens , où, malgré les complimens d'une foule de gens qui me disent que j'ai les flèches d'Hercule, je me trouve aussi malheureux, aussi abandonné que Philoctète dans Tile de Lomnos. Mon libraire m'assure qu'il vous fait passer et k mon frère mes numéros. Je vous embrasse mille fois*

DfiSMOuLnfS.

Réponso de M. DesmouUns père à la lettre de Camille en*date dn

«mars 1790.

18 mars 1790.

Non , mon fils^ je ne suis point et ne puis jamais être

de vos ennemis -, vous n'avez pu avoir ce soupçon que dans le délire de Fimaguiation ou du désespoir. Je suis et serai toujours votre ami et votre meilleur ami. Votre mère est de moitié dans ce sentiment , car il y a bien quinze jours qu'elle et ma conscience me soUîciCent de vous écrire , sans en trouver le moment à cause de mes maux et des embarras nombreux qui suivent Hia pénible gestion.

Taime à vous voir plus touché de la correspondanœel de la cordialité de Dubucqooi,quede tant de témoignages honorables, qui sont pourtant bien faits pour vous encourager dans la poursuite de votre grande œuvre. S*il ne manque à votre satisfaction que mon brai^o, recevez -le; il y a long-temps que je vous Vai donné tout bis , comme il convient à un père.

Tant qu'il vous restera un père , une mère , des frères et des sœurs, votre comparaison clochera avec ce Philootète , que j'ai lieu de craindre de devenir plus que vous , si on ne me laisse que mes douleurs et mes malheurs.

Mon lie commence à devenir bien déserte pour moi; ou ce qui est pire , elle ne me parott plus pleuplée que de singes , de tigres , de serpens et d'oiseaux voraces, qui infestent nos marais de TOise.

Votre père, Desmouluts.

Lettre de Paré * à Camille Desmonlins.

MoDsieur

Je vous prie de me faire le plaisir de me donner votre avis sur la question suivante : un citoyen actif, dans les liens d'un décret d'ajournement, peut-il valablement être élu président d'une assemblée élémentaire ? je suppose le décret notifié.

Je suis d'avis de l'affirmative^ et voici sur quoi je me fonde : pour être habile à posséder toutes les places que donne la confiance publique, il suffit d'être citoyen actif, il suffit de remplir les conditions prescrites par la constitution. La qualité de citoyen est indépendante de toutes les lois et de toutes les volontés*, c'est un avantage attaché et inhérent à l'individu qui nait dans le sein de la société; son existence est son titre ; tant qu'il conserve son existence civile et naturelle , il doit jouir du droit de citoyen, et si la confiance se déclare en sa faveur , il peut être porté à toutes les places. Un décret de prise de corps ne prive point celui qui en est atteint de son existence civile, ne lui ôte point par conséquent la qualité de citoyen , et ne peut point le priver des droits attachés à cette qualité; le décret suspendra la confiance publique , mais ne suspendra point l'exercice de ces droits , et s'il arrive que le

! Plus tard miDistre. (Note deTéditeur.)

"dëcret de prise de corps ne diminue en rien la confiance ^ si le citoyen réunit les suffrages , il peut exercer la plénitude de ses droits.

On m'a objecté qu'un officier public, frappé d'un décret d^ajournement ou de prise de corps , étoît suspendu de ses fonctions.

Tai répondu qu'il n'y avoit aucune analogie entre les fonctions attachées à une charge et une inhérente à la qualité de citoyen ^ que dans le premier cas la confiance publique étant forcée par la loi , la loi de voit la suspendre lorsque l'officier public étoit prévenu de crime^ que dans le second cas la confiance publique étant libre , on ne pouvoit ni la détruire ni la suspendre , lorsqu'elle se déclaroit en faveur d'un individu membre de la société , et qui reraplissoit toutes les conditions physiques, pour ainsi dire , imposées par la loi générale de FÉtat.

Je vous prie , monsieur, de m'éclaîrer sur cette question. Mille pardons si je vous distrais de vos grandes oc cupations , mais j'ai cru devoir aller à la source des lu<mières.

fai l'honneur d'être, avec la plus parfaite estime, votre très humble et très obéissant serviteur »

Pire , avocat , rue des 0)rdeliers , passage du Gimmerce*

Lettre de Davoui * à (Camille Desmoulins.

Hesdin, 24 avril 1790.

Monsieur ^

Un jeune oâ&cier, mais quoique cela bon patriote , a l'honneur de vous prévenir d'une chose qui se pratique dans presque tous les régimens de l'armée , qui est attentatoire à la liberté , aux droits de l'homme et aux décrets de l'assemblée nationale. Voici le fait : la plupart des chefs des régimens font main-basse sur les paquets , les lettres, etc. , qui sont adressés au corps des officiers , bas officiers , cavaliers , soldats , etc. Cette vexation est , je crois, autorisée par une loi de l'ancien despotisme des ministres. La chose va plus loin , car toutes les lettres adressées à des officiers, bas officiers, cavaliers, soldats, etc., qui paroissent suspects, sont saisies par les chefs qui les brûlent.

Il n'est pas besoin, monsieur^ je crois , d'exciter votre indignation autrement que par l'exposé pour vous engager à arranger cet article dans Votre journal à votre manière , et à le communiquer , s'il est nécessaire , aux

* Plus tard maréchal de France.

autres journalistes , afin d'exciter l'armée à rédamer contre cette vexation.

J'ai eu rhonneur d'en faire part à M. le comte de Mirabeau, qui prendra sûrement en considération cet article, qui est une des principales causes <iu peu de progrès que les nouveaux'principes ont fait dans Farmée.

J'ai l'honneur d'être , monsieur , votre très humble et très obéissant serviteur ,

Le chevalier Dâvout,

officier au régiment Royal-Champagne. Cavalerie.

Lettre de Manuel ( pins tard conventionnel ), à Camille Dcsmoulhu.

!•' mai 1790.

Je vous dois des visites, des ren\crcimens pour toutes les marques d'estime et d'amitié que vous voulez bien me donner. Personne ne peut mieux m'encourager que vous dans ma carrière publique, où j'ai vraiment bien des peines. Nous en aurions bien plus , si quelques écrivains comme vous ne soutenoient pas le caractère naissant d'un peuple libre.

Peut-être mettriez- vous dans le journal^ très estimable

pfttriole> la lettre d'une femme d^esprit au comte d'Artois, qui paroit avoir eu quelque succès. Elle est de moi : je Tavois faite pour mademoiselle Ârnoux, qui étoit bien capable d'en faire une. C'est à mon insu qu'elle a été imprimée ; car, pour n'être pas reconnu , j'auf ois ôté une phrase qui , écrite ailleurs, me décèle. Quoi qu'il en soit, il n'y a pas de mal qu'on me la prête , mais je m'en rapporte à votre esprit et à votre galanterie pour me la laisser sans la lui ôter. Il y a mille manières de tout dire, et vous les avez toutes. Permettez que je vous embrasse comme si j'a- ' vois le plaisir de vous connoitre autant que je le désirerois.

Tout à vous ,

Manuel.

I^lr« de MkdUnNi à Ctnille.

t MÙ 1790.

Eli bien I pauvre Camille, TOlre Ijèfe esl-elle un peu remiiie ? On vous a boudé et l'on vous pardonne. M. Emmory a obit^nu \u\n> grAco. Ainsi, il est bien décidé que dimanrlio proalmlii, om (ihi tiu bourg Egalité, sur les cinq houiH)i. Aiijuurdliui , It» w^^ik^ e%i impossible. On a un

rendez-vous esseuliel ce soir, U fSuil s*y iroii?er| quoique vousdisiez assez énergiquemeniquecenesifMis là tmage$ adieu , bon fils ^ vous méritez qu'on vous aime , malgré vos fougueux écarts.

MlRABBAU.

Lettre de dora Mîrande k Cannlle Uesmoalins.

SnailTM.

Monsieur ,

Malgré tous les efibrts des vib suppôts du despotisme » la révolution fait tous les jours de nouveaux prosélytes. La classe des citoyens la plus faible , cette partie de la nation qui, jusqu'à ce jour, n'a voit été occupée que de frivolités, se range avec énergie sous Féteiidard de la liberté.

Permettez-moi, monsieur, de vous témoigner lo«t ammi enthousiasme pour vos révolutions. En développant le» sublimes principes de nos repr^ntans, vous lâîles rer et chérir leurs travaux.

Je suis^ avec les sentimens de la plus grande admiration y votre très humble et très obéissant serviteur ^

DomMiRANDE; Bénéd,., de Saint-Maury

aumônier de messieurs les volontaires de la ville de Mauriac, Fun de vos abonnés.

Mauriac (Haute-Auvergoe},, B mai i78&.

Lettre de M. de Robespierre à Camille Desmoulins.

Paris, 7 iuia 1790.

Monsieur,

J'ai lu dans votre dernier numéro des Réy^olutions de France etdeBrabant^ où vous parlez du décret porté le 22 mai sur le droit de paix et de guerre , le passage suivant :

« Le samedi 22 mai le petit dauphin applaudissoit un » décret Mirabeau avec un bon sens fort au-dessus de » son âge. Le peuple applaudissoit aussi de son côté. Il » reconduisit en triomphe Barnave , Péthion , Lametb , » d'Aiguillon , Duport , et tous les jacobins illustres \ il

» s*imaginoit avoir remporté une grande Tidoire, et ces » députés avoient la foiblesse de FeDlretciiir dans vne cr> » reur dont ils jouissoient. Robespierre fut plus firaoc ; » il dit à la multitude qui Fentouroit et Tétourdissoit de M ses battemens : — Eh ! messieurs , de quoi tous féli- » citez-vous ? le décret est détestable , du dernier détes- » table ; laissons ce marmot battre des mains à sa fenêtre > » il sait mieux que nous ce qu'il fait. »

Je dois , monsieur , relever l'erreur où vous avez élé induit sur le fait qui me concerne dans ce passage.

J'ai dit à l'assemblée nationale mon opinion sur les principes et sur les conséquences du décret qui règle Texercice du droit de paix et de guerre; mais je me suis borné là. Je n'ai point tenu dans le jardin des Tuileries le propos que vous citez ; je n'ai pas même parlé à la foule des citoyens qui se sont assemblés sur mon passage , au moment où je le traversois. Je crois devoir désavouer ce fiait : i"* parce qu'il n'est pas vrai; 2"* parce que, quelque disposé que je sois à déployer toujours dans l'assemblée nationale le caractère de franchise qui doit distinguer les représentans de la nation , je n'ignore pas qu'ailleurs il est une certaine réserve qui leur convient. Tetpère, monsieur , que vous voudrez bien rendre ma déclaration publique par la voie de votre journal , d'autant plus que votre zèle magnanime pour la cause de la liberté vont fera une loi de ne pas laissiT aux mauvais citoyens le plui lé»

ger prétexte de caiomnier l'énergie des défenseur» du peuple»

m: Robespierre. ^

Lettre de Fréron, Vauleur de X Orateur du peuple^ à CamiUev

23 juin 179a.

Je te prie en grâce , mon cher Camille , d'insérer dans^ ton premier numérota lettre ci-jointe, qui n*a encore paru que dans le journal de M. Corsas^ sa publicité est d'autant plus intéressante pour moi que je yiens,m'assure-t-on> d'être dénoncé à la commune comme un des auteurs de XAîni du roi. C'est une horreur que je dois repousserayec toute l'énergie dont je suis capable. Si tu ne peux l'insérer en entier, en petit-romain , à la fin de ta première feuille ^ faiE-la au moins connoitre par extrait ; tu me rendras un véritable service. Il y a mille ans que je ne t'ai vu 5 j'ai eu pendant plus de quinze jours une fièvre de cheval qui m'a

' Celte lettre prouve qu au mois de juin 1790, Robespierre ne sigaait point encore comme plus tard Robespierre, mais de Robespierre, ( Note de Téditeur. )

m-^ T3 ^^ empêché de retourner rue Saint- André^ mais j'irûstmedi prochain »

Ch. de La Poype est passé chez toi avec une lettre de M. Brissot de WarviUe , mais tt n'a pu pénétrer. Cétoit pour te parler d^une affaire que tu sais sans doute ^. Si les ^ les journalistes patriotes ne se liguent pas, adieu la liberté j de la presse.

Mille bonjours, mon cher Camille.

Je suis très démocratiquement ton ami,

Stài?isjlas FRÉaozf .

Lettre de M">«. de Genlis à Camille Desmoaliop.

il juillet 1790.

Recevez, monsieur, tous mes remercîmens et mes excuses de vous, avoir causé tant d'embarras et d*importunités ; et permettez-moi de vous demander avec confiance une chose qui n'est point inspirée par l'amourpropre , mais à laquelle j'ai le plus tendre et le plus sensible intérêt de cœur : c'est de plaider vivement par votre

* Il s agissoit d'établir alors an club de la libe.té de la presse.

(Noie de Téditeur.)

éloquence et voire excellente logique ma motion relative à Tadoptiou, avec cette condition que Ton puisse avec d'autres enfans adopter une fille de plus. Si cette loi passe ainsi, je donnerai le premier exemple de bonheur qu'elle puisse procurer. Je vous conjure de faire par vos écrits et vos amis tout ce que vous pourrez pour faire passer cette loi. Un autre à votre place me demanderoit quel droit peutavoirune personne qui vous est inconnue d'attendre de vous un tel zèle \ mais ce zèle contribuera au bonheur de deux personnes et sans doute de beaucoup d'autres. Il ne vous coûtera rien , et si vos écrits peignent voire manière de penser , ils justifient la confiance que je vous témoigne. Vous voyez , monsieur , avec quelle franchise je vous parle 5 j'espère que le motif m'excusera auprès d'une âme telle que la vôtre , et je vous jure d'avoir une fidèle amitié et une éternelle reconnoissance , si vous me servez dans un intérêt si cher et si touchant avec tout le zèle et l'activité dont vous êtes capable.

Je suis, monsieur , votre très humble et très obéissante servante ,

DUCRET BllULABD.

Saint-Leu, ce il juillet 1790.

Lettre de à Camille Desmoalint.

5 août 1790.

Si M. Desmoutins parloit dans ses feuilles de Farenlure d'hier soir * , je le prie de ne me nommer ni désigner en rien , en supposant qa*il sache mon nom et ma qualité. J'ai les plus fortes raisons pour lui faire cette prière , et j'espère qu'il voudra bien y avoir égard.

Au fait , il s'en est peu fallu que je ne fusse arrêté à la place de M. Desmoulins. Tétois dans les tribunes lors du premier soulèvement contre lui, et comme Texclamation a paru ne guère partir que du côté droit, je regardai au dehors , et voyant quelques gardes qui précipitoient déjà leurs pas vers le lieu ou étoit M. Desmoulins , je leur criai d'une voix assez f-rle : N'arrêtez pas! n*arrétez pas ! il n'y a pas de décret. Le commandant et beaucoup d'autres gardes survinrent bientôt. N'ayant plus trouvé M. Desmoulins qui venoit de filer sous mes yeux , ils revinrent à moi me demander pourquoij'avois crié ainsi , et si j'étois de l'assemblée nationale ? Je leur répondis que non , mais que comme citoyen j'avois cru pouvoir faire observer qu il ne falloit pas arrêter avant que rassemblée en corps ne l'eût ordonné. Alors il leur vint dans la tête que je pou-

* Cette lettre est relative à ce qui s'est passé dans la séance du 2 août 1790 à rassemblée nationale.

vois être M. Desmoulins. On fit descendre , pour me reconnoitre, la sentinelle du haut, ensuite les cent-^uisses, puis celai-ci, puiscelni-Ià. On alla au président. Les huissiers vinrent ; on retourna au président , d^où l'on revint avec Tordre par écrit • et le commandant courat longtemps de droite et de gauche avant de savoir ce qu^il falloit Êdre de moi. Enfin , ce ne fut qu'au bout d^environ un quart d'heure qu'on me déclara que j'étois libre , et Ton y avoit quelque regret à ce qu'il parut. Cependant les commandans et sous-commandans me dirent avec unie certaine loyauté qu'il n'y avoit rien à reprendre dans ma conduite; que j'étois un citoyen qui avoit cru pouvoir annoncer son opinion, qu'il ne (alloit'pas arrêter saB3 que l'assemblée en corps l'eut décrété.

J'ai Thonneur de vous souhaiter le bonjour.

N. B. Cette lettre n'est pas signée, et je ne connois pas récriture de l'auteur. (Noie de Féditear.)

Lettre de Tami du peaplc (Marat) àVantcar des Révolutions dt

France ci de Brabant,

Ce 24 juin 1788.

Pour former une constitution vraiment libre , c'est-àdire vraiment juslc et sage , le premier point, le grand

point , le point capital , cest que toutes les lois soient consenties par le peuple^ après un examen réfléchi, et surtout après avoir pn% le temps de voir le jeu , ce qui suppose Fesprit national déjà mûr et Topinion publique formée sur tous les points fondamentaux. Les décrets de l'assemblée nationale ne peuvent donc être que provisoires jusqu^à ce que la nation les ait sanctionnés , car le droit de les sanctionner lui appartient exclusivement. Sans l'exercice de ce droit essentiel , inaliénable , incommunicable , ellese soumettroit aveuglément à des lois arbitraires ^ ce qui scroit le comble de la stupidité ; et ses mandataires , usant à leur gré du pouvoir de lui commander , se trouveroient investis de l'autorité suprême , deviendroient les arbitres de son sort et resteroient enfin les maîtres absolus de l'état. Ce point où nos rois n'étoient point encore arrivés après quinze siècles d'usurpations sur les droits du peuple , étoit l'objet de leurs vœux et de leurs efforts , le terme de leurs espérances et de leurs désirs; mais ils le cacboient avec soin. Et l'assemblée nationale , cet embrion d'un jour que le peuple n'a point créé , cet enfant posthume du despotisme , ce corps indignement composé j où se trouvent tant d'ennemis de la révolution et si peu d'amis de la patrie ^ ce corps illégitime que la nation a plutôt toléré que constitué, auroit l'impudence de l'avouer, le front de l'afficher! Une pareille prétention seroit le comble de l'audace si elle n'é-

toit le comble du délire. Nous pourrions leur dire : petits intrigans qui ne siégez dans le sénat que par l'intrigue , la eabale , les menées , la séduction , ou le choix de quelques ordres privilégiés qui ont disparu , cessez de vouloir nous enchaîner. Ce fut le premier de vos attentats que d'attribuer au roi le veto suspensifs au peuple seul appartient le veto absolu. Il le reprendra avec empressement et passera l'éponge sur vos actes d'infidélité. Déjà vous touchez au terme de votre existence politique ; bientôt vous irez vous perdre dans la foule , vous serez jugés par vos œuvres , la nation lés pèsera dans sa sagesse , et de cette foule de décrets dont vous vous efforcez de faire des lois irrévocables, elle ne prendra que ceux qui peuvent convenir au bien général-, elle repousse avec dédain tous ces décrets inconsidérés surpris à votre ignorance; avec horreur, tous ces décrets funestes obtenus de votre vénalité 5 et vos noms inscrits dans les annales de la révolution n'y seront conservés que pour vous couvrir de ridicule ou d'opprobre.

/ Croyez , cher frère d'armes , que rien n'importe plus

au triomphe de la liberté , au bonheur de la nation , que

: d'éclairer les citoyens sur leurs droits et de former l'esprit

1^ public. C'est à quoi je vous engage à travailler sans re-

I lâche ^ en consignant dans nos feuilles une suite de mor-

I ceaux choisis sur la constitution ; vrai moyen d'apprécier à leur juste valeur les travaux de nos représentans.

79 ^^ Je vais ouvrir la carrière :

Supplique aux pères conscrits » ou très sérieuses réclamations tic ceux qui n'ont rien contre ceux qui ont tout.

Pères conscrits ,

La nation est composée de ^5 millions d^hommes^ nous en formons à nous seuls plus des deux tiers , et nous no sommes comptés pour rien dans i'Étati ou sHl est question de nous dans vos sublimes décrets, c'est pour être humiliés , vexés et opprimés.

Sous l'ancien régime, un pareil abandon, un pareil traitement de votre part nous auroit paru peu étrange 5 nous vivions sous des maîtres pour lesquels la nation toute entière était dans leur cœur ; nous n étions rien à leurs yeux, et ils ne dai^oient se souvenir de nous que pour nous arracher le fruit de nos labeurs ou nous attacher à leurs chars.

Ces temps ne sont plus ; mais qu'y avons-nous gagné ? dans les premiers jours de cette révolution, qui a tant fait tourner de têtes, qui a tant fait pousser de cris d'allégresse , qui a tant fait chanter de Te Deum , de cette révolution que tant de plumes ont élevée jusques aux nues, que tant de fêtes ont célébrée , et que tant de sots admirent encore , nos cœurs se sont un instant ouverts à la

joie ^ nous nous bercions de Tespoir de voir finir nos maux , de Tespoir de Voir changer notre sort.

Quelqu*heureux que puissent élre les changemens survenus dans l'Etat , ils sont tous pour le riche : le ciel fut toujours d'airain pour le pauvre , et le sera toujours.

Pères conscrits ! vcfus vous dites les députés du peuple, vous prétendez avoir stipulé ses intérêts, assuré ses droits : cependant , qu'avez-vous fidt pour nous ? Travailler à rendre libre la nation , direz-vous sans doute ? — Fort bien : mais que nous importe la liberté politique , à nous qui ne Tavons jamais connue et qui ne la connoitrons jamais ? elle n'a de prix qu'aux yeux du penseur qui veut instruire les hommes , du publiciste qui veut se faire un nom et des citoyens qui ne veulent point de maître-, mais nous, pauvres infortunés, nous n'avons point le temps de réfléchir^ ^ nous nous melons rarement des affaires de FEtat^ et lorsque cela nous arrive , la part que nous y prenons ne peut être que celle des spectateurs à une pièce de théâtre ou celle des acteurs d'un opéra.

A l'égard de la liberté civile , nous n'en avons jamais bien joui et nous n'en jouirons jamais mieux. Pourquoi nous faire illusion ? Sous le prétendu règne de la liberté.

* Que deviendroient les nations si les pauvres étoient pénétrés de leurs droits comme autant de philosophes et si la réûexion aîgrissoit en eux le sentiment de leur affreuse position !

nous sommes plus mal encore que sous le règne de la servitude. Cent fois plus exposés aux outrages des vils suppôts de nos tyranneaux que nous ne Tétions aux attentats des satellites du despote, nous ne savons à qui porter nos plaintes et demander justice* Nos commissaires de sections, nos juges-de-paix, nos officiers municipaux ne sont sous de nouvelles dénominations que nos anckns commissaires de quartier, nos uiciens robins , nos anciens officiers royaux; dans notre nouvelle administration, se! retrouvent la plupart des personnages qui formaient Tan-i cienne ; ou d'autres intrigans, d'autres ambitieux, d'autres; fripons valant moins encore , tous suppôts de Tancien' régime qui nous rançonnent , nous pillent , nous vexent , nous oppriment à leur gré *, qui violent nos asSes en plein jour et qui nous enlèvent arbitrairement de nos foyers au sein de la nuit. Nos tribunaux de police et nos tribunaux de district sont tout aussi mai composés que nos anciens présidiaux, nos anciens cbâtelets. Que vous dirai-je? Nous avions autrefois cinq cent mille tyranneaux , nous avons aujourd'hui un million d'oppresseurs ; pères conscrits, vous nous livrez sans défense entre leurs mains; et au peu de soin que vous avez pris de notre sûreté, de notre repos , nous voyons bien au travers de vos fausses maximes de liberté, de vos grands mots d'égalité de rangs et de conditions , que nous ne sommes toujours que de la ca«*

oaille à vos yeux.

Enfin , quant à la liberté domestique , comme die ne peut exister pour qui ne possède rien , k sort qui nous attend est une servitude éternelle: ainsi toute la journée cloués sur notre ouvrage, manœuvres ou valets, notis ne pouvons qu'être aux ordres d'un maître dur et impérieux.

Vous le savez, ce bien inappréciable de la liberté, dont vous allez jouir, n'est pas lait pour nous : à cet ^rd nous sommes donc aussi étrangers à la révolution que à nous n'éticms pas membres de l'État.

Vous avez stipulé sur les propriétés que vous avez mises soûsla sauve-garde des lois : mais combien ces réglemens ont peu de prix pour l'homme qui n'a point d^ifitéréts à traiter , point d'intérêts à défendre ! la propriété elle-^même , qu'est-elle pour l'indigent ?

Vous avez détruit les privilèges héréditaires^ vous avez mis plus d'égalité dans l'état cifil des premières classes de citoyens , plus de proportions dans la répartition des im* pots. Ces formes^ toutes à votre avantage, nous sont encore étrangères. Après avoir mieux proportionné les impôts aux fortunes , vous les avez laissés peser sur le pauvre : le pain qu'il mange , le vin qu'il boit, l'étoffe dont il se couvre sont assujettis à des droits onéreux. Comment n'avez-vous pas senti qu'il étoît juste d'en excepter ceux qui ne possèdent rien ? Comment n'avez-vous pas senti que Timpôt doit même se changer en rétribution pour

ri.^-"

celui que son indigence met au-dessous des besoins physiques * ?

LîMto de venir à notre secourt, vous nous avez dépouillés bàrbareihent. Les biens de Téglise étoient le patrimoine des pauvres ; vous le leur avez enlevé pour payer les folies du gouvernement , les dilapidations des ministres 9 les rapines des administrateurs , le laste scandaleux de la oour , les prodigalités ^ les profusions , les friponneries , les brigandages des vampires de TÉtat. Vous avez prétendu réformer les abus du clergé; et toutefois, de ces biens qui nous appartiennent, les crosses et les mitres ont retenu une portion énorme , dont Us sont dispensés de nous faire la moindre part et quHls possèdent en propre , a titre de traitement, pour se procurer les douceurs de la vie auxquelles ils sont accoutumés. Mais ce qui est pire encore, vous leur avez laissé pour retraite ces traitcmens énormes , au cas qu*ils vinssent à se dégoûter des (onctions de leur saint ministère. A b lecture de nos décrets sur les hétiéficiers , les évéques et archevêques, portant dans tel ou tel cas totalité du traitement^ plus ou moins le quart, le tiers ou la moitié, on nous prend roit pbur des rabbins régbnt des comptes d* usure.

Enfin, de ces biens de Téglise enlevés aux pauvres

' Ce sont les raisons qu'a fait valoir M. Chapelier \m>uv motiver le tlécret. ( Note de Marat. )

sous prétexte de payer les dettes de TÉtat , on vient de nous arracher quinze millions pour tous les faméliques du royaume; à gagner laborieusement dans des ateliers de charité , c'est environ trente-cinq sous par tête , une fois payés ; tandis que vous avez assigné de votre chef dix-neuf millions pour achever le paiement des dettes d'un mauvais sujet né près du trône, d'un dissipateur scandaleux dont les sales débauches sont les moindres mé&its, d'un ennemi de la patrie quia fini par devenir un affreux conspirateur * .

Qu'en conclure? Tous ces avantages que les riches trouvent dans leurs possessions à la faveur de nos régie mens , ne sont pas pour vous ; et à cet égard encore , nous sommes aussi étrangers à la révolution que si nous n'étions pas membres de l'État.

Jusqu'ici le nouvel ordre de choses est tout en Êiveur des riches et des intrigans : mab ce n'est là encore qu'une partie de leurs prérogatives. Pères conscrits : vous avez affecté de stipuler avec un soin extrême l'égalité des droits de tous les citoyens aux bénéfices de la société ; et vous n'avez fixé d'autre titre aux emplois, aux places , aux dignités , que les talens et les vertus. Cela auroit paru merveilleux , si vous ne vous étiez pas empressés de détruire votre propre ouvrage. Semblables à des joueurs de

* M. d*Artois. (Note de Marat. )

gobelets, bientôt ou vous a vus escamoter Tune après l'autre toutes ces concessions. A peine eûtes-vous reconnu que des hommes égaux par leur nature doivent être indbtinctement appelés aux emplois qu'ils sont en état de remplir avec éloge , que vous ajoutâtes : toutefois, sans une contribution directe d'un marc d argent, ib ne pourront représenter la nation \ sans une contribution directe de dix liv^res , ils ne pourront devenir électeurs ^ sans une contribution directe de trois lii^res , ils ne pourront être citoyens actifs. Ainsi , au moyen de ces petites clauses , vous avez trouvé Fart de nous fermer la porte du sénat , des tribunaux , des directoires , des municipalités. Vous vous déclarez y au nom de la loi , incapables de posséder aucun des emplois auxquels vous nous avez appelés, en vertu de nos droits naturels \ et , pour comble d'injustice , vous allez jusqu'à nous déclarer inhabiles à nommer ceux qui doivent les remplir, jusqu'à nous dépouiller de notre qualité de citoyens. Votre fiimeuse déclaration des droits n'était donc qu'un leurre dérisoire pour amuser les sots , lorsque vous redoutez leur courroux , puisqu'elle se réduit en dernière analyse à conférer aux riches tous les avantages, tous les honneurs du nouveau régime : ce seroit donc en faveur des seub heureux du siècle que s'est opérée la glorieuse révolution.

Mais quand ce fameux décret qui n'admet d'autre titre aux places que les talens et les vertus ne seroit pas devenu

dérisoire, il n'aurait poiutd'applicalLon pour nous. Réduite à Findigence^ nous ne pouvons servir la patrie qu*avcc nos bras, comme nous la servîmes toujours : ainsi, tandis que vous goûterez seul le bonheur de commander aux autres, nous ne serons jamais appelés qu'à obéir ^ qu'à consacrera rÉtat nos travaux , nos peines , nos souffrances. Pour nous les avantages de la constitution se bornent donc à nous laisser dan^ la misère et dans la (ange«

Marat.

Lettre de Lingaet * à Camille DesmouliDS.

Paris, ce 6 août 1790.

On n a pu , mon thet Camille , m'expliquer le motif de votre visite d'hier 5 si c'étoit pour m'annoncer votre tIctoire , il étoit un peu tard. Vous savez bien que je Fai apprise par les gazettes ^ je ne vous en ai pas moins fiât mon compliment de bien bon cœur.

S'il s'agit de votre affaire au Châtelet , elle auroit donc de la suite; alors il se trouveroit que j'ai eu raison en vous annonçant mercredi que vos adversaires ne se tien-

* Auteur des Annales patriotiques. (Note de l'éditeur.)

(Iroient pas pour battus, et ne verroîeiit pas^ Gaamie toi» vous en flattiez^ dans le décret du 3 de ce mois , expficatif de celui du 3i juillet^ une abolition de leufs plaintes relatives à leurs intër^ personneb, à leurs rédamations privées. La présomption est de votre âge.

Si les plaintes se suivent , notre position en un sens devient encore plus délicate et plus embarrassante à quelques égards qu'elle aa Hétoii auparavant *, elle exige de vous beaucoup plus de circonspection. N'ayant pas plus de nouvelles de votre procureur que de vous , je ne sais point du tout où en sont les choses , ce qui est plus qu'extraordinaire .

Si vous tenez toujours à la récusation , songez à ce que je vous ai dit de la nécessité d'être bien ^age , bien ré- ; serve dans vos numéros prochains , notamment dans le trente-septième. Mercredi vous avez paru tenté de célébrer le triomphe de mardi, de parier de M. de La- Giyette , cx)ntre M. de Lafayelle , etc. Peut-être sera-ce inutilement que je vous le dirai, mais il feut toujours vous le dire> gavdez-vous en bien \ si vous m'aviez consulté vous n'en auriez^ rien dit dans le noméro trente-six : car ce que votm- en: avez dit ne vous pourroit servir et pourroit vous nuire , et vous a sûrement nui.

Vous me trouvez bien pédant , n'est-il pas vrai? il ne s'a^t plus ici de Uttératuré : il est question de jugerie : et quoique je sois littérateur comme un autre dans l'oc-

casion , je deviens grave quand il faut être ai^ocat. Réflé^ chissez là dessus^ et, je vous en prie , conduisez-vous en conséquence , en supposant cependant que vous désiriez toujours de m'avoir pour défenseur.

p^ale , ciceroniâ more^

^ TUUS LlllGUET^

Lettre de Laurent (plus tard conventtounel) à Camille Oesmoiilio&^

10 août 1790.

Monsieur,

Un événement malheureux arrivé hier en notre ville à un paysan , et qui cependant a beaucoup fait rire , m'engage à vous prier de faire vos justes observations sur la matière qui doit être employée à la formation des assignats ; voici le fait. Un paysan vendit à un riche partîcu-' lier pour la somme de 36o fr« de bois à feu qui lui fut payé en un assignat de cette valeur \ cet homme, qui ne connoissoit pas l'importance de cette monnoie, la mit dans une de ses poches où il avoit des crêpes *. En s'en

^ Espèce de galette très mince et très molle dont les paysans bM* bretons se nourrissent.

retournant à son village , la faim le prit , et sans s'aper^ cevoir que son assignat s^étoit glissé en,tre les plis d'une crêpe , il mangea et crêpe et assignat! Jugez, monsieur, de la douleur de ce malheureux qui est inconsolable et qui gémit de la perle d^une somme qui étoit peut-être sa seule ressource.

Je suis, avec rattachement le plus inviolable , votre très humble et très dbéissant serviteur ,

Laurent.

Lettre de Cambon ( plas tard conventionnel ) -à Camille Desmou-

lins.

Monsieur,

La lettre de vos célèbres journaux et le noble courage avec lequel vous attaquez les abus énormes et les vib pré- . jugés d'une nation qui depuis tant de siècles a vécu sous «^ \ 'y la verge de ses tyrai^, > ont élevé mon âme au point de m'avoir enhardi à mettre au jour un petit essai poétique qui ne peut avoir de mérite aux yeux des bons François que par les scntimens patriotiques dont il porte Tempreintc.

Je recoimois combien cette production seroit peu digne de Tofere attention si elle n'étoit conferme à ^os principes ; c'est aussi à ce seul titre que j'ai cru devoir vous en offrir un exemplaire. Vous apercevrez à la fin de mon ouvrage un sonnet pour M. Necker Ëiit à Fépoque de son rappel, et dans un moment où la France étoit idolâtre àe ce ministre»

J'ai rhonneur d'être avec un sincère attachement ,

Monsieur, votre très humble et très obéissant serviteur*

Cambon.

Beziers, ce 12 août 1790.

Lettre de Meliinet ( plus tard conventionnel) à Camille Desmoulins.

4 septembre 1790.

C'est hier à mon retour de la campagne que j'ai retrouvé votre lettre du i4 août ^ je ne vous exprimerai point avec quelle reconnolssance j'y ai vu que j'avois acquis votre amitié , c'est-à-dire celle du citoyen le plus dévoué , le

plus intrépide , le plus cooFageusemeAt amé da de la vérité. Secoaez-le sans cesse devaiit ces mattoyans qui ont besoin d*ane grande lumière pour dbcemer les objets que la foiblesse de leur Tue ne leur permet pas <f a^ percevoir; quant aux malveilians , il faut les abandonner et les mépriser.

Je viens de visiter l'estimable ami qui s*étoit chargé de me remettre votre lettre et qui vousrendra,s'i! est possible, jusqu'à quel point je suis sensible à ^attention que vous avez eue de me procurer sa connoissance et aux témoignages de vos sentimens pour mon fils et pour moi. Cet ami dine avec nou^ aujourd'hui : il verra la chambre qui vous est destinée.

Melluibt.

Lettre de Manuel (plus tard coDTentkmnel ) à Camille Desmooliiis,

19 novembre 1790.

Que je vous emlHVMe, raoo cber DaamoiiKos! Cest votrc^ttmeqoi m'adoimé ieooonge de remfiUr ma tiche ^ elle est finie , il m'ctt fiiut une «ulre» Je vais prendro la

plume ^ ma fortune ne me permet point de rester à Paris. Je me dois à ma province, j'y vais sous deux jours; je serai à Montargis avec mes livres et des souvenirs. Seroit-ce une indiscrétion de vous prier de me continuer votre journal ? il manqueroît à mon cœur comme à ma bibliothèque. Un jour viendra peut-être où j'aurai plus que de la reconnoissance à vous offrir.

Je vous aimerai toute la vie , mon cher Desmoulins.

Manuel.

Lettre de M. Laborne, de la société des amis de la coDStitulion, à

Camille Desmoulins.

23 octobre 1790.

Laborne , de la société des amis de la constitution , cidevant conseiller au Chàtelet, est venu pour avoir le plaisir de voir M. Desmoulins et lui offrir le tribut d'éloges , d'estime et de reconnoissance que tout patriote doit à celui qui le premier a pris les armes pour la liberté et a toujours combattu pour cette belle cause avec un courage

qu'on ne peut comparer cju'à ses talens. Il ¥0111011 aussi le remercier de la manière avantageuse et honorable dont il a parlé de lui dans son dernier numéro. Les fiiitsqui y sont rapportés à ce sujet sont de la plus exacte vérité ; quant aux éloges , Labome se croit bien loin de les mériter, n'ayant fait que ce que tout bon citoyen ne pouvoit se dispenser de faire.

I^ettre de Camille Desmoalins à son père.

6 décembre 1790.

Mon très cher père ,

Je suis allé chez le nouveau garde-desHSceaux qui m*a fait tant d'amitiés et en particulier et publiquement^ m'appelant son cher confirère, me serrant la main et me priant d'aller déjeuner avec lui toutes les fois que j'en aurois le moment , que malgré ma répugnance à demander rien pour moi, je l'ai sollicité de redresser à votre égard les torts de C... Je lui ai dît que le commissaire du roi nommé à Guise ne tenoit pas à ce district et échange^ roit volontiers si on le plaçoit ailleurs.

Je Tows embtasse et .toute, ma fiunUle. YoiU luen des fois que je vous defflande du. linge inutilement, une nappe , die» serviettes et une paire de draps.

G. Desmoi^liks.

Lettre de Camille à son père dans laquelle il lai annonce son mariage.

H décembre 1790.

Aujourd'hui, 1 1 décembre , je me vois enfin au comble de mes vœux. Le bonheur pour moi s'est fait longtemps attendre, mai^ enfin il est arrivé, et je suis heureux autant qu'on peut l'être sur la terre. Cette charmante LUcilè , dont je vous ai tiant{)arié, que j'aime depuis huit ahs, enfin ses parens me là donnent et elle ne me refase pas; Tout-à-rheùrib sa mère tieht de m'apprêiHlre cette nouvelle en ptetrrëtit dé joîé; L'inégalité de fortune, M. Duplessis ayant vingt mille livres de rente, avait jus(|u'ici retardé nr6n bohheui* ; le père éfôit ébloui par leâ offres qu*on lui faisait. Il a congédié un prétendant qui venait avec cent mille francs 5 Lucile , qui avoit déjà refusé vingt-cinq mille livres de rente , n*a pas eu de peine

à lui donner son congé. Vous altez fat c^mnoitTe pir ce seul trait. Qttasd sa mère me Ta e^-étmmée il n'y a qv'un moment , elle m'a conduit dans sa chambre^ je me jette aux genoux de Lucile ; surpris de l'entcMlre rîre^ j« lève les yeux , les siens n'étaient pas en meilleur état que les miens; elle étoit toute en iardiesV^Ue pleuroît même abondamment et cependant elle rioit encore. Jamais je n'ai TU de spectacle aussi ravissant , et je n'aurois pas imaginé que la mtufe et la sensibilité pussent réunir à ce point ces deux contrasteSà Son père m'a dit qu'il ne diffié» roit plus de nous marier que parce qu il vouloit me donner auparavant les cent mille francs qu'il a promis à sa fille , et que je pouvois venir avec lui chei le notaire quand je voudrois. Je lui ai répondu : Vous êtes un capitaliste 5 vous avez remué de l'espèce pendant toute votre vie , je ne me mêle point du contrat et tant d'argent m'embarrasseroit ] vous aimex trop votre fille pour que je stipule pour elle. Vous ne me demandez rien y ainsi dressez le contrat comme vous voudrez ^ . Il me donne en outre la moitié de sa vaisselle d'ai^ent , qui monte à dix mille francs. De grâce, n'allex pas faire sonner tout cela trop

' Camille étoit peu fortuné et ne vivoit en grande partie que du produit de ses ouvrages ; mais il possédoit la fortune la plus belle aux yeux de ia raison, la moins dépendante des événemetis et la plus honorable, un talent distingué. Cest à son mérite [personnel qn il dut Ta mnin de Lncîîc Ddfiliéssi!».

haut. Soyons modestes dans la prospérité. Envoye^KHoaioi poste pour poste votre consentement et edui de ma: mère *, faites diligence à Laon pour les dispenses et^qu^il n'y ait qu'une seule puUication de bans à Guise comme à Paris. Nous pourrons bien nous marier dans huit jours. Il tarde à ma chère Lucife autant qu'à moi qu'on ne puisse plos nous séparer. N'attirez pas la haine de nos envieux par ces nouvelfes , et comme moi renfermez votre joie dans votre cœur, ou épandiez*la tout au plus dans le sein de ma chère mère , de mes frères et sœurs. Je suis maintenant en état de venir à votre secours , et c'est là une grande partie de ma joie : ma maîtresse , ma femme , votre fille et toute sa famille vous embrassent.

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