SUR LES ULTRA F.T LES CITRA
Vous voyez, citoyens Collol et Audouin, que j'étais alors pour Mirabeau un ultra-révolutionnaire^ à Toccasion de je ne sais plus quel numéro, comme Marat Tétait pour moi à l'occasion de son numéro: Cen est fait de nous ^\ comme Jacques Roux l'a depuis été pour Marat; enfin, comme nous avons vu Hébert l'être pour Jacques Roux. C'est ainsi que cbacun pose à sa guise la limite de la raison, ou plutôt se pose lui-même pour limite, divinise cette limite, qu'il appelle le dieu Terme, comme Numa, et le divinise si bien, que, s'il avait la puissance suprême de Numa, il publierait le même édit que ce roi, qui permettait de tuer, sans forme de procès, quiconque offenserait son dieu Terminus par le déplacement de ses bornes. Le fougueux saint Paul, lui-même, ne trouvait-il pas qu'il y avait des Ultra; et en même temps qu'il appelait le bon saint Pierre un Citra^ comme on le voit dans les Actes et au procès-Verbal des Apôtres, ne criait-il pas à d'autres : « Non plus quam oportet sapere , il ne « faut pas être ultra-révolutionnaire en Jésus-Christ. « Il vous sied bien d'être plus chauds que Paul ; si « vous avez été ^ par le Comité des douze, ne l'ai-je a pas été par le Châtelet, par le tribunal du sixième « arrondissement? »
N. B. — Copié sur le MSS. de Camille (une page et demie), appartenant au baron de Girardot. Nous donnerons bientôt, nous le répétons, d'autres et de nombreux fragments inédits de Camille dans notre Histoire de Camille Desmoulins.