CORRESPONDANCE
DE
Les lettres de Camille Desmoulins ont été publiées pour la première fois, sous le titre de : Portefeuille de Camille Desmoulins, par M, Matton aîné, parent de Camille, et possesseur de ses manuscrits que lui avait légués l'excellente M™^ Duplesis, mère de Lucile. M. Matton aîné eût pu, plus que tout autre, en mettant au jour cette publication d'un si haut intérêt historique, résoudre définitivement une multitude de questions difficiles qui se rapportent à Camille et au groupe des Dantonistes, questions depuis longtemps posées et qui peut-être resteront à jamais obscures, puisque le fil de la tradition de famille est rompu pour toujours. La riche collection de M™<' Duplessis, qui appartenait à M. Matton aine, est, en effet, dispersée, et comment retrouver tant de renseignements inestin^ahles, que l'éditeur du Portefeuille de Camille avait sous la main et à sa libre disposition?
Nous nous réservons de tout faire, dans un travail prochain, pour arriver à compléter et à éclairer définitivement la physionomie littéraire de Camille.
Nous n'avons rien négligé, en attendant, pour donner,
310 ŒUVRES DK CAMILLK DESMOULINS.
dans la présente édition des Lettres de Camille Desmoulins, un texte correct irréprochable. La petite édition publiée dans la Bibliotlicque nationale, et que nous avons voulu consulter, est remplie de suppressions, d'incorrections et d'erreurs. Nous nous sommes cependant tenu, comme l'éditeur qui l'a faite, aux seules lettres de Camille. Les autres appartiennent beaucoup plus à l'histoire qu'aux œuvres de Desmoulins. Généralement nous avons suivi l'édition de M. Matton, mais en la rectifiantetenla complétant toutes les fois que des documents authentiques nous en ont fourni le moyen. Les renseignements laissés par M. Ed. Carteron nous ont été ici particulièrement utiles. M. Carteron avait obtenu communication de beaucoup des originaux de ces lettres, et il en avait restitué le texte, dans son intégrité, sur un exemplaire de l'édition Matton qui nous appartient. Les lettres pour lesquelles nous n'avons eu que le texte imprimé ont été l'objet d'une révision scrupuleuse. Quand nous faisons quelque changement, nous avons toujours le soin d'en avertir le lecteur, et nous ne nous en permettons aucun qui ne soit absolument commandé par l'évidente altération du texte original.