Ceci se passa le vendredi soir, 10 juillet
3. Ge triste épisode est du jeudi 9 juillet [Semaine mémorable, p. 33); la lettre présente esl donc du 1 1.
coups de canne, on lui a mis un œil hors l'orbite ; enfin, malgré ses prières et qu'il criàl : T/iem, on l'a jeté une seconde fois dans le bassin. Son supplice a duré depuis midi jusqu'à cinq heures et demie, et il y avait bien dix mille bourreaux^ Hier au soir^ MM. de Sombreuil et de Polignac, officiers de hussards, sont venus au Palais-Royal, et comme cet uniforme est en horreur, on leur a jeté des chaises, et ils auraient été assommés s'ils n'eussent pris la fuite. Dès qu'il paraît un hussard, on crie : voilà Polichinelle, et les tailleurs de pierres le lapident. Chaque jour apporte cinq à six adresses de villes et de provinces qui s'épuisent en remercîmenls de l'arrêté du 17 3. Ce fut une grande fête hier' au Palais—Royal, quand on vit arriver les sOixante-quinze soldats du Corps royal qui avaient violé leur consigne. On prit les tables du café, on les fit asseoir, la quête fut abondante et ils n'en furent pas quittes pour s'enivrer; sûrement la plupart eurent une indigestion; chacun voulut payer un plat déplus. M. de Rellegarde' vint les joindre et but avec eux à la santé du tiers-état. Ils promirent en revanche au colonel de rentrer à la retraite. La nouvelle du mo-
1 . Nous avons revu ces dix mille bourreaux s'acharner contre un seul homme, l'agent Vincenzini, devant la place de la Bastille (mars 1871).