ACTE I, SCÈNE VI
m a d a me d o r v a l , avec intérêt . Eh bien, comment vont-ils?
COMTOIS
A merveille toujours; Ils vous aiment. Madame, un peu plus tous les jours. Vous n'imaginez pas jusqu'où va leur tendresse! De vous, de vos bienfaits, ils me parlaient sans cesse, Chacun d'eux à l'envi bégayait votre nom.
madame dorval, d'un air ému.
Pauvres enfans! le temps doit leur sembler bien long! Je ne les ai pas vus depuis une quinzaine. Mais, sans faute, j'irai la semaine prochaine.
Souriant.
Va, je suis, mon garçon, fort contente de toi. Continue, et dans peu tu le seras de moi. Entends-tu, mon ami?
COMTOIS, à part.
L'occasion est belle, Si je glissais un mot touchant Mademoiselle! Je suis sûr du succès, quand Madame saura...
madame dorval.
Tu parles bas encor, Comtois ; que dis-tu là ?
comtois, haut.
Je viens d'être témoin, Madame, d'une scène!... Ce spectacle vraiment vous eût fait de la peine.
madame dorval, vivement.
Quoi donc ! un malheureux ! mon cœur est tout ému ! Un malheureux, Comtois! quel est-il? l'as-tu vu? Parle.
Madame...
MADAME D O R V A I
Allons, ne me fais point attendre.
Déjà pour lui je sens un intérêt bien tendre! M'ofFrir l'occasion de faire des heureux, C'est aller, tu le sais, au devant de mes vœux.
COMTOIS
Ah ! qui pourrait douter de votre bienfaisance ? Mais, loin de vous, tandis qu'épiant l'indigence, A mille infortunés vous étendez vos soins, Il en est près de vous qui ne le sont pas moins!
MADAME DORVAL
Ici des malheureux ! mais tu me perces l'âme! Réponds-moi, quels sont-ils?
COMTOIS
Votre fille, Madame!
madame dorval, se levant. (Sa figure se décompose d'abord, mais bientôt elle reprend sa dignité.) Monsieur Comtois!
comtois, d'un air joyeux.
Madame...
madame dorval.
Écoutez.
L ISETTE, à part.
Il est pris.
madame dorval.
Quand un valet bavard me donne des avis,