‹ Œuvres (volume 3)Chapitre 117 sur 197 · DUVAL · texte numérisé non relu

DUVAL

Ce n'est pas tout; j'ai fait une autre découverte : Peut-être vous aurez peine à me concevoir, J'aimais un autre objet sans m'en apercevoir.

CLAIRE

O ciel! que dites-vous?

DU VAL FILS

Une femme charmante, Dans l'absence de Laure, était ma confidente. De souvenirs amers quand j'étais accablé, Je lui disais ma peine, et j'étais consolé. Tant qu'une passion, que je croyais réelle, Occupa mon esprit, je fus distrait près d'elle; Sans les apprécier, je voyais tant d'appas, Je sentais ses vertus, je ne les jugeais pas. Mais lorsque, revenu de mon erreur extrême, J'eus le temps de porter mes regards sur moi-même; Lorsque je me sus libre enfin, et que mes yeux Dessillés à jamais, purent l'observer mieux; Combien, en cet instant, mon âme fut émue! Et que je m'étonnai de l'avoir méconnue! En la voyant de près, en la voyant toujours, Dans ses yeux, dans son air, dans ses moindres discours, J'apercevais sans cesse une grâce nouvelle; Et par degrés enfin, je découvrais en elle Ces charmes qui, naguère, à mes yeux éblouis, Dans Laure, par degrés, s'étaient évanouis. Du moment où mon cœur la connut tout entière, Elle reproduisit cet être imaginaire, Que j'avais poursuivi, dont j'étais enchanté; Ma chimère devint une réalité!

Ce qui m'avait séduit, c'était une personne Brillante de vertus, douce, modeste et bonne; Je ne m'étais trompé que de nom, je croyais Aimer votre cousine, et c'est vous que j'aimais.

claire, avec transport.

Est-ce une illusion mensongère, trompeuse!... Duval!... il m'aimerait!... je serais trop heureuse!...

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