‹ Œuvres (volume 3)Chapitre 160 sur 197 · ACTE III, SCÈNE II · texte numérisé non relu

ACTE III, SCÈNE II

Insistez vivement.

DERVILLE

Laisse-moi faire.

S" approchant de Charles, et lui prenant la main. Écoute:

Je viens te faire part d'un projet qui, sans cloute, Te surprendra beaucoup, du moins je le prévoi : Nous voulons, mon ami, te marier.

CH ARLES

Qui, moi ?

Toi-même. Les parens de la jeune personne Sont d'accord avec nous: et...

CHARLES, s tellement.

Cette offre m'étonne, Et vient fort mal.

Comment? Que veux-tu dire enfin?

CHARLES

Que jamais à l'hvmen on ne fut moins enclin.

ADÈLE

Mais vous ne savez pas, Charles, quelle est la femme, Dont il est question.

CHARLES

Je répète, Madame, Que l'hymen, si je puis vous parler de mon goût, N'a rien qui me séduise, en ce moment surtout.

derville, déclamant.

Mon cousin, ce discours sent le libertinage.

CHARLES

Je suis jeune d'ailleurs, rien ne presse à mon âge. Je puis attendre encor dix ans, sans qu'il soit tard.

Propos très-déplacé.

D'un ton de sévérité affectée.

Serais-tu par hasard Ami du célibat?... Charle, mon cousin Charle, Écoutez... La raison par ma bouche vous parle, Le célibat, grand Dieu! savez-vous ce que c'est? Etat contre nature! immoral!... en effet, L'homme est visiblement fait pour le mariage. C'est un but, c'est un port, où doit tendre le sage; J'ai fini par là, moi! j'ai formé ce lien, Le plus sacré de tous, et je m'en trouve bien. Et d'un autre côté, je suis sûr que ma femme Est très-heureuse aussi; n'est-il pas vrai, Madame?... Mais je ne veux pas trop prolonger la leçon; Deux mots et je finis : si tu restes garçon, Si tu fuis à jamais une honnête alliance, Vois un peu quelle en doit être la censéquence!

0 nctueus entent .

Te voilà, mon ami, condamné pour toujours A connaître, à nourrir de coupables amours! Te voilà séducteur! ah! ce serait infâme; Moi, je suis pour les mœurs... Suis-je éloquent, ma femme? Comment me trouves-tu?

Parlez au sérieux.

ADÈLE, à part.

Vous plaisantez toujours;

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