ACTE V, SCÈNE II }3f
S'il rentrait, je serais une femme perdue.
Elle aie son chapeau, son voile, sou éebarpe, et les jette dan un cabinet qu'elle ferme.
Mais il ne peut tarder de s'offrir à ma vue; Si même, en ce moment, il n'est pas de retour, C'est que du parc sans doute il aura fait le tour. Mais qu'est-ce que j'entends, ô ciel! que veulent dire Ces cris immodérés et ces éclats de rire?
SCÈZ^E II
DERV1LLE, ADÈLE.
Derville entre en continuant ses éclats de tire.
ADÈLE, à son mari.
Eh quoi! c'est vous, Monsieur?
derville, lui baisant la main.
Adèle, te vuilà.
Il rit encore.
ADÈLE
Qu'avez-vous donc?
DERVILLE
Jamais je n'oublîrai cela.
Nouveaux ri/es.
La drôle d'aventure! Elle va te surprendre.
ADÈLE
Quoi donc?
DERVI LLE.
Si tu savais ce que je viens d'apprendre!...
ADÈLE
Enfin...
Ton froid cousin, à qui nous reprochions De ne tenir à rien, de fuir les passions, Eh bien! ma chère, il aime avec idolâtrie; L'amour a triomphé de la géométrie!...
Il est rempli d'un feu discret et sans espoir! Mais bien qu'il m'eût caché qu'il avait pour ce soir Un rendez-vous, auquel la nuit prêtait son voile, Je l'ai su!... Le hasard, ou plutôt mon étoile M'a conduit sur les lieux; j'ai pu voir tout de loin, Et vais te raconter ce dont je fus témoin.
adèle, vivement.
Non, non, n'en faites rien si vous voulez m'en croire...
DERVI LLE.
Pourquoi?
adèle, timidement.
J'ai peu de goût pour ce genre d'histoire.
DERVI LLE.
Quelle idée! allons donc, je veux absolument...
ADÈLE
Daignez me dispenser...
DERVI LLE.
Mais c'est que c'est charmant!
Mon récit te plaira, sois en sûre.