ACTE V, SCÈNE III
MADAME DERVILLE
Permettez qu'il aille jusqu'au bout.
Son récit m'intéresse... et m'amuse surtout.
DERVILLE
Néanmoins, je dois dire, historien fidèle, Qu'il parut un moment tout rempli d'un beau zèle; Mais cela dura peu! Pendant ce temps, ma foi, Je remplissais un rôle assez nouveau pour moi. Tandis que l'ami Charle était avec sa belle, Moi, gravement pour lui je faisais sentinelle; J'observais tout. Que dis-je? en ce moment fatal, C'est moi qui du galant promenais le cheval.
A sa mère.
Mais ne trouvez-vous pas l'anecdote plaisante?
MADAME DERVILLE
Pardonne-moi mon fils; je la trouve charmante. J'en sais une à peu près pareille. Cependant, Elle est plus drôle encor que la tienne.
DERVILLE
Vraiment ?
Contez-la, nous pourrons juger des ressemblances.
MADAME DERVILLE
Ce sont absolument les mêmes circonstances : Un rendez-vous nocturne, un amant délicat, Respectant ce qu'il aime, et redoutant l'éclat; D'autre part, une femme, aussi jeune que belle; Un tiers qui se promène et qui fait sentinelle. Mon histoire diffère en deux points seulement!
DERVILLE
Voyons cela.
MADAME DERVILLF.
Sais-tu quel était cet amant, Dont on raille si bien la vertueuse flamme?
DERVI L LE.
Qui donc ?
madame derville, finement. C'était, dit-on, le cousin de la dame.
dervi l le, riant.
Le cousin de la dame!
adêle, à part.
O ciel!
DERVILLE
11 se pourrait!
MADAME DERVILLE
Et d'un autre côté, sais-tu bien quel était Cet ami complaisant, qui faisait sentinelle?
Avec force.
Le mari.
derville, foudroyé.
Le mari !
adèle, à part.
Juste Dieu! que dit-elle?
DERVILLE
Quoi! c'était le mari?
MADAME DERVILLE, singeant SOU fils .
« Dans le moment fatal, « C'est lui qui du galant promenait le cheval. »