ACTE V, SCÈNE III
DERVI LLE, à pur!.
Ah ! qu'entends-je?
adèle, à part.
Grand Dieu!
MADAME DERVI LLE, à paît.
L'anecdote le frappe.
Pendant le couplet suivant, Adèle et Derville ont les yeux baissés, et passent par les sentiments les plus opposés. L'homme de qui je parle, et dont le nom m'échappe, Si j'en crois les on dit, méritait bien son sort; Car, envers son épouse, il avait un grand tort. En principe Monsieur érigeait l'inconstance; Bien loin de s'attacher à sauver l'apparence, Pour ses galans exploits tout fier d'être cité, Lui-même leur donnait de la publicité; Et lorsqu'en dernier lieu, sa conduite imprudente Lui fit voir une scène à coup sûr innocente, Puisqu'un tiers s'y trouvait; il allait sans témoins Chercher un rendez-vous qui l'était beaucoup moins. Sa mère, qui blâmait cette indigne conduite, Témoin de tant d'écarts, en redouta la suite; Et voyant constamment rejeter ses avis, Crut devoir surveiller la femme de son fils, Et, ce certain parent, que l'époux infidèle S'obstinait à laisser toujours seul avec elle. La conséquence était bien facile à prévoir, 11 aima sa cousine à force de la voir. Long-temps il combattit sa coupable faiblesse; Mais sentant chaque jour augmenter sa tendresse, En ami délicat, en homme généreux, Il s'est expatrié pour rester vertueux...
Une chose au surplus, dont la mère, en son âme, A la conviction, c'est que la jeune femme Dans cette passion n'était pas de moitié.
Derville devient plus attentif.
Elle n'a jamais eu qu'une tendre amitié, Et bien qu'elle ait été cruellement blessée, N'a rien fait qui ne soit pur comme sa pensée.
Pendant un montait de silence, Derville jette sur Adèle un regard reconnaissant.
Eh! mais, qu'avez-vous donc tous deux en ce moment? Pourquoi baisser les yeux? vous m'étonnez vraiment. Vous ne trouvez donc pas mon histoire amusante!
A son fils qu'elle frappe sur l'épaule. Mon fils!
adèle, à part.
Que dira-t-il ? je suis toute tremblante. madame dervi l le.
La femme en question, voyons! qu'en penses-tu?
dervi lle.
Moi! qu'elle est un exemple accompli de vertu. madame derville.
Très bien. Et que dis-tu de l'époux infidèle, Qui de tant de maris est le brillant modèle?
DERVILLE
Je dis qu'il est un sot, et que je prétends bien, A dater d'aujourd'hui, ne l'imiter en rien.
MADAME DERVILLE
Encor mieux.