ACTE I, SCÈNE I il
L ISETTE.
Parbleu ! je le crois bien, que tu ne la vois pas! Finement.
C'est en particulier qu'elle prend ses repas.
COMTOIS
Tu plaisantes vraiment!
L ISETTE.
Ainsi le veut sa mère.
COMTOIS
Lisette!... là dessous il est quelque mystère... J'en suis bien aise : après le plaisir de conter, Selon moi, le plus grand est celui d'écouter. Tu vas de point en point, t'expliquer, ma petite;
.-/:■ : volubilité.
Dis-moi ce que tu sais; surtout dis-le moi vite!
LISETTE
Ma petite!... voyez comme il est familier! Eh bien! non.
Tiens, crois-moi, ne te fais pas prier. Tu brûles de parler, je brûle de t'entendre; Allons! Lisette, allons! ne nous fais pas attendre.
Lisette, souriant.
Tais-toi, mauvais plaisant! va, si je le pouvais, Je ne te dirais rien; mais au moins tu promets...
comtois, avec vivacité.
Parle, je promets tout, je meurs d'impatience.
L ISETTE.
Or donc, je te dirai que, depuis son enfance,
La fille de Madame était en pension,
Sans qu'ici jamais d'elle on eût fait mention.
Mais son institutrice enfin, à la vieillesse
Ayant payé tribut, notre jeune maîtresse
Par la poste chez nous arrivant un beau jour,
Nous apprend... qu'elle existe, et qu'elle est de retour.
comto is.
Quoi ! vous ne saviez pas qu'elle avait une fille, Vous qui... pour ainsi dire, êtes de la famille!
L ISETTE.
C'est une vérité, mon cher, voilà deux mois Que nous la vîmes tous pour la première fois. N'en sois pas étonné pourtant : Mademoiselle Dès l'enfance a quitté la maison paternelle, Et... je l'aperçois! Sors.
Qui ? moi !
LISETTE
Retire-toi.
Elle vient pour causer un moment avec moi.
Il sort.
SCÈZ^E II