‹ Œuvres (volume 3)Chapitre 66 sur 197 · ACTE I I , SC È N E I I IÇ · texte numérisé non relu

ACTE I I , SC È N E I I IÇ

Mais, puis-je l'oublier? mon père est un marchand.

Ma mère me témoigne un amour vrai, touchant,

Pour moi, de jour en jour, elle fait davantage,

Elle m'adore; mais... comme elle a peu d'usage!

Je ne puis relever les fautes qu'elle fait,

Le respect l'interdit; mais j'étouffe en secret!

Chaque mot, chaque geste est une inconvenance.

Lorsque je la vois près de rompre le silence,

Je tremble et je rougis... d'embarras... de courroux,

Et je voudrais pouvoir lui dire : Taisez-vous.

Oh! combien en ces lieux je me sens déplacée!

Mais chassons loin de moi cette triste pensée,

Et relisons ma lettre à la jeune Préval...

Elle va s'asseoir.

Ce début est mauvais; aujourd'hui j'écris mal; Ma plume ne vaut rien; mon style est détestable... 11 y faut renoncer...

Elle déchire sa lettre, et sonne. Un valet arrive.

Eloignez cette table...

Ramassez ce mouchoir.

Elle lui fait signe de sortir, et se lève.

Que faire ce matin?

Mon piano me déplaît, et, quant à mon dessin, 11 ne m'amuse guère.

120 l'éducation ou les deux cousines

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