‹ ŒuvresChapitre 10 sur 107 · LES HIRONDELLES · texte numérisé non relu

LES HIRONDELLES

Air de la romance de Joseph.

Captif au rivagje du Maure, Un guerrier, courbé sous ses fers, Disait : Je vous revois encore , Oiseaux ennemis des hivers. Hirondelles, que l'espérance Suit jusqu'en ces brûlants climats, Sans doute vous quittez la France :

De mon pays ne me parlez-vous pas?

Depuis trois ans je vous conjure De m'apporter un souvenir Du vallon où ma vie obscure Se berçait d'un doux avenir.

Au détour d'une eau qui chemine A flots purs, sous de frais lilas, Vous avez vu notre chaumine :

lUlS !lïïnS®EIin)IlEJL!l§ ,

CHANSONS DE BÉHANGER. 43

De ce vallon ne me parlez-vous pas?

L'une de vous peut-être est née Au toit où j'ai reçu le jour; Là d'une mère infortunée Vous avez dû plaindre l'amour.

Mourante , elle croit à toute heure Entendre le bruit de mes pas ; Elle écoute, et puis elle pleure.

De son amour ne me parlez-vous pas?

Ma sœur est-elle mariée ?

Avez-vous vu de nos garçons La foule, aux noces conviée, La célébrer dans leurs chansons?

Et ces compagnons du jeune âge Qui m'ont suivi dans les combats, Ont-ils revu tous le village ? • De tant d'amis ne me parlez-vous pas

Sur leurs corps l'étranger, peut-être,

M CHANSONS DE J>>EUANGEr..

Du v.'illon reprend le eliemiii;

. Sous mon chaume il commande en maître De ma sœur il trouble Thymen.

I*our moi plus de mère qui prie, Et par-tout des fers ici-bas."" wi Tlirondelles de ma patrie, \-^;': *

De ses malheurs ne me parlez-vous pas?

CHAÎNSONS DE BEUANGEIJ. 45

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