LE CHANT DU COSAQUE
Ain: Dis-moi, soldat, dis-moi. t'en souviens-tu?
Viens, mon coursier, noble ami du Cosaque ,
Vole au signal des trompettes du Nord,
Prompt au pillage, intrépide à l'attaque,
Prête sous moi des ailes à la Mort.
L'or n'enrichit ni ton frein ni ta selle ;
Mais attends tout du prix de mes exploits.
Hennis d'orgueil, ô mon coursier fidèle! j
/ bis.
Et foule aux pieds les peuples et les rois. |
La Paix, qui fuit, m'abandonne tes guides;
La vieille Europe a perdu ses remparts.
Viens de trésors combler mes mains avides;
Viens reposer dans l'asile des arts.
Retourne boire à la Seine rebelle,
(UJANSONS D\i i{EBANGi:il.
Où, tout sanj^lant, tu t'es lavé deux fois. Hennis d'orgueil, ô mou coursier fidèle ! Et foule aux pieds les peuples et les rois.
Gomme en un fort, princes, nobles et prêtres, Tous assiégés par des sujets souffrants, Nous ont crié : Venez! soyez nos maîtres ; Nous serons serfs pour demeurer tyrans.
J'ai pris ma lance, et tous vont devant elle Humilier et le sceptre et la croix.
Hennis d'orgueil, ô mon coursier fidèle! Et foule aux pieds les peuples et les rois.
.l'ai d'un géant vu le fantôme immense
Sur nos bivouacs fixer un œil ardent.
Il s'écriait: Mon régne recommence!
Et de sa bacbe il montrait l'Occident.
Du roi des Huns c'était l'ombre immortelle:
Fils d'Attila, j'obéis à sa voix.
Hennis d'orgueil , à mon coursier fidèle !
Et foule aux pieds les peuples et les rois.
CHANSOÎSS DE BÉUANGER. 37
Tout cet éclat dont l'Europe est si fière , Tout ce savoir qui ne la défend pas, S'engloutira dans les flots de poussière Qu'autour de moi vont soulever tes pas. Efface, efface, en ta course nauvelle.
Temples, palais, mœurs, souvenirs et lois. Hennis d'oipueil , ô mon coursier fidèle ! | Et foule aux pieds les peuples et les rois. |
us.
38 CHAiN8()[S8 DE HÉllANGEK.
LE BOIV PAPE.
Air (lu Sorcier.
Mêlant la fable et TÉcriture , Jadis un malin troubadour, D'un pape traça la peinture Qu'en me signant je mets au jour, Ce pontife à sa chambrière Disait: Quel bon lit dedredon'
Madondon,
Riez donc,
Sautez donc, .l'ai tout ce qu'exige saint Pierre.
Oui, de Cythère vieux routier, Je suis entier. (4/oî5.)
Je suis entier de caractère.
Pour mieux prouver aux novateurs Que tout doit obéir sur terre Au serviteur des serviteurs.
Du haut du trône où je me carre, Du ciel je tire le cordon.
Madondon,
Riez donc,
Sautez donc.
Convenez que sous la thiare Les amours ont un air altier.
Je suis entier. (4/oî5.)
Les pauvres peuples ne sont guère Qu'un ban d'esclaves abrutis, Ou discorde, ignorance et guerre Recrutent pour tous les partis.
Quand sur eux le mal s'accumule , De tous les biens Dieu me fait don.
Ma dondon,
Riez donc ,
Sautez donc.
Vénus met le pied dans ma mule , Bacchus remplit mon bénitier.
Je suis entier, {^fois.)
Que sont les rois? de sots belitres, Ou des brigands qui, gros d'orgueil, Donnant leurs crimes pour des titres, Entre eux se poussent au cercueil. A prix d'or je puis les absoudre, Ou changer leur sceptre en bourdon.
Ma dondon ,
Riez donc,
Sautez donc. ■ , •'
Regardez-moi lancer la foudre; .lupin ma l^ait son héritier.
Je suis entier. (4yb/s.)
Ce vieux conte, peu charitable.
Au bon pape fait dire enfin :
Quittons les amours pour la table; (^ Je crains que le monde n'ait faim.
CHANSONS DE BERANGEIÎ. A\
Saint Pierre, dans un cas terrible, A rengainé son espadon.
Ma dondon ,
Riez donc,.
Sautez donc.
Moi, je cesse d'être infaillible, D'Hercule j'ai fait le métier.
Je suis entier. (4 fois.)