‹ ŒuvresChapitre 20 sur 107 · DITHYRAMBE · texte numérisé non relu

DITHYRAMBE

Air : Je commence à m'apercevoir.

J'entonne sur les troubadours Un chant dithyrambique.

Malgré goût et logique , Coulez, vei's longs, moyens et courts.

Momus sommeille , Qu'on le réveille ; Gai farfadet , qu'il rie à notre oreille. Laissons , malgré maux et douleuis, L'Espérance essuyer nos pleurs :

Ijisette, apporte et du vin et des fleurs. Narguant des lois sévères, Troubadours et trouvères

Au nez des rois vidaient gaîment leurs verres.

Toi , doux rimeur que la beauté Mène par la lisière, Unis parfois le lierre ;

Aux roses de la Volupté.

Coupe remplie Par la Folie Met en gaîté femme tendre et jolie.

La colombe d'Anacréon, Dans la coupe de ce barbon, Buvait d'un vin père de la chanson.

Narguant des lois sévères.

Troubadours et trouvères Au nez des rois vidaient gaîment leurs verres.

Toi qui fais de religion

Parade à chaque rime , "

Qui sur la double cime Fais grimper la procession , Ta muse en masque Est lourde et flasque

Mais qu'un tendron te tire par la basque, Tu lui souris; et le bon vin Pour toi ne vieillit pas en vain , Beau joueur d'orgue au service divin.

Narguant des lois sévères.

Troubadours et trouvères Au nez des rois vidaient gaîment leurs verres.

Toi qui prends Boileau pour psautier, Du joug je te délie.

Veux-tu , près de Thalie ,

De Regnard être l'héritier ?

De cette muse Parfois abuse ; Enivre-la ; Molière est ton excuse.

Elle naquit sur un tonneau :

Pour lui rendre un éclat nouveau , Puise la joie au fond de son berceau.

Narguant des lois sévères , Troubadours et trouvères Au nez des rois vidaient gaîment leurs verres.

Du romantisme jeune appui, Descends de tes nuages ; Tes torrents, tes orages, (ceignent ton front d'un pâle ennui.

Mon camarade , Tiens, bois rasade ; C'est un julep pour ton cerveau malade. . , Entre naître et mourir, hélas !

Puisqu'on ne fait que quelques pas, On peut aller de travers ici-bas.

Narguant des lois sévères.

Troubadours et trouvères Au nez des rois vidaient gaîment leurs veires.

Oui , trouvères et troubadours . i

Sablaient force Champagne.

Mais je bats la campagne , L'ode et le vin font de ces tours.

Le ciel nous dote D'une marotte Tour-à-lour grave , et quinteuse et falole.

Le soleil s'est levé joyeux, Le front barbouillé de vin vieux.

Ah ! tout poète est le jouet des dieux. Narguant des lois sévères, Troubadours et trouvères Au nez des rois vidaient gaîment leurs verres.

CHANSOINS DE DÉRANGER.

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