‹ ŒuvresChapitre 19 sur 107 · POUK LA FÊTE DE MARIE · texte numérisé non relu

POUK LA FÊTE DE MARIE

AïK de ia Treille de siDcérité.

On achète Lyre et musette; Gomme tant d autres, à mon tour, Je me fais poète de cour. (6/5.)

Te chanter encore, ô Marie !

Non, vraiment je ne l'ose pas.

Ma muse enfin s'est aguerrie, Et vers la cour tourne ses pas. (bis.)

90 CHANSONS DE BÉRANGEH.

.Te gage, s'il naît un Voltaire, Qu'on emprunte pour l'acheter.

Prêt à me vendre au ministère, Pour toi je ne puis plus chanter.

On achète Lyre et musette ; Gomme tant d'autres , à mon tour , .Te me fais poète de cour.

Ce que je dirais pour te plaire Ferait rire ailleurs de pitié :

L'amour est notre moindre affaire ; Les grands ont banni l'amitié.

On siffle le patriotisme ; Ce qu'on sait le mieux, c'est compter J'adresse une ode à l'égoïsme.

Pour toi je ne puis plus chanter.

(^n achète Lyre et musette;

CHANSOiSS DE BÉRANGER. 91

Comme tant d'autres, à mon tour, .le me fais poète de cour.

Je crains que ta voix ne m inspire L'éloge des Grecs valeureux, Contre qui lJ|urope conspire Pour ne plus rougir devant eux.

En vain ton ame généreuse De leurs maux se laisse attrister ; Moi je chante l'Espagne heureuse.

Pour toi je ne puis plus chanter.

On achète Lyre et musette ; Comme tant d autres , à mon tour , Je me fais poète de cour.

Dans mes calculs, Dieu ! quel déboire Si de ton héros je parlais !

Il nous a légué tant de gloire Qu'on est embarrassé du legs.

î)2 ' CHANSONS DE BÉRANGEK.

Lorsque ta main pare son buste De lauriers qu'où doit respecter, J'encense une personne auguste.

Pour toi je ne puis plus chanter.

On achète Lyre et musette ; Comme tant d'autres, à mon tour, Je me fais poète de cour.

Pourquoi douter, chère Marie,

Que ton ami change à ce point?

Liberté, gloire, honneur, patrie.

Sont des mots qu'on n'escompte point, (bis.)

Des chants pour toi sont la satire

Des grands que j'apprends à flatter.

Non , quoi que mon cœur veuille dire,

Pour toi je ne puis plus chanter.

On achète

CHAÎSSONS DE DÉRANGER, 93

Lyre et musette ; Comme tant d'autres, à mon tour, Je me fais poète de cour. ( bis. )

COUPLET

ECRIT SUli UN RECUEIL DE CHANSONS MANUSCRITES DE K.

Aift (le la République.

Si j'étais roi, roi de la chansonnette, Gomme en secret me Ta dit maint flatteur, Votre recueil à ma Muse inquiète Dénoncerait un jeune usurpateur.

Car les conseils qu'en si bons vers il donne Au pauvre peuple, objet de tant d'effroi. Feraient trembler mon sceptre et ma couronne. Si j'étais roi. (bis.)

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