‹ ŒuvresChapitre 33 sur 107 · PRÉSIDENT DU DIRECTOIRE · texte numérisé non relu

PRÉSIDENT DU DIRECTOIRE

QUI m'avait adressé une chanson dont le refrain est :

Fouette! Fouette!

Chante toujours ; ne t'endors pas.

Air du vaudeville des Chevilles de maître Âdaïu.

Oui, je dormais sur un petit volume Qui me vaudra d'être encore étrillé, Lorsqu'en flatteur le bout de votre plume, Me chatouillant, m'a soudain réveillé.

.Te me suis dit : C'est présage céleste ; Les mauvais jours seraient-ils donc passés? Car je ne sais si quelque fouet nous reste. Mais jusqu'ici c'est qu'on nous a fessés.

CHANSOÎSS DE BÉRANGER. 143

Tout gai frondeur, semant le ridicule, Ne peut chez nous qu'en recueillir du mal. Notre empereur portait longue férule.

Puis est venu le martinet royal ; Et puis le knoïit, et puis les fils d'Ignace, Dont tous les fouets contre nous sont dressés. Dieu soit béni! mais, s'il ne nous fait grâce, Les chansonniers seront toujours fessés.

.l'ai bien reçu ma part des étrivières! Grippe-Minaud m'en donna pour trois mois. En refaisant des nœuds à ses lanières. Il me poursuit encor d'un œil sournois. Si de Tartufe on n'entend les trois messes. Si pour les grands l'encens ne brûle assez. C'est fait de nous ! nos seigneurs les Jean-fesses Aiment à voir les bonnes gens fessés.

Vous qui chantez comme on chante au bel â^e, '" Des rois, des saints, ne plaisantez donc pas; Ou, trop enclin au joyeux persiflage.

Vivez loiY-temps, allez bien tard là bas. , ; Car en enfer on marque votre place; Des noirs démons les bras sont retroussés. Vous et Collé, même aussi votre Horace, Ensemble un jour vous serez tous fessés, i.r; j ,

' • if

CHANSONS DE DERANGER. 145

Page 1