‹ ŒuvresChapitre 35 sur 107 · LE CONVOI DE DAVID · texte numérisé non relu

LE CONVOI DE DAVID

Air de Roland.

Non , non , vous ne passerez pas, Crie un soldat sur la frontière , A ceux qui de David, hélas!

Rapportaient chez nous la poussière.

-Soldat, disent-ils dans leur deuil, Proscrit-on aussi sa mémoire?

Quoi! vous repoussez son cercueil, Et vous héritez de sa gloire!

CHOEUR

Fùt-il privé de tous les biens.

Eût-il à trembler sous un maître ,

Heureux qui meurt parmi les siens

Aux bords sacrés (bis) qui l'ont vu naître! I^bis.)

150 , GHAÎNSONS DE BÉUANGEIl.

» ■ Non, non, vous ne passerez pas.

Dit le soldat avec fnrie.

— Soldat, ses yeux jusqu'au trépas

Se sont tournés vers la patrie.

Il en soutenait la splendeur

Ou fond d'un exil qui Thonore;

C'est par lui que notre grandeui

Sui' la toile respire encore. , .

CHOEUR

Fût-il privé de tous les biens,

Eût-il à trembler sous un maître,

Heureux qui meurt parmi les siens

Aux bords sacrés (bis) ([ui l'ont vu naître ! (bis.)

Non , non , vous ne passerez pas,

Redit plus bas la sentinelle.

— Le peintre de Léonidas

Dans la liberté n'a vu qu'elle.

'■ On lui dut le noble appareil '^

Des jours de joie et d'espérance ,

CHANSONS DE DERANGER. 15 J

Où les beaux-arls à leur réveil Fêtaient le réveil de la France.

CHOEUR

Fût-il privé de tous les biens, Eût-il à trembler sous un maître , Heureux qui meurt parmi les siens Aux bords sacrés {bis) qui l'ont vu naître! {bis.)

Non , non , vous ne passerez pas, Dit le soldat; c'est ma consigne.

-Du plus grand de tous les soldats Il fut le peintre le plus digne.

A l'aspect de l'aigle si fier, Plein d'Homère et lame exaltée, David crut peindre Jupiter, Hélas! il peignait Prométhée.

CHCffiUR.

Fût-il privé de tous les biens, Eût-il à trembler sous un mai tic.

Heureux qui meurt parmi les siens

Aux bords sacrés {bis) qui l'ont vu naître! (bis.)

Non, non, vous ne passerez pas, Dit le soldat, devenu triste.

— Le héros après cent combats

Succombe, et l'on proscrit l'artiste. ; • Chez l'étranger la mort l'atteint:

Qu'il dut trouver sa coupe amèrc !

Aux cendres d'un j^énie éteint, France , tends les bras d'une mère.

CHOEUR

Fût-il privé de tous les biens.

Eût-il à trembler sous un maître,

Heureux qui meurt parmi les siens

Aux bords sacrés {bis) qui l'ont vu naître! {bis.)

Non, non, vous ne passerez pas, Dit la sentinelle attendrie.

—Eh bien! retoiu-nons sur nos pas.

Adieu, terre qu'il a chérie!

Les arts ont perdu le flambeau Qui fit pâlir l'éclat de Rome.

Allons mendier un tombeau Pour les restes de ce grand homme.

CHOEUR

Fût-il privé de tous les biens ,

Eùt-il à trembler sous un maître,

Heureux qui meurt parmi les siens

Aux bords sacrés (bis) qui l'ont vu naître! (bis.)

lU CHANSONS DE BERANGER.

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(3(1 (j (1(1(1 (i(i©(i(j(i(i^L^ €)€)©©©©©©©©©©© LES INFINIMENT PETITS,

OtI

LA GÉRONTOCRATIE.

Air : Ainsi jadis un grand prophète.

.l'ai foi dans la sorcellerie.

Or un grand sorcier l'autre soir

M'a fait voir de notre patrie

Tout l'avenir dans un miroir.

Quelle image désespérante !

Je vois Paris et ses faubourgs :

Nous sommes en dix-neuf cent trente ,

Et les barbons régnent toujours.

Un peuple de nains nous remplace; ' Nos petits-fils sont si petits, Qu'avec peine dans cette glace ,

3LJ1S ÏISIirEMÏÏMIilK'^ï ■jpïiTTmrs,

Sous leurs toits je les vois blottis.

La France est l'ombre du fantôme De la France de mes beaux jours.

Ce n'est qu'un tout petit royaume ; Mais les barbons réfjnent toujours.

Combien d'imperceptibles êtres !

De petits jésuites bilieux !

De milliers d'autres petits prêtres Qui portent de petits bons dieux !

Béni par eux, tout dégénère ; Par eux la plus vieille des cours N'est plus qu'un petit séminaire j Mais les barbons régnent toujours.

Tout est petit, palais, usines, Sciences, commerce, beaux-arts.

De bonnes petites famines Désolent de petits remparts.

Sur la frontière mal fermée , Marche, au bruit de petits tambours ,

Une pauvre petite armée ;

Mais les barbons régnent toujours.

Enfin le miroir prophétique, Complétant ce triste avenii', Me montre un {jéant hérétique Qu'un monde a peine à contenir.

Du peuple pygmée il s'approche," Et, bravant de petits discours, Met le royaume dans sa poche ; Mais les barbons régnent toujours.

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