‹ ŒuvresChapitre 38 sur 107 · LA JOURNÉE DE WATERLOO · texte numérisé non relu

LA JOURNÉE DE WATERLOO

Air : Muse des bois et des accords chauipétres.

De vieux soldats m'ont dit : « Grâce à ta Muse, <( Le peuple enfin a des chants pour sa voix. .' Ris du laurier qu'un parti te re^fuse; « Consacre encor des vers à nos exploits. ' Chante ce jour qu'invoquaient des perfides, " Ce dernier jour de gloire et de revers. » — J'ai répondu, baissant des yeux humides: Son nom jamais n'attristera mes vers.

Qui, dans Athène, au nom de Chéronée Mêla jamais des sons harmonieux?

J68 CHANSOlNS DE BÉRANGER.

Par la fortune Athènes détrônée Maudit Philippe, et douta de ses dieux. Un jour pareil voit tomber notre empire, Voit Tétranger nous rapporter des fers, Voit des Français lâchement leur sourire. Son nom jamais n'attristera mes vers.

Périsse enfin le géant des batailles !

Disaient les rois : peuples, accourez tous.

La Liberté sonne ses funérailles;

Par vous sauvés, nous régnerons par vous.

Le géant tombe, et ces nains sans mémoire

A Tesclavage ont voué l'univers.

Des deux côtés ce jour trompa la Gloire.

Son nom jamais n'attristera mes vers.

Mais quoi ! déjà les hommes d'un autre âge, De ma douleur se demandent l'objet.

Que leur importe en effet ce naufrage?

Sur le torrent leiu- berceau surnageait. Qu'ils soient heureux ! leur astre qui se lève,

CHANSOT^S DE DÉRANGER. 1G9

Du jour funeste efface les revers.

Mais, dût ce jour n'être plus qu'un vain rêve,

Son nom jamais n'attristera mes vers.

COWLET

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