LA FEMME DU BRACONNIER
Ain: Soir et matin sur la fougère.
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Un enfant dort à sa mamelle; Elle en porte un autre à son dos.
L'aîné quelle traîne après elle, Gèle pieds nus dans ses sabots.
Hélas! des gardes qu'il courrouce Au loin, le père est prisonnier.
Dieu , veillez sur Jeanne-la-Rousse ; On a surpris le braconnier.
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.1(? Tai vue heureuse et parée; Elle cousait, chantait, Hsait.
Du magister fille adorée, Par son bon cœur elle plaisait, .l'ai pressé sa main blanche et douce.
En dansant sous le marronier.
Dieu, veillez sur Jeanne-la-Rousse; On a surpris le braconnier.
Un fermiei" riche et de son âge , Quelle espérait voir son époux, fia quitta, parcequ'au village On riait de ses cheveux roux.
Puis deux, puis trois; chacun repousse Jeanne qui n'a pas un denier.
Dieu, veillez sur Jeanne-la-Rousse; On a surpris le braconnier.
Mais un vaurien dit: « Rousse ou blonde, « Moi, pour femme, je te choisis.
324 CHx\NSOiNS DE DÉRANGER.
« En vain les (^fardes font la ronde ; i< .l'ai bon repaire et trois fusils.
« Faut-il bénir mon lit de mousse ; u Du château payons l'aumônier, h
Dieu, veillez sur Jeanne-la-Rousse ;
On a surpris le braconnier. ;:h : ''
Doux besoin d'être épouse et mère : :\< ' Fit céder Jeanne qui, trois fois, Depuis, dans une joie amère , Accoucha seule au fond des bois.
Pauvres enfants ! chacun d'eux pousse Frais comme un l:>outon printanier.
Dieu, veillez sur.Ieanne-la-Rousse; On a surpris le braconnier.
<,)uel miracle un bon cœur opèro ! .1 canne , lidéle à ses devoirs , .Sourit encor; car, de leur père, Ses HIs auront les cheveux noiis.
CHANSONS DE BÉUANGEli. 825
Elle sourit; car sa voix douce Rend Fespoir à son prisonnier.
Dieu, veillez sur Jeamie-la-Rousse ; On a surpris le braconnier.
CBANSOINS DE BERANGER