‹ Œuvres (volume 2)Chapitre 157 sur 785 · SCÈNE VI · texte numérisé non relu

SCÈNE VI

VALÈRE, ORGON, MADAME PERNELLE, ELMIRE, CLÉANTE, MARI ANE, DAMIS, DOR1NE.

valère. Avec regret, monsieur, je viens vous affliger;

Mais je m’y vois contraint par le pressant danger.

Un ami, qui m’est joint d’une amitié fort tendre,

Et qui sait l’intérêt qu’en vous j’ai lieu de prendre ,

A violé pour moi, par un pas délicat,

Le secret que l’on doit aux affaires d’état,

Et me vient d’envoyer un avis dont la suite Vous réduit au parti d’une soudaine fuite.

Le fourbe, qui long-temps a pu vous imposer,

Depuis une heure au prince a su vous accuser,

Et remettre en ses mains, dans les traits qu’il vous jette, D’un criminel d’état l’importante cassette,

Dont, au mépris, dit-il, du devoir d’un sujet,

Vous avez conservé le coupable secret.

J’ignore le détail du crime qu’on vous donne;

Mais un ordre est donné contre votre personne;

Et lui-même est chargé, pour mieux l’exécuter, D’accompagner celui qui vous doit arrêter. cléante. Voilà ses droits armés; et c’est par où le traître

De vos biens qu’il prétend cherche à se rendre maître. orgon. L’homme est, je vous l’avoue, un méchant animal! valère. Le moindre amusement vous peut ctre fatal.

J’ai, pour vous emmener, mon carrosse à la porte,

Avec mille louis qu’ici je vous apporte.

Ne perdons point de temps: le trait est foudroyant;

Et ce sont de ces coups que l’on pare en fuyant.

A vous mettre en lieu sur je m’offre pour conduite,

Et veux accompagner jusqu’au bout votre fuite. orgon. Las! que ne dois-je point à vos soins obligeants!

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