LE PRINCE
Monseigneur,
’en déplaise à nos beauxesprits , je ne vois rien de plus ennuyeux que les épitres dédicatoires; et Votre Altesse Sérénissinie trouvera bon, s’il lui plait, que je ne suive point ici le style de ces messieurs-la , et refuse de me servir de deux ou trois misérables pensées qui ont été tournées et retournées tant
de fois qu’elles sont usées de tous les côtés. Le nom du grand Coudé est un nom trop glorieux pour le traiter comme on fait tous les autres noms. U ne faut l’appliquer, ce nom illustre, qu’à des emplois qui soient dignes de lui ; et, pour dire de belles choses, je voudrais parler de le mettre à la tète d’une armée plutôt qu’à la tète d’un livre, et je conçois bien mieux ce qu’il est capable de faire en l’opposant aux forces des ennemis de cet État qu’en l’opposant à la critique des ennemis d’une comédie.
Ce n’est pas , Monseigneur, que la glorieuse approbation de Votre Altesse Sérénissime 11e fut une puissante protection