SCÈNE
AMPHITRYON, seul.
Ah! quel étrange coup m’a-t-il porté dans l’ame!
En quel trouble cruel jette-t-il mon esprit!
Et si les choses sont comme le traître dit,
Où vois-je ici réduits mon honneur et ma flamme!
A quel parti me doit résoudre ma raison?
Ai-je l’éclat ou le secret à prendre?
Et dois-je, en mon courroux, renfermer ou répandre
AMPHITRYON
Le déshonneur de ma maison !
Ah! faut-il consulter dans un affront si rude? Je n’ai rien à prétendre et rien à ménager;
Et toute mon inquiétude Ne doit. aller qu’à me venger.
AMPHITRYON, SOSIE, NAUCRATÈS et POLIDAS dans le fond du théâtre.
sosie, à. Amphytrion.
Monsieur, avec mes soins, tout ce que j’ai pu faire, C’est de vous amener ces messieurs que voici. amphitryon. Ah! vous voilà!
sqsie. Monsieur.
amphitryon. Insolent! téméraire!
sosie. Quoi?
amphitryon. Je vous apprendrai de me traiter ainsi. sosie. Qu’est-ce donc? qu’avez-vous?
amphitryon, mettant l’épée à la main. Ce que j’ai, misérable! sosie, à Naucratès et à Polidas.
Holà, messieurs! venez donc tôt.
naucratès, à Amphitryon.
Ah! de grâce, arrêtez.
sosie. De quoi suis-je coupable?
amphitryon. Tu me le demandes, maraud!
[ci Naucratès.) Laissez-moi satisfaire un courroux légitime.
sosie. Lorsque Ton pend quelqu’un on lui dit pourquoi c’est. naucratès, à Amphytrion.
Daignez nous dire au moins quel peut être son crime. sosie. Messieurs, tenez bon, s’il Yrous plaît. amphitryon. Comment! il vient d’avoir l’audace De me fermer la porte au nez ,
Et de joindre encor la menace A mille propos effrénés!
(■ voulant le frapper.)
Ah! coquin!
sosie, tombant à genoux. Je suis mort.
naucratès, à Amphytrion. Calmez cette colère. sosie. Messieurs.