‹ Œuvres (volume 2)Chapitre 218 sur 785 · IG · texte numérisé non relu

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2Ï<; GEORGE DANDIN

madame de sotenville. Encore! Est-il possible , notre gendre , que vous sachiez si peu votre monde, et qu’il n’y ait pas moyen de vous instruire de la manière qu’il faut vivre parmi les personnes de qualité! george dandin. Comment?

madame de soTK.N ville. Ne vous déferez-vous jamais avec moi de la familiarité de ce mot de ma belle-mère, et ne sauriez-vous vous accoutumer à me dire madame ?

george dandin. Parbleu ! si vous m’appelez votre gendre, il me semble que je puis vous appeler ma belle-mère. madame de soten ville. Il y a fort à dire, et les choses ne sont pas égales. Apprenez, s’il vous plaît, que ce n’est pas à vous à vous servir de ce mot-là avec une personne de ma condition; que, tout notre gendre que vous soyez, il y a grande différence de vous à nous, et que vous devez vous connoître. monsieur de sotenville. C’en est assez , m’amour; laissons cela. madame de sotenville. Mon Dieu ! monsieur de Sotenville, vous avez des indulgences qui n’appartiennent qu’à vous, et vous ne savez pas vous faire rendre par les gens ce qui vous est dû. monsieur de sotenville. Corbleu ! pardonnez-moi; on ne peut point me faire de leçons là-dessus, et j’ai su montrer en ma vie, par vingt actions de vigueur, que je ne suis point homme à démordre jamais d’une partie de mes prétentions; mais il suffit de lui avoir donné un petit avertissement. Sachons un peu, mon gendre, ce que vous avez dans l’esprit.

george dandin. Puisqu’il faut donc parler catégoriquement, je vous dirai, monsieur de Sotenville, que j’ai lieu de.... monsieur de sotenville. Doucement, mon gendre. Apprenez qu’il n’est pas respectueux d’appeler les gens par leur nom, et qu’à ceux qui sont au-dessus de nous, il faut dire monsieur tout court. george dandin. Eli bien ! monsieur tout court, et non plus monsieur de Sotenville, j’ai à vous dire que ma femme me donne.... monsieur de sotenville. Tout beau ! apprenez aussi que vous ne devez pas dire ma femme quand vous parlez de notre fille. george dandin. J’enrage. Comment! ma femme n’est pas ma femme? madame de sotenville. Oui , notre gendre, elle est votre femme; mais il ne vous est pas permis de l’appeler ainsi, et c’est tout ce que vous pourriez faire si vous aviez épousé une de vos pareilles. george dandin, à part. Ah! George Dandin, où t’es-tu fourré! (Haut.) Eli! de grâce, mettez pour un moment votre gentil ho mmerie à côté, et souffrez que je vous parle maintenant comme je pourrai. (A part.) Au diantre soit la tyrannie de toutes ces histoires-là! (A monsieur de Sotenville.) Je vous dis donc que je suis mal satisfait de mon mariage.

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