‹ Œuvres (volume 2)Chapitre 221 sur 785 · DANDIN · texte numérisé non relu

DANDIN

monsieur de sotenville. Monsieur, suis-je connu de vous?

CLITANDRE. Non pas , que je sache, monsieur.

monsieur de sotenville. Je m’appelle le baron de Sotenville.

CLITANDRE. Je m’en réjouis fort.

monsieur de sotenville. Mon nom est connu à la cour; et j’eus l’honneur, dans ma jeunesse, de me signaler des premiers «à l’arrière-ban de Nancy.

clitandre. A la bonne heure.

monsieur de sotenville. Monsieur mon père, Jean-Gilles de Sotenville, eut la gloire d’assister en personne au grand siège deMontauban.

clitandre. J’en suis ravi.

monsieur de sotenville. Et j’ai eu un aïeul, Bertrand de Sotenville, qui fut si considéré en son temps, que d’avoir permission de vendre tout son bien pour le voyage d’outre-mer.

clitandre. Je le veux croire.

monsieur de sotenville. Il m’a été rapporté, monsieur, que vous aimez et poursuivez une jeune personne, qui est ma fille, pour laquelle je m’intéresse ( montrant George Dandin ), et pour l’homme que vous voyez, qui a l’honneur d’être mon gendre.

clitandre. Qui? moi?

monsieur de sotenville. Oui ; et je suis bien aise de vous parler, pour tirer de vous, s’il vous plaît, un éclaircissement de cette affaire.

clitandre. Voilà une étrange médisance! Qui vous a dit cela, monsieur?

GIÎORGE DANDIN,

monsieur df, soTENviLLF.. Quelqu’un qui croit le bien savoir. clitandre. Ce quelqu’un-lù en a menti. Je suis honnête homme. Me croyezvous capable, monsieur, d’une action aussi lâche que celle-la? Moi, aimer une jeune et belle personne qui a l’honneur d’être la fille de monsieur le baron de Sotenvillc ! je vous révère trop pour cela , et suis trop votre serviteur. Quiconque vous l’a dit, est un sot. monsieur de soten ville. Allons, mon gendre.

GEORGE DANDIN. Quoi ?

clitandre. C’est un coquin et un maraud.

monsieur de sotenville, a George Dandin. Répondez.

george dandin. Répondez vous-même.

clitandre. Si je savois qui ce peut être , je lui donnerois , en votre présence , de l’épée dans le ventre.

monsieur de sotenville, à George Dandin. Soutenez donc la chose. george dandin. Elle est toute soutenue. Cela est vrai. clitandre. Est-ce votre gendre , monsieur , qui ?...

monsieur de sotenville. Oui , c’est lui-même qui s’en est plaint a moi. clitandre. Certes, il peut remercier l’avantage qu’il a de vous appartenir; et , sans cela, je lui apprcndrois bien à tenir de pareils discours d’une personne comme moi.

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