‹ Œuvres (volume 2)Chapitre 235 sur 785 · SCÈNE VUE · texte numérisé non relu

SCÈNE VUE

GEORGE DANDIN, seul.

Je n’ai pu me servir, avec cet innocent , de la pensée que j’avois. Mais le nouvel avis qui lui est échappé feroit la même chose; et, si le galant est chez moi, ce seroit pour avoir raison aux yeux du père et de la mère, et les convaincre pleinement de l’effronterie de leur fille. Le mal de tout ceci, c’est que je ne sais comment faire pour profiter d’un tel avis. Si je rentre chez moi, je ferai évader le drôle; et, quelque chose que je puisse voir moi-même de mon déshonneur, je n’en serai point cru à mon serment, et Ton me dira que je rêve. Si, d’autre part, je vais quérir beau-père et belle-mère , sans être sûr de trouver

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chez moi le galant, ce sera la meme chose, et je retomberai dans l’inconvénient de tantôt. Pourrois-je point m’éclaircir doucement s’il y est encore? ( après avoir été regarder par le trou de la serrure .) Ah, ciel! il n’en faut plus douter, et je viens de l’apercevoir par le trou de la porte. Le sort me donne ici de quoi confondre ma partie; et, pour achever l’aventure, il fait venrà point nommé les juges dont j’avois besoin.

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