‹ Œuvres (volume 2)Chapitre 26 sur 785 · ACTE 111, SCÈNE I · texte numérisé non relu

ACTE 111, SCÈNE I

Je ne m’étois jamais mêlé d’être si savant que cela, et toutes mes études n’ont été que jusqu’en sixième. Je ne sais point sur quoi cette imagination leur est venue; mais, quand j’ai vu qu’à toute force ils vouloient que je fusse médecin , je me suis résolu de l’ètre aux dépens de qui il appartiendra. Cependant vous ne sauriez croire comment l’erreur s’est répandue, et de quelle façon chacun est endiablé à me croire habile homme. On me vient chercher de tous les côtés; et si les choses vont toujours de même, je suis d’avis de m’en tenir toute ma vie à la médecine. Je trouve que c’est le métier le meilleur de tous; car, soit qu’on fasse bien ou soit qu’on fasse mal, on est toujours payé de meme sorte. La méchante besogne ne retombe jamais sur notre dos, et nous taillons comme il nous plaît sur l’étoffe où nous travaillons. Un cordonnier, en faisant des souliers, ne sauroit gâter un morceau de cuir qu’il n’en paie les pots cassés; mais ici l’on peut gâter un homme sans qu’il en coûte rien. Les bévues ne sont point pour nous, et c’est toujours la faute de celui qui meurt. Enfin, le bon de cette profession est qu’il y a, parmi les morts, une honnêteté, une discrétion la plus grande du monde, et jamais on n’en voit se plaindre du médecin qui l’a tué.

r kvn dre. 11 est vrai que les morts sont fort honnêtes gens sur cette matière.

sganarelle, voyant des hommes qui viennent à lui. Voilà des gens qui ont la mine de me venir consulter, (à Léanclre.) Allez toujours m’attendre auprès du logis de votre maîtresse.

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