SCENE VII
HARPAGON, criant au valeur dès le jardin.
Au voleur! au voleur! à l’assassin! au meurtrier! Justice, juste ciel ! je suis perdu , je suis assassiné ! on m’a coupe la gorge : on m’a dérobé mon argent. Qui peut-ce être? Qu’est-il devenu? Où est-il? Où se cache-t-il? Que ferai-je pour le trouver? Où courir? Où ne pas courir? N’est-il point là? N’est-il point ici? Qui est-ce? Arrête, (à lui-même , se prenant par le bras.) Rends-moi mon argent, coquin... Ali! cest moi ! Mon esprit est troublé, et j’ignore où je suis, qui je suis et ce que je fais. Hélas! mon pauvre argent ! mon pauvre argent! mon cher ami! on m’a privé de toi; et puisque tu m’es enlevé , j’ai perdu mon support, ma consolation , ma joie : tout est fini pour moi , et je n’ai plus que faire au monde. Sans toi , il m’est impossible de vivre. C’en est fait, je n’en puis plus; je me meurs, je suis mort; je suis enterré. N’v a-t-il per-