‹ Œuvres (volume 2)Chapitre 359 sur 785 · SCÈNE IV · texte numérisé non relu

SCÈNE IV

MONSIEUR DE POURCEAUGNAC, S BRIGAND

monsieur de pourceaugnac, se croyant seul. Piglialo sù, piglialo sù , signor monsu. Que diable est-ce là? [apercevant Sbrigani.) Ah! sbrigan i . Qu’est-ce, monsieur? Qu’avez- vous?

monsieur de pourceaugnac. Tout ce que je vois me semble lavement. sbrigani. Comment?

monsieur de pourceaugnac:. Vous ne savez pas ce qui m’est arrivé dans ce loyis à la porte duquel vous m’avez conduit? sbrigani. Non, vraiment. Qu’est-ce que c’est?

monsieur de pourceaugnac. Je pensois y être régalé comme il faut. sbrigani. Hé bien?

monsieur de pourceaucnac. Je vous laisse entre les mains de monsieur. Des médecins habillés de noir. Dans une chaise. Tâter le pouls. Comme ainsi soit. Il est fou. Deux gros joufflus. Grands chapeaux. Buon d'i , buon dl. Six pantalons. Ta, ra, ta, ta; ta, ra, ta, ta. Allegramente , monsu Pourceaugnac. Apothicaire. Lavement. Prenez , monsieur ; prenez, prenez. 11 est bénin, bénin, bénin. C’est pour déterger, pour détcrger, déterger. Piglialo sù, signor monsu j piglialo , piglialo , piglialo sù. Jamais je n’ai été si saoul de sottises. sbrigani. Qu’est-ce que tout cela veut dire?

monsieur de pourceaugnac. Cela veut dire cjue cet homme-là, avec ses grandes embrassades, est un fourbe qui m’a mis dans une maison pour se moquer de moi , et me faire une pièce. sbrigani. Cela est-il possible ?

monsieur de pourceaugnac. Sans doute. Ils étoient une douzaine de possédés après mes chausses ; et j’ai eu toutes les peines du monde a m’échapper de leurs pattes.

sbrigani. Voyez un peu; les mines sont bien trompeuses! Je 1 aurois cru le plus affectionné de vos amis. Voilà un de mes étonnements, comme il est possible qu’il y ait des fourbes comme cela dans le monde. monsieur de pourceaugnac. Ne sens-je point le lavement? Voyez, je vous prie.

sbrtgani . Hé! il y a quelque petite chose qui approche de cela. monsieur DE fourceaugnac. J’ai l’odorat et l’imagination tout remplis de

Page 1