ACTE V, SCENE III
dorimène. J’ai été bien aise d’être des premiers, monsieur, à venir vous féliciter du haut degré de gloire où vous êtes monté.
monsieur Jourdain. Madame , je vous souhaite toute l’année votre rosier fleuri. Je vous suis infiniment obligé de prendre part aux honneurs qui m’arrivent ; et j’ai beaucoup de joie de vous voir revenue ici pour vous faire les très-humbles excuses de l’extravagance de ma femme.
noRiMÈNE. Cela n’est rien ; j’excuse en elle un pareil mouvement : votre cœur lui doit être précieux ; et il n’est pas étrange que la possession d’un homme comme vous puisse inspirer quelques alarmes.
monsieur Jourdain. La possession de mon cœur est une chose qui vous est tout acquise.
dorante. Vous voyez , madame, que M. Jourdain n’est pas de ces gens que les prospérités aveuglent; et qu’il sait, .dans sa grandeur, connoître encore ses amis.
dorimène. C’est la marque d’une amc tout-à-fait généreuse.
dorante. Où est donc son altesse turque? Nous voudrions bien, comme vos amis, lui rendre nos devoirs.
monsieur Jourdain. Le voilà qui vient ; et j’ai envoyé quérir ma fille pour lui donner la main.