PSYCHÉ, CIDIPPE, AGLAURE , CLÉOMÈNE, AGÉNOR
cidippe.. Venez jouir, ma sœur, de ce qu’on vous apprête.
AGLAURE. Préparez vos attraits a recevoir ici
Le triomphe nouveau d’une illustre conquête. cidippe. Ces princes ont tous deux si bien senti vos coups ,
Qu’à vous le découvrir leur bouche se dispose. psyché. Du sujet qui les tient si rêveurs parmi nous Je ne me croyois pas la cause;
Et j’aurois cru toute autre chose,
En les voyant parler à vous.
aglaure. N’ayant ni beauté ni naissance
PSYCHÉ
A pouvoir mériter leur amour et leurs soins ,
Ils nous favorisent au moins De l’honneur de la confidence.
ci.KOJiÈNr, , a Psyché.
L’aveu qu’il nous faut faire à vos divins appas Est sans doute, madame , un aveu téméraire;
Riais tant de cœurs, près du trépas ,
Sont, par de tels aveux , forcés à vous déplaire ,
Que vous êtes réduite à ne les punir pas Des foudres de votre colère.
Vous voyez en nous deux amis Qu’un doux rapport d’humeurs sut joindre dès l’enfance; Et ces tendres liens se sont vus affermis Par cent combats d’estime et de reconnoissance.
Du destin ennemi les assauts rigoureux,
Les mépris de la mort , et l’aspect des supplices ,
Par d’illustres éclats de mutuels offices,
Ont de notre amitié signalé les beaux nœuds ;
Mais, à quelques essais qu’elle se soit trouvée ,
Son grand triomphe est en ce jour ;
Et rien ne fait tant voir sa constance éprouvée ,
Que de se conserver au milieu de l’amour.
Oui , malgré tant d’appas , son illustre constance Aux lois qu’elle nous fait a soumis tous nos vœux ;
Elle vient , d’une douce et pleine déférence ,
Remettre à votre choix le succès de nos feux ;
Et, pour donner un poids à notre concurrence,
Qui des raisons d’état entraîne la balance Sur le choix de l’un de nous deux ,
Cette même amitié s’offre , sans répugnance ,
D’unir nos deux états au sort du plus heureux. aoknor. Oui, de ces deux états, madame,
Que sous votre heureux choix nous nous offrons d'unir, Nous voulons faire à notre flamme Un secours pour vous obtenir.
Ce que, pour ce bonheur, près du roi votre père ,
Nous nous sacrifions tous deux,
N’a rien de difficile à nos cœurs amoureux ;
Et c’est au plus heureux faire un don nécessaire D’un pouvoir dont le malheureux,
Madame, n’aura plus affaire.
i'sychk. Le choix que vous m’offrez, princes, montre à mes yeux De quoi remplir les vœux de l’arne la plus fi ère ;