‹ Œuvres (volume 2)Chapitre 506 sur 785 · PSYCHÉ, CIDIPPE, AGLAURE , CLÉOMÈNE, AGÉNOR · texte numérisé non relu

PSYCHÉ, CIDIPPE, AGLAURE , CLÉOMÈNE, AGÉNOR

cidippe.. Venez jouir, ma sœur, de ce qu’on vous apprête.

AGLAURE. Préparez vos attraits a recevoir ici

Le triomphe nouveau d’une illustre conquête. cidippe. Ces princes ont tous deux si bien senti vos coups ,

Qu’à vous le découvrir leur bouche se dispose. psyché. Du sujet qui les tient si rêveurs parmi nous Je ne me croyois pas la cause;

Et j’aurois cru toute autre chose,

En les voyant parler à vous.

aglaure. N’ayant ni beauté ni naissance

PSYCHÉ

A pouvoir mériter leur amour et leurs soins ,

Ils nous favorisent au moins De l’honneur de la confidence.

ci.KOJiÈNr, , a Psyché.

L’aveu qu’il nous faut faire à vos divins appas Est sans doute, madame , un aveu téméraire;

Riais tant de cœurs, près du trépas ,

Sont, par de tels aveux , forcés à vous déplaire ,

Que vous êtes réduite à ne les punir pas Des foudres de votre colère.

Vous voyez en nous deux amis Qu’un doux rapport d’humeurs sut joindre dès l’enfance; Et ces tendres liens se sont vus affermis Par cent combats d’estime et de reconnoissance.

Du destin ennemi les assauts rigoureux,

Les mépris de la mort , et l’aspect des supplices ,

Par d’illustres éclats de mutuels offices,

Ont de notre amitié signalé les beaux nœuds ;

Mais, à quelques essais qu’elle se soit trouvée ,

Son grand triomphe est en ce jour ;

Et rien ne fait tant voir sa constance éprouvée ,

Que de se conserver au milieu de l’amour.

Oui , malgré tant d’appas , son illustre constance Aux lois qu’elle nous fait a soumis tous nos vœux ;

Elle vient , d’une douce et pleine déférence ,

Remettre à votre choix le succès de nos feux ;

Et, pour donner un poids à notre concurrence,

Qui des raisons d’état entraîne la balance Sur le choix de l’un de nous deux ,

Cette même amitié s’offre , sans répugnance ,

D’unir nos deux états au sort du plus heureux. aoknor. Oui, de ces deux états, madame,

Que sous votre heureux choix nous nous offrons d'unir, Nous voulons faire à notre flamme Un secours pour vous obtenir.

Ce que, pour ce bonheur, près du roi votre père ,

Nous nous sacrifions tous deux,

N’a rien de difficile à nos cœurs amoureux ;

Et c’est au plus heureux faire un don nécessaire D’un pouvoir dont le malheureux,

Madame, n’aura plus affaire.

i'sychk. Le choix que vous m’offrez, princes, montre à mes yeux De quoi remplir les vœux de l’arne la plus fi ère ;

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