‹ Œuvres (volume 2)Chapitre 507 sur 785 · ACTE I, SCÈNlî · texte numérisé non relu

ACTE I, SCÈNlî

Et vous me le parez tous deux d’une manière Qu’on 11e peut rien offrir qui soit plus précieux.

Y os feux, votre amitié , votre vertu suprême,

Tout me relève en vous l’offre%de votre foi ,

Et j’y vois un mérite à s’opposer lui-même A ce que vous voulez de moi.

Ce n’est pas à mon cœur qu’il laut que je défère,

Pour entrer sous de tels liens ;

Ma main, pour se donner, attend l’ordre d’un père ,

Et mes sœurs ont des droits qui vont devant les miens.

Mais, si l’on me rendoit sur mes vœux absolue,

Vous y pourriez avoir trop de part à la fois ;

Et toute mon estime, entre vous suspendue ,

Ac pourroit sur aucun laisser tomber mon choix.

A l’ardeur de votre poursuite ,

Je répondrais assez de mes vœux les plus doux;

Mais c’est, parmi tant de mérite,

Trop que deux cœurs pour moi, trop peu qu’un cœur pour vous. De mes plus doux souhaits j’aurois l’aine gênée A l’effort de votre amitié;

Et j’y vois l’un de vous prendre une destinée A me faire trop de pitié.

Oui, princes, à tous ceux dont l’amour suit le votre ,

Je vous préférerais tous deux avec ardeur;

Mais je n’ aurais jamais le cœur De pouvoir préférer l’un de vous deux à l’autre.

A celui que je choisirais Ma tendresse ferait un trop grand sacrifice;

Et je m’imputerais à barbare injustice Le tort qu’à l’autre je ferais.

Oui, tous deux vous brillez de trop de grandeur d’ame Pour en faire aucun malheureux;

Et vous devez chercher dans l’amoureuse flamme Le moyen d’être heureux tous deux.

Si votre cœur me considère Assez pour me souffrir de disposer de vous ,

J’ai deux sœurs capables de plaire,

Qui peuvent bien vous faire un destin assez doux.

Et l’amitié me rend leur personne assez chère Pour vous souhaiter leurs époux.

ci.éoMÈNE. Un cœur dont l’amour est extrême Peut-il bien consentir, hélas!

D’être donné par ce qu’il aime?

PSYCHÉ

Sur nos deux cœurs, madame, à vos divins appas Nous donnons un pouvoir suprême ;

Disposez-en pour le trépas;

Mais pour une autre que vous-même,

Avez cette bonté, de n’en disposer pas. aoknor. Aux princesses, madame, on feroit trop d’outrage ;

Et c’est, pour leurs attraits, un indigne partage,

Que les restes d’une autre ardeur.

11 faut d’un premier feu la pureté lidéle,

Pour aspirer à cet honneur Où votre bonté nous appelle;

Et chacune mérite un cœur Qui n’ait soupiré que pour elle.

aclaure. 11 me semble , sans nul courroux.

Qu’avant que de vous en défendre ,

Princes, vous deviez bien attendre Qu’on se fût expliqué sur vous.

Nous croyez-vous un cœur si facile et si tendre?

Et , lorsqu’on parle ici de vous donner à nous , Savez-vous si l’on veut vous prendre?

ciuipi'k. Je pense que l’on a d’assez hauts sentiments

Pour refuser un cœur qu’il faut qu’on sollicite ,

Et qu’on ne veut devoir qu’à son propre mérite La conquête de ses amants.

psyché. J’ai cru pour vous, mes sœurs, une gloire assez grande , Si la possession d’un mérite si haut...

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