‹ Œuvres (volume 2)Chapitre 517 sur 785 · SCÈNE · texte numérisé non relu

SCÈNE

PSYCHÉ, seule.

Enfin , seule et toute à moi-même ,

Je puis envisager cet affreux changement ,

Qui, du haut d’une gloire extrême,

Mc précipite au monument.

Cette gloire étoit sans seconde;

L’éclat s’en répandoit jusqu’aux deux bouts du monde; Tout ce qu’il a de rois sembloient faits pour m’aimer; Tous leurs sujets, me prenant pour déesse, Commençoient à m’accoutumer Aux encens qu’ils m’offroient sans cesse.

Leurs soupirs me suivoient, sans qu’il m’en coûtât rien Mon ame restait libre en captivant tant d’ames ;

Et j’étais , parmi tant de flammes ,

Reine de tous les cœurs, et maîtresse du mien.

O ciel! m’auriez-vous fait un crime De cette insensibilité ?

Déployez-vous sur moi tant de sévérité ,

Pour n’avoir à leurs vœux rendu que de l’estime ?

Si vous m’imposiez cette loi ,

Qu’il fallût faire un choix pour ne pas vous déplaire , Puisque je ne pouvois le faire ,

Que ne le faisiez-vous pour moi ?

Que ne m’inspiriez-vous ce qu’inspire à tant d’autres Le mérite, l’amour, et... Mais que vois-je ici?

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