‹ Œuvres (volume 2)Chapitre 541 sur 785 · ACTE IV, SCÈNE V. 62 li · texte numérisé non relu

ACTE IV, SCÈNE V. 62 li

Qu’à ne leur cacher j»Ins cette beauté parfaite Qui , pour les rendre à leur devoir,

Pour se faire adorer, n’a qu’à se faire voir, vi nus. Il falloit vous en mieux défendre.

Ces respects, ces encens se doivent refuser;

Et, pour les mieux désabuser,

Il falloit, à leurs yeux, vous-même me les rendre.

Vous avez aimé cette erreur ,

Pour qui vous ne deviez avoir que de l’horreur.

Vous avez bien fait plus : votre humeur arrogante,

Sur le mépris de mille rois,

Jusques aux deux a porté de son choix L’ambition extravagante.

psyché. J’aurois porté mon choix, déesse , jusqu’aux deux? venus. Votre insolence est sans seconde.

Dédaigner tous les rois du monde,

N’est-ce pas aspirer aux dieux ?

psyché. Si l’Amour pour eux tous m’avoit endurci famé,

Et me réservoit toute à lui,

En puis-je être coupable? et faut-il qu’aujourd’hui ,

Pour prix d’une si belle flamme ,

Vous vouliez m’accabler d’un éternel ennui? vénus. Psyché , vous deviez mieux connoître Qui vous étiez, et quel étoit ce dieu. psï ché. Eh ! m’en a-t-il donné ni le temps ni le lieu ,

Lui qui de tout mon cœur d’abord s’est rendu maître ? vénus. Tout votre cœur s’en est laissé charmer ,

Et vous l’avez aimé dès qu’il vous a dit : J’aime. psyché. Pouvois-je n’aimer pas le dieu qui fait aimer,

Et qui me parloit pour lui-même?

C’est votre fils : vous savez son pouvoir;

Vous en connoissez le mérite.

vénus. Oui, c’est mon fils , mais un (ils qui m’irrite,

Un fils qui me rend mal ce qu’il sait me devoir,

Un fils qui fait qu’on m’abandonne,

Et qui, pour mieux flatter ses indignes amours,

Depuis que vous l’aimez , ne blesse plus personne Qui vienne à mes autels implorer mon secours.

Vous m’en avez fait un rebelle :

On m’en verra vengée, et hautement sur vous;

Et je vous apprendrai s’il faut qu’une mortelle Souffre qu’un dieu soupire à ses genoux.

Suivez-moi , vous verrez , par votre expérience ,

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