‹ Œuvres (volume 2)Chapitre 571 sur 785 · GÉRONTE, LÉANDRE · texte numérisé non relu

GÉRONTE, LÉANDRE

GÉRONTE. Ah, vous voilà!

léandre , courant à Géronte pour V embrasser. Ah , mon père ! que j’ai de joie de vous revoir de retour!

géronte, refusant d’ embrasser Léandre. Doucement. Parlons un peu d’alfaires.

léandre. Souffrez que je vous embrasse , et que... géronte, le repoussant encore. Doucement, vous dis-je. léandre. Quoi! vous me refusez, mon père , de vous exprimer mon transport par mes embrassements?

géronte. Oui. Nous avons quelque chose à démêler ensemble. léandre. Et quoi?

céronte. Tenez-vous, que je vous voie en face.

638 LES FOURBERIES DE SCAPIN

léandre. Comment?

géronte. Regardez-moi entre deux yeux.

i.éan dre. Hé bien !

géronte. Qu’est-ce donc qu’il s’est passé ici? i.éandrk. Ce qui s’est passé?

géronte. Oui. Qu’avez-vous fait dans mon absence? i.kan dre. Que voulez-vous, mon père, que j’aie fait? géronte. Ce n’est pas moi qui veux que vous ayez fait, mais qui demande ce que c’est que vous avez fait?

léandre. Moi? Je n’ai fait aucune chose dont vous ayez lieu de vous plaindre.

géronte. Aucune chose ?

LÉANDRE. Non.

géronte. Vous ctes bien résolu.

léandre. C’est que je suis sûr de mon innocence. géronte. Scapin pourtant m’a dit de vos nouvelles. léandre. Scapin?

géronte. Ah! ah ! ce mot vous fait rougir. léandre. Il vous a dit quelque chose de moi ?

géronte. Ce lieu n’est pas tout-à-fait propre à vider cette affaire, et nous allons l’examiner ailleurs. Qu’on se rende au logis ; j’y vais revenir tout à l’heure. Ah! traître, s’il faut que tu me déshonores, je te renonce pour mon fils, et tu peux bien, pour jamais, te résoudre à fuir de ma présence.

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