‹ Œuvres (volume 2)Chapitre 582 sur 785 · ACTE II, SCÈNE X. f · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈNE X. f

vous êtes; et, de plus , je craindrais qu’en vous faisant connoître, il n’allât s’aviser de vous demander davantage. argante. Oui ; mais j’aurois été bien aise de voir comme je donne mon argent.

scapin. Est-ce que vous vous défiez de moi ? argantk. Non pas ; mais...

scapin. Parbleu! monsieur, je suis un fourbe, ou je suis honnête homme, c’est l’un des deux. Est-ce que je voudrois vous tromper, et que, dans tout ceci, j’ai d’autre intérêt que le vôtre et celui de mon maître, à qui vous voulez vous allier? Si je vous suis suspect, je ne me mêle plus de rien, et vous n’avez qu’à chercher, dès cette heure, qui accommodera vos affaires.

argante. Tiens donc.

scapin. Non, monsieur, ne me confiez point votre argent. Je serai bien aise que vous vous serviez de quelque autre. argante. Mon dieu ! tiens.

(>“'2 LUS FOURBERIES DE SCAPIN

scapin. Non , vous dis-je , ne vous fiez point à moi. Que sait-on si je ne veux point vous attraper votre argent?

argante. Tiens , te dis-je; ne me fais point contester davantage. Mais songe à bien prendre tes sûretés avec lui.

scapin. Laissez-moi faire ; il n’a pas affaire à un sot. aroante. Je vais t’attendre chez moi.

scapin. Je ne manquerai pas d’y aller, (seul.) Et un. Je n’ai qu’à chercher l’autre. Ah , ma foi, le voici. Il semble que le ciel , l’un après l’autre, les amène dans mes filets.

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